Malgré ses huit victoires en NASCAR Sprint Cup cette année, Kyle Busch peut être très frustré par sa saison. Des playoffs totalement ratés ont fait plonger le plus jeune des frères Busch dans un anonymat complet en fin d’année alors qu’il avait terminé en tête de la saison régulière.

Mais en tout cas une chose est sûre : Kyle Busch a parfaitement géré son transfert de la Hendrick Motorsports à la Joe Gibbs Racing en fin de saison dernière. Ceci n’était pas couru d’avance puisque Busch était dans la meilleure écurie de la NASCAR et passait dans une structure qui changeait de constructeur (de Chevrolet à Toyota).

Mais la puissance et l’expérience de la Joe Gibbs Racing ont permis à ses pilotes de pouvoir jouer la victoire dès le Daytona 500. Lorsque l’on voit le niveau qu’avait Toyota fin 2007, on pouvait sérieusement douter des performances de la Gibbs Racing sur les premières courses de la saison 2008 mais il n’en aura rien été.

L’ex pilote Hendrick arrivait également dans une écurie qui ne jouait plus la victoire depuis quelques temps déjà. En effet l’écurie n°18 n’avait plus remportée la moindre course depuis la fin de la saison 2003 et la présence de J.J. Yeley dans cette voiture n’avait rien arrangé.

Mais la présence d’un pilote aussi motivé et talentueux que Busch ne pouvait que donner des ailes aux membres de l’équipe n°18 et surtout la mayonnaise à tout de suite pris entre le pilote et son crew chief Steve Addington. Dès le début de saison, Kyle Busch a enchaîné les bons résultats.

Quatrième du Daytona 500, quatrième également à Fontana (où il prenait la tête du classement général) et onzième à Las Vegas, le pilote de la voiture M&M’s avait déjà su être un sérieux prétendant à la victoire sur les trois premières courses de la saison.

Ce premier succès avec la Joe Gibbs Racing est arrivé dès le quatrième rendez-vous de la saison à Atlanta. Profitant de la casse moteur d’un Carl Edwards survolant toutes les courses sur ovales intermédiaires en début de saison, Kyle s’était imposé assez facilement pour signer la première victoire de Toyota en NASCAR Sprint Cup Series dans une course « officielle », puisque son coéquipier Denny Hamlin avait remporté sa Gatorade Duel à Daytona, mais cette épreuve ne compte pas pour le championnat.

Cette victoire à malheureusement précédé une petite série de moins bons résultats puisque le pilote de la Toyota Camry n°18 a terminé 17ème à Bristol et 38ème à Martinsville où il a perdu la tête du classement général. Au passage, c’est son coéquipier Denny Hamlin qui s’imposait sur le plus petit ovale de la saison permettant ainsi à la Joe Gibbs Racing de signer son second succès de la saison dans la catégorie reine de la NASCAR.

L’ancien pilote de la Chevrolet n°5 de la Hendrick Motorsports reprenait sa marche en avant au Texas avec une troisième place alors que Carl Edwards signait déjà sa troisième victoire de la saison en sept rendez-vous ! Après un nouveau top-10 à Phoenix, une dixième place, Kyle Busch reprenait le chemin de la victory lane sur le superspeedway de Talladega juste avant l’épreuve de Richmond.

A trois tours de la fin, Busch et Dale Earnhardt Jr. étaient en lutte pour la victoire sur l’ovale de Virginie, mais le pilote Toyota ratait son freinage à l’entrée du virage n°3 et poussait la 88 dans le mur extérieur. Il finissait finalement deuxième derrière Clint Bowyer qui avait profité de l’incident pour passer en tête. Le pilote de la voiture n°18 repartait néanmoins de Richmond en tête du classement général.





Kyle Busch est devenu le plus jeune vainqueur à Darlington.

© Getty Images for NASCAR

Le meilleur rookie de la saison 2005 se rattrapait dès la manche suivante à Darlington. Malgré plusieurs contacts avec le mur, Busch signait sa troisième victoire de la saison sur ce circuit emblématique de la NASCAR dont la surface avait été refaite peu de temps auparavant.

Après un All Star fini avec un moteur cassé (le Gibbs Racing y testait de nouveaux moteurs), Busch terminait troisième du Coca-Cola 600 avant une quatrième victoire sur le Monster Mile de Dover. Cette série de cinq top-3 consécutifs s’arrêta à la course suivante avec une dernière place le Pocono Raceway précédent une treizième place finale au Michigan.

Malgré une qualification très moyenne sur un circuit où la place sur la grille est primordiale, Kyle signait sa cinquième victoire de l’année en NASCAR Sprint Cup sur le circuit routier de Sonoma, après avoir remporté quelques mois plus tôt l’épreuve de Mexico en NASCAR Nationwide Series.

Seulement 25ème au New Hampshire, le pilote Toyota profitait de la seconde course de Daytona pour s’imposer de justesse devant Carl Edwards avec qui il devra livrer une lutte acharnée en fin de saison régulière, sans oublier un certain Jimmie Johnson.

Vainqueur à Chicagoland une semaine plus tard après un superbe finish avec Jimmie Johnson et Kevin Harvick, Busch terminait quinzième sur l’Indianapolis Motor Speedway et enchaînait avec une 35ème place finale à Pocono, un circuit qui ne lui a décidément pas souri cette saison.

Mais le septuple vainqueur renchérissait une semaine plus tard avec une superbe victoire à Watkins Glen, réalisant ainsi le sweep sur circuits routiers. Mais au moment où il semblait le plus fort des prétendants au championnat, tout commença à partir de travers pour l’ancien pilote Hendrick.

Subissant la loi d’un Carl Edwards irrésistible sur le Michigan International Speedway (où il finissait tout de même second), Kyle comptait bien prendre sa revanche sur son grand rival dès l’épreuve suivante sur le Bristol Motor Speedway.

Mais le pilote Roush ne l’entendait pas de cette oreille et exécutait un superbe dépassement avec un petit bump typique de Bristol à 31 tours de la fin pour prendre la tête de la course et ne plus la lâcher. Très frustré par ce dépassement, Busch, qui a mené 415 des 500 tours de ce rendez-vous, perdait son sang froid en fin d’épreuve en venant titiller Edwards qui lui rendit tout de suite la monnaie de sa pièce. Il terminait tout de même deuxième pour la seconde semaine consécutive mais cette course était le début d’un gros coup de moins bien pour le leader du championnat.





Kyle Busch n’aura été que l’ombre de lui même lors du Chase.

© Ronald Martinez/Getty Images

Après une septième place satisfaisante sur l’Auto Club Speedway, Busch commença sa descente aux enfers, inimaginable quelques semaines plus tôt. Quinzième à Richmond, 34ème au New Hampshire, dernier à Dover, 28ème au Kansas, quinzième à Talladega, il devra attendre Charlotte afin de signer un nouveau top-10 avec une quatrième place.

Après un nouveau faux pas à Martinsville (29ème), le pilote Gibbs reprenait quelques peu ses esprits mais il était de toute façon beaucoup trop tard pour espérer jouer le championnat, sans compter que Jimmie Johnson était désormais sur une autre planète.

Cinquième sur l’Atlanta Motor Speedway, sixième au Texas et neuvième à Phoenix, Busch renouait avec des résultats plus proches de sa saison régulière avant de terminer 19ème pour la finale à Homestead-Miami.

Le pilote de la voiture M&M’s terminait finalement dixième du championnat avec deux poles, huit victoires, 17 top-5, 21 top-10 et seulement deux abandons (Pocono en juin et Dover en septembre). De bonnes statistiques donc, mais des playoffs totalement manqués et un nombre de top-10 finalement assez faible comparé à tous ses top-5 n’ont donc pas permis à Kyle Busch de terminer sa saison là où il aurait dû la finir, c’est-à-dire dans le top-5 du championnat.

Parce que Busch a tout de même marqué 4984 points cette année, soit le troisième total derrière Carl Edwards et Jimmie Johnson. Il a également marqué pas moins de 155 points de bonus (195 pour Johnson, 130 pour Carl Edwards) en ayant mené sept fois le plus grand nombre de tours.

Sans oublier ses statistiques annexes : quatre poles en Nationwide, pas moins de dix victoires (égalant le vieux record de Sam Ard, ce que Kevin Harvick n’avait pas réussi à faire en 2006 malgré ses neufs succès et ses 32 top-10 en 35 départs), dix-huit top-5 et vingt top-10, le tout en trente départs.

On retrouve à peu près la même chose en Craftsman Truck Series avec une pole, trois victoires, dix top-5 et seize top-10 en dix-huit départs dans le truck n°51 de la Billy Ballew Motorsports.

Malgré son énorme déception au championnat en NASCAR Sprint Cup Series, Busch peut être optimiste pour son avenir en NASCAR. Il sera très certainement l’un des futurs grands noms de la discipline. Après tout, de nombreux observateurs le jugent « encore plus talentueux que son frère Kurt », alors que ce dernier a déjà été champion de la catégorie reine de la NASCAR en 2004. A n’en pas douter, Kyle y parviendra également et cela promet de belles luttes en 2009 et pour les prochaines saisons, car il ne faut pas oublier que Kyle Busch n’a que 23 ans…