La saison 2008 est à mettre dans les annales du sport avec le troisième titre consécutif de Jimmie Johnson, les 50èmes Daytona 500 et l’intronisation de la COT sur l’ensemble des circuits. Mais 2009 pourrait bien être historique malgré elle.

Commençons par les changements dans les écuries. La Petty Entreprises n’engagera plus de voiture pour le fils du King, Kyle Petty. Ce dernier semble bien parti pour se reconvertir en Grand-Am et malgré ses recherche pour décrocher un volant en Sprint Cup, aucune équipe n’est vraiment désireuse d’engager une voiture supplémentaire pour lui.

A l’inverse, Mark Martin revient pour une dernière saison complète. Après avoir été en « semi-retraite », le vétéran arrive dans l’écurie Hendrick Motorsports en remplacement du décevant Casey Mears. Le challenge est grand puisqu’il prend le volant d’une voiture qui n’a remporté qu’une course en deux ans (Bristol avec Kyle Busch en 2007). Lui qui veut décrocher ce titre qui le fuit depuis plus de vingt ans devra composer avec des coéquipiers les plus coriaces qu’il peut trouver dans une écurie. S’il veut espérer être dans le Chase et avoir une chance de remporter le championnat, il devra au plus vite s’intégrer dans sa nouvelle équipe. Mais gageons qu’il s’en sortira très bien aux vues de sa performance pour la Ginn Racing pour sa première course avec la deuxième place au Daytona 500 en 2007.

Intéressons-nous maintenant à l’aspect purement organisationnel de la NASCAR. Le cauchemar plane au-dessus de la tête de chaque fan de NASCAR. Et si les courses de 2009 se disputaient avec moins de 43 voitures? Cette hantise est présente également chez les organisateurs du championnat.

Plusieurs nouvelles font craindre cette situation et installent le doute. Les réduction d’effectifs, le départ de plusieurs sponsors de renommée (cf : Kodak, Texaco/Havoline…), et la fusion d’écuries qui semblaient pourtant intouchables comme la Chip Ganassi Racing ou la Dale Earnhardt Incorporated. Si les écuries en viennent à ces choix, il faut le dire désespéré (en effet quoi de plus décevant de voir que son équipe ne peut plus s’en sortir seule), c’est avant tout parce que les coûts pour un team souhaitant faire courir une voiture ont fortement grimpé ces cinq dernières années pour atteindre aujourd’hui 25 millions de dollars.

Evidemment la NASCAR n’est pas insensible à ce problème. C’est pourquoi la solution d’urgence a été de supprimer les essais privés. Ce point peut avoir un effet à double tranchant. Je m’explique :
En interdisant aux équipes de tester leurs voitures sur des types de pistes définis, vous empêchez les ingénieurs et les pilotes d’arriver à des réglages proche de la perfection lorsque ces derniers arrivent sur un week-end de course. Et qui peut bénéficier d’essais quasiment illimités ? Les ogres de la NASCAR bien sûr telles que la Roush Fenway Racing, la Hendrick Motorsports et la Joe Gibbs Racing. Il faut savoir que les essais privés ne sont qu’un gouffre à dollars. En effet il n’y a aucune rentrée d’argent sur ces séances. Pendant ce temps là, les équipes plus modestes se reposent sur leurs données acquises lors des précédentes courses et doivent doubler leurs efforts lors des essais libres pendant que les grosses structures se concentrent déjà sur la préparation de la course. La nouvelle règle en matière d’essais pourrait donc permettre de niveler les différences entre le haut et le bas du classement sans l’annuler puis que les essais sont toujours autorisés sur les circuits non sanctionnés par la NASCAR.

Maintenant il ne faut pas se voiler la face, cette interdiction de tester ne vas pas faire baisser drastiquement les coûts. On risque de voir ce qui est arrivé en Formule Un avec la multiplication des souffleries et des logiciels de simulation, avantageant une nouvelle fois les écuries les plus riches. En effet les recherches en matière d’aérodynamique n’ont jamais été aussi poussées qu’aujourd’hui. Et là, les coûts seraient bien supérieurs à ceux existants lors d’essais.

Alors que faire pour enrayer ce phénomène ? Nous l’avons vu ci-dessus, les recherches aérodynamiques coutent très cher. L’une des solutions les plus simples serait de remplacer certaines pistes de 1,5 miles par des short-tracks. La compétition y est plus serrée, les fans adorent ce genre de piste et l’aérodynamique n’a presque aucune incidence sur les performances des voitures. Enfin la NASCAR reviendrait à ses origines, ce qui ne serait pas pour déplaire à de nombreux fans.

Enfin pour terminer sur une note d’optimisme, l’impact le plus grave de la crise se passera en 2009, mais si les constructeurs américains parviennent à s’en sortir, nous pouvons vraiment espérer qu’à partir de 2010, la période de croissance qui suivra redonnera toute la splendeur à ce magnifique sport qu’est la NASCAR.