En Europe, les pilotes disposent d’une multitude de séries de développement pour faire leurs armes et tenter de se faire repérer par une équipe de Formule Un. Trop est l’adjectif qui qualifierait ce nombre bien trop grand de formules de promotion qui n’a pas effet que de perdre le spectateur et la presse et de proposer des plateaux d’une qualité toute relative. Nous allons voir que la logique n’est pas la même de l’autre côté de l’Atlantique. En effet les Américains préfèrent disposer d’un panel réduit de séries permettant :

  • une médiatisation excellente puisque les courses sont visibles en majorité sur la chaîne SPEED TV (elle diffuse même les courses de karting)
  • un plateau de qualité : les pilotes accédant au niveau national sont les meilleurs des championnats régionaux
  • des coûts de participation bien plus faibles qu’en Europe (et c’est un euphémisme !). Par exemple, le coût d’une saison en Formule Campus représente plus de 120 000€ alors qu’aux Etats-Unis pour un niveau équivalent les coûts sont facilement divisés par deux !

Avec ces critères, les Américains préfèrent limiter le nombre de championnats différents afin de centraliser l’attention des médias et des spécialistes sur quelques séries offrant ce qu’il y a de mieux. Ainsi les pilotes suivent une pyramide pour atteindre le somment du sport automobile. Voici donc les principales catégories permettant aux jeunes de progresser :

La Skip Barber Racing School : c’est l’équivalent de la formule Campus en Europe. Elle se divise en deux niveaux pour les jeunes pilotes. Le premier niveau est régional. Une bourse de 100 000$ est allouée au champion lui permettant de passer à l’échelon supérieur. Le deuxième niveau est national. Le Skip Barber National Championship s’adresse aux jeunes pilotes désirant devenir pleinement professionnel. A l’issue du championnat, 100 000$ sont versés au champion.

La Star Mazda Racing : cette catégorie représente vraiment la marche à franchir pour aspirer à une carrière professionnelle. Les monoplaces pèsent 495kg et sont propulsées par un moteur rotatif Mazda développant 240 chevaux.

La Formule Atlantique : anciennement anti-chambre du CART, la Formule Atlantique vole désormais de ses propres ailes depuis la fusion entre l’IRL et le Champ Car. Les voitures accusent un poids de 613kg pour une puissance délivrée par un moteur Mazda de 300 chevaux. Anciennement couru sur tous les types de circuits, la Formule Atlantique a suivi l’évolution du Champ Car en ne proposant plus que des circuits routiers. Dans les années 80 et 90 des écuries comme Team Green, Walker Racing engageaient également des voitures destinées à préparer leurs pilotes avant de les lancer dans le grand bain du CART. Ce championnat a permis notamment de révéler Al Unser Jr., Michael Andretti, Jacques Villeneuve, Bobby Rahal, Memo Gidley.

L’Indy Lights : Historiquement l’Indy Lights représente le dernier échelon avant l’accès à la catégorie suprême. A l’instar de la Formule Atlantique, quelques écuries d’IndyCar sont également présentes dans ce championnat comme AGR. Le calendrier est identique à celui de la catégorie Reine et les courses se disputent en levé de rideau de l’IndyCar. Le niveau est extrêmement relevé et les pilotes qui se mettent en évidence font véritablement partie des meilleurs. Les écuries bénéficient de l’expérience acquise en IndyCar et les pilotes doivent se montrer complets puisque le calendrier propose à la fois des ovales mais aussi des circuits routiers et urbains.
Du côté des français, Didier André était engagé à la fin des années 90 dans la mythique écurie PacWest. Actuellement Richard Philippe fait ses débuts dans la catégorie. Le vainqueur du championnat bénéficie d’une bourse et d’un essai en fin de saison dans l’un des teams d’IndyCar.

A travers cet article nous avons passé en revue l’ensemble des principales catégories de préparation à la monoplace. Evidemment d’autres séries plus amateurs existent mais n’ont pas un véritable rôle de préparation à une catégorie distincte.