Il courant de dire que les meilleurs pilotes s’illustrent dans les situations difficiles. Dimanche après midi à Indianapolis, les pilotes de la NASCAR Sprint Cup ont vécu un vrai calvaire et ils ont dû limiter au maximum l’usure de leurs pneumatiques lors d’une course ponctuée au rythme d’une série de sprints sous drapeau vert lors des Allstate 400 at the Brickyard.

Un circuit très abrasif et des gommes manifestement pas adaptées ont transformé la course de ce week-end en véritable épreuve de survie pour les 43 pilotes en piste. Au final et pour des questions de sécurité, la NASCAR a imposé plusieurs passages aux stands aux écuries résumant ainsi la course à des minis sprints de 10 ou 12 tours sous drapeau vert.

A l’arrivée, le double champion en titre de la NASCAR Sprint Cup champion Jimmie Johnson a résisté à l’attaque de Carl Edwards pour couper la ligne avec une longueur d’avance. Johnson, qui s’était élancé depuis la pole position a tout donné lors des sept derniers tours pour s’imposer pour la deuxième fois de sa carrière sur l’Indianapolis Motor Speedway au volant de sa Chevrolet n°48 de la Hendrick Motorsports.

Cette course a été une des plus stressante pour les pilotes et les crew chief qui ont dû attaquer malgré des problèmes d’usure des pneumatiques du début à la fin de l’épreuve. Habituellement, l’adhérence augmentait avec le nombre de tours durant les courses sur le Brickyard, mais cette fois ce ne fut pas le cas. Au final, cela a offert aux fans une course unique où le but premier des équipes était de limiter l’usure de pneu plutôt que de recherche la performance à tout prix.

Lorsque Johnson et Edwards se sont retrouvés face à face dans les derniers tours, ils ont seulement commencé à attaquer et ainsi enregistré les meilleurs tours de la journée. Les deux pilotes ont ainsi rapidement distancé le troisième pilote Denny Hamlin, qui menait le peloton avant la dernière neutralisation. Derrière Hamlin, Elliott Sadler et Jeff Gordon ont complété le Top-5.

La débâcle de Goodyear, fournisseur exclusif des pneumatiques en NASCAR était pourtant annoncée bien avant le début de la course. La surface du mythique circuit est en effet réputé pour être très abrasive. Ainsi la NASCAR et Goodyear s’étaient déjà mis d’accord pour neutraliser la course dès le 10ème tour afin de permettre aux équipes de contrôler l’usure des pneus. Mais le peloton n’a pas eu le temps de faire ces 10 tours.

Michael Waltrip a perdu le contrôle de sa Toyota dans le virage un au début du quatrième tour et a forcé les officiels à sortir le premier d’après jaune de la journée sur le speedway de 2.5 miles.

Avec l’accident de Waltrip, la NASCAR a décidé de repousser son drapeau jaune au 14ème tour, mais encore une fois le peloton n’a pas réussi à atteindre cette limite. Au 13ème tour, Kurt Busch est parti à la faute et a emmené Kevin Harvick avec lui. Ce fut alors la ruée dans les stands pour le peloton et au final Dale Earnhardt Jr. qui s’est retrouvé à l’avant du peloton grâce à une stratégie décalée.

La NASCAR a ensuite annoncé une deuxième neutralisation de sécurité au 32ème tour avant de l’avancer au 30ème. C’est finalement au 29ème tour qu’elle a eu lieu après l’explosion d’un pneu sur la Dodge n°42 de Juan Pablo Montoya.

Ce fut une nouvelle fois une ruée dans les stands avec pas moins de 43 voitures. Au restart, Kyle Busch occupait la première place devant Gordon, Johnson, Biffle, Edwards, Jeff Burton, Matt Kenseth, McMurray, Hamlin et Kahne.

La stratégie décalée de Earnhardt n’a pas été très efficace puisqu’un problème de pneu lui a fait perdre un tour. Au 36ème tour, Johnson a repris la tête de la course devant son coéquipier Gordon. La NASCAR a alors annoncé une nouvelle neutralisation au tour 47. Mais encore une fois cela a été trop court puisque Kenseth a explosé un pneu a pleine vitesse dans la ligne droite arrière rependant de la gomme sur une bonne partie de la piste.

La course a repris ses droits au tour 52 avec Kyle Busch à nouveau à l’avant. La neutralisation suivante a été annoncée au 65ème tour et les équipes ont donc essayé de tenir jusque là. Derrière Busch on retrouvait alors Allmendinger, Burton, Johnson, Hamlin, Gordon, Sadler, Bobby Labonte, Biffle et Edwards.

Cette fois le peloton a réussi à atteindre la prochaine neutralisation obligatoire et Earnhardt a pu rattraper son tour de retard grâce à la règle du « lucky dog ».

Johnson a ensuite rapidement pris l’avantage sur Allmendinger pour passer en tête jusqu’au prochain drapeau jaune au tour 81. C’est cette fois Martin Truex Jr. qui est ressorti en tête juste devant Edwards.

Après cette mascarade, c’est Harvick qui est le grand perdant au classement général de la NASCAR Sprint Cup. Le pilote de la Chevrolet n°29 perd quatre places et sort du Top-12 synonyme de qualification pour les playoffs au profit de Clint Bowyer. Kyle Busch est toujours solide leader avec 253 points d’avance sur Earnhardt.