Invincibles depuis l’an 2000, excepté en 2003 où le groupe Volkswagen avait décidé de repeindre une Audi R8 en vert tout en lui posant un toit et le logo Bentley sur la carrosserie, Audi abordait cette édition 2009 des 24H du Mans avec le statut de favori. Fort de sa victoire acquise au nez et à la barbe de Peugeot aux 12H de Sebring, l’Audi R15 semblait encore plus forte que sa devancière.

Mais des les premiers essais, il s’est avéré que l’Audi était moins performante que la Peugeot 908. Constat identique lors des qualifications, même si la firme d’Ingolstadt avait clairement annoncé qu’elle ne jouerait pas la pole. Le warm-up ne se passait guère mieux, avec beaucoup de soucis de fiabilité en prime.

On connait cependant Audi et sa façon de cacher son jeu pour mieux surprendre ses adversaires lors de la course. Pourtant dès le début de l’épreuve, il s’est avéré qu’Audi n’était pas au point et que la R15 pourrait difficilement gagner dès sa première participation. Larguées par les Peugeot 908, incapables de distancer réellement les Aston Martin LMP1, pourtant à moteur essence (et la différence était encore flagrante cette année), l’Audi R15 semblait souffrir d’un gros déficit de performances que l’on n’avait pourtant pas vu à Sebring.

Après 10 minutes de courses, l’Audi n°3, alors pilotée par Alexandre Premat, se retrouvait déjà dans les graviers à Indianapolis. La suite ne s’est pas tellement mieux passée avec des problèmes de rampe d’injection, provoquant une perte de puissance moteur, avant que la pièce ne soit changée. Cette voiture a finalement terminée 17ème du général à 49 tours de la Peugeot victorieuse.

L’Audi n°2 à quand à elle terminé sa course dans les pneus à 21H30 dans les virages Porsche. Lucas Luhr n’a rien pu faire pour rattraper la voiture qui a fini éventrée dans les pneus de protection.

Finalement, seule la voiture n°1, pilotée par Rinaldo Capello, Tom Kristensen et Alan McNish, a connu une course sans trop de problèmes. Si les vainqueurs de l’édition 2008 ont terminé sur la troisième marche du podium, il ne faut pas oublier que cette voiture de pointe a terminé à six tours et n’a jamais semblé pouvoir jouer la victoire.

De plus, si Peugeot pouvait compter sur l’aide de Pescarolo et de sa 908 privée fournie par la firme au lion, les Audi R10 du team Kolles n’ont absolument pas aidé la maison mère.

D’où viennent donc les raisons de cet échec, pouvant être pris comme une véritable claque outre Rhin ?

Une première raison peut être avancée. Pour des raisons de budget, l’ACO avait décidé la suppression pure et simple des traditionnels essais préliminaires pour éviter aux écuries de venir deux fois sur le circuit en deux semaines. La pluie ayant été présente lors de toute la journée du mercredi, il ne restait plus que les quatre heures de qualification et les 45 minutes de warm-up pour régler les R15, qui débutaient au Mans.

S’il faut bien avouer qu’Audi est peut-être la meilleure écurie d’endurance actuellement, il faut cependant souligner qu’il n’est pas simple de régler correctement une nouvelle voiture en moins de cinq heures, surtout lorsque celle-ci n’a effectué qu’une seule course depuis son lancement, qui plus est sur un circuit qui n’a rien à voir avec celui de la Sarthe.

De plus, les R15 ont souffert de beaucoup de sous virage, réglé seulement en début de soirée par un changement de capot avant ainsi qu’une nouvelle configuration aérodynamique. Un problème supplémentaire est intervenu au grand jour : la nécessité de déboucher les radiateurs lors de quasiment chaque arrêts pour éviter la surchauffe du moteur, un problème très handicapant, surtout au Mans.

Au final, la course d’Audi n’a pas été catastrophique, mais les R15 ont énormément souffert là où les R8 et R10 n’avaient pas rencontré de problèmes. La fiabilité, force d’Audi en endurance, semble bizarrement être le talon d’Achille de cette R15. Un défaut qui sera corrigé dans le futur pour que la marque aux anneaux puisse retrouver sa suprématie face au lion français. Dès le Petit le Mans à Road Atlanta en fin d’année ?