Après deux titres consécutifs en NASCAR Sprint Cup Series, Jimmie Johnson faisait figure d’homme à battre et aux vues des playoffs réalisés par l’écurie n°48 il semblait difficile de l’arrêter ainsi que ses équipiers de la Hendrick Motorsports.

Après des speedweeks réussies et une pole lors des Daytona 500, il semblait que Johnson était parti sur les mêmes bases que la saison dernière, mais pourtant, il ne mènera qu’un tour pour finalement se classer vingt-septième de la première manche de la saison. Fait inhabituel pour lui, il se retrouvait en dehors du top-10 au championnat.

De nouveau en pole position à Fontana, cette fois pour cause de pluie, il faisait bien meilleure figure qu’une semaine plus tôt en se classant deuxième de l’épreuve et remontant du même coup à la huitième place du classement.

Mais à Las Vegas, Johnson allait confirmer que le début de saison semblait très poussif du côté de la Hendrick Motorsports. Vainqueur de l’épreuve la saison passée, il ne se qualifiait que trente-troisième et ne sera jamais dans le coup pour la victoire. Il terminera péniblement cette course en vingt-neuvième position à deux tours !

Treizième à Atlanta, il ne pouvait faire mieux que dix-huitième à Bristol, un ovale qu’il affectionne mais sur lequel il y est traditionnellement pas bon.

Contrairement à Bristol, ces dernières années le pilote de la Chevrolet n°48 a l’habitude de briller sur le petit ovale de Martinsville. Après avoir mené 135 tours, il prendra la quatrième place de l’épreuve. Après cette course en Virginie, Johnson ne comptait que deux top-5 à l’arrivée !

Au Texas, il se classait second avant de remporter la victoire à Phoenix après avoir tenté une stratégie à la consommation en toute fin d’épreuve. Son crew chief Chad Knaus le sommant même de repasser au point mort dans les virages afin d’économiser les dernières gouttes de carburant présentes dans son réservoir.

Cette victoire n’allait pourtant pas être le déclic attendu pour Johnson qui allait partir sur une série de contre-performances. Treizième à Talladega, il ne pouvait faire mieux que trentième à Richmond après avoir été impliqué dans le big-one.

De nouveau treizième à Darlington, Jimmie Johnson arrivait dans son ‘jardin’, le Lowe’s Motor Speedway. Mais encore une fois, le double champion en titre de la NASCAR Sprint Cup Series n’y arrivait pas. Pire encore, son moteur allait lâcher à cinquante tours du but. Résultat une décevante trente-neuvième place.

Il faudra attendre l’épreuve de Dover pour le voir signer son cinquième top-10 de l’année avec une septième place à l’arrivée. Sixième des courses de Pocono et du Michigan, il devait se contenter de la quinzième place à Sonoma, après être parti depuis la première ligne.

Au New Hampshire, il s’est classé neuvième avant de terminer vingt-troisième de l’épreuve de Daytona. Résultat à mi-saison, il ne comptait qu’une victoire, une pole, quatre top-5 et huit top-10, des statistiques très inhabituelles, mais surtout décevante pour Johnson.

Mais la seconde moitié du championnat allait être bien plus prolifique pour le double champion. Même s’il oubliait de défendre sa position en fin de course, face à Kyle Busch, il prenait tout de même la deuxième place de l’épreuve disputée sur le Chicagoland Speedway.





Johnson a remporté « la course » d’Indianapolis.

© Getty Images for NASCAR

Dans une course qui n’en était pas vraiment une du fait de nombreux drapeaux jaunes dûs à des problèmes de pneumatiques, Jimmie Johnson a réussi à boucler 71 tours en tête avant de remporter sa deuxième course de la saison, sa seconde sur le Brickyard d’Indianapolis.

Troisième à Pocono puis septième à Watkins Glen, c’est la première fois de l’année qu’il terminait quatre courses consécutives dans le top-10.

Dix-septième au Michigan puis trente-troisième à Bristol, Johnson allait se reprendre de la meilleure des manières qu’il soit à Fontana. Après avoir signé la pole position, Jimmie allait effectuer un cavalier seul en tête de la course en menant pas moins de 228 des 250 tours prévus avant de s’imposer.

La semaine suivante à Richmond, il allait de nouveau s’imposer mais cette fois-ci bien moins facilement puisqu’il ne mènera que 32 tours.

Bien évidemment, Johnson était qualifié pour le Chase, et bien qu’il semblait monter en puissance depuis la mi-saison, il ne faisait pas figure de favori contrairement aux années précédentes, et surtout face à des Kyle Busch et Carl Edwards qui avaient totalement dominé cette première partie de saison avec onze victoires à eux deux.

Mais Jimmie Johnson a démontré qu’il savait être présent quand ça comptait vraiment. Deuxième de la manche d’ouverture des playoffs, il prenait la cinquième place à Dover avant de remporter sa cinquième victoire de la saison sur le Kansas Speedway après avoir mené près de la moitié des tours – 124 des 267 prévus. Cette victoire permettait à Johnson de pointer en tête du championnat pour la première fois de la saison.

Passant au travers des embûches à Talladega, Johnson se classait neuvième et accentuait son avance sur ses principaux rivaux. Au Lowe’s Motor Speedway il ne trouvait toujours pas la solution pour s’imposer, mais il enregistrait un nouveau top-10 avec une sixième place, mais il enfonçait le clou sur un Carl Edwards victime de problèmes mécaniques.

Vainqueur à Martinsville, après avoir bouclé 339 des 504 tours en tête – son record personnel en carrière – Jimmie Johnson semblait difficile à arrêter tant il était sur une bonne dynamique depuis huit courses.

A Atlanta, c’est Carl Edwards qui était imbattable, en toute fin de course Chad Knaus décidé de faire rentrer son pilote sous drapeau jaune afin de prendre quatre pneus neufs et ainsi avoir l’avantage sur ceux qui étaient resté en piste. Et en sept tours, Johnson allait passer de la onzième à la deuxième place, forçant l’admiration du vainqueur, Carl Edwards.





Johnson a réalisé le sweep à Phoenix en 2008.

© Todd Warshaw / Getty Images for NASCAR

Jamais dans le bon rythme au Texas, Johnson allait se classer quinzième à un tour du vainqueur – Edwards. Mais c’est à Phoenix que le pilote de la Chevrolet n°48 allait remettre les pendules à l’heure, en signant sa septième victoire de la saison.

Avec 141 points d’avance sur Edwards, Johnson possédait un matelas confortable pour cette dernière course, puisqu’il lui fallait terminer mieux que trente-sixième pour s’assurer d’un troisième titre consécutif. Malgré des qualifications médiocres, trentième sur la grille, Johnson n’a pas failli et s’est classé quinzième s’assurant du même coup un troisième titre consécutif, une première depuis trente ans !

Après un début de saison on ne peut plus délicat, Johnson est revenu aux avant-postes et a réalisé un Chase d’une incroyable régularité, ne terminant que deux fois en dehors du top-10. Il aura mené neuf des courses du Chase et onze des douze dernières.

En fait, Jimmie Johnson est le pilote qui a mené le plus de tours avec 1959. Il est aussi celui qui a la meilleure position moyenne au départ avec 8,5. Johnson est celui qui a parcouru le plus de miles durant la saison avec 14 392,2. Il est aussi celui qui a mené le plus de courses avec vingt-neuf et par la même occasion récolté le plus de points de bonus avec 195.

L’entente avec son chef d’équipe Chad Knaus est toujours aussi bonne, même si en début de saison les deux compères ont eu beaucoup de mal à se trouver. A l’issue de la dernière épreuve de la saison, Jimmie Johnson et son équipe pensaient déjà à un quatrième titre, ce qui serait un exploit historique. Rendez-vous dans quelques mois…