En NASCAR Sprint Cup Series il y a deux courses routières chaque année, une à Sonoma en Californie au mois de juin, une autre dans l’état de New York à Watkins Glen dans le courant du mois d’août. Si à Sonoma les risques de pluie sont minimes, surtout en plein mois de juin, ils sont en revanche bien plus présents à Watkins Glen, comme en atteste l’ajournement de l’épreuve cette année.

Cette année la NASCAR avait amené des pneumatiques pour la pluie, mais uniquement pour la Nationwide. Pourtant, les jantes sont identiques en Nationwide et en Cup, qu’est-ce qui empêche donc d’utiliser ces pneumatiques, sinon l’unique fait qu’en NASCAR Sprint Cup Series on ne roule pas sous la pluie, y compris sur un circuit routier ?

Que ce soit du côté des pilotes, des fans ou encore des chefs d’équipe, il y a des voix qui s’élèvent pour l’utilisation des pneumatiques pluie. La NASCAR a su faire avancer les choses ces dernières années que ce soit pour la sécurité, ou le spectacle, mais a toujours été réticente dès que le sujet de la pluie était mis sur la table.

Sur US RACING, comme dans d’autres médias, on a souvent vanté le fait que la NASCAR était à l’écoute de ses fans et qu’elle ajustait son règlement quand cela était nécessaire, va-t-elle enfin franchir un cap avec la pluie, élément de réponse.

Chad Knaus, chef d’équipe de Jimmie Johnson, s’est prononcé pour les courses sous la pluie. Pour lui il n’y a aucun problème à monter un essuie-glace et à configurer la voiture pour la pluie.

Chad Knaus : « Je suis d’accord avec ça. Laissez-nous une heure e nous pourrons rouler sous la pluie. »

Pour Robin Pemberton, le vice-président de la compétition, la question est avant tout historique, en effet, on n’a jamais roulé en Cup, lors d’une course officielle sous la pluie, il y a aussi la peur de fausser la donne au championnat.

Robin Pemberton : « A ce niveau c’est vraiment aléatoire. Les gars n’ont aucune expérience des courses sous la pluie. C’est beaucoup leur demander. De nos jours le championnat est très disputé et les qualifications en playoffs sont difficiles. Ce serait beaucoup de pression que de mettre une course à cet instant de la saison. Pour être franc les plus belles pages de l’histoire se sont écrites sur le sec et c’est notre objectif. »

La réponse de Chad Knaus à la déclaration de Robin Pemberton ne s’est pas fait attendre, le quintuple champion en tant que chef d’équipe estimant que l’aléatoire dû à une course routière sous la pluie n’était pas pire que celui dû à Talladega. Knaus a également tenu à rappeler que la NASCAR avait utilisé les pneumatiques prévus pour la pluie à Montréal.

Chad Knaus : « Ils ont tout simplement tort. Je vais peut-être avoir des ennuis, mais ils ont tort. Allez où vous voulez, vous pourrez acheter des pneumatiques pour la pluie et vous pourrez faire la course. Pas besoin de nous dire quand les utiliser, quand le drapeau jaune va sortir. Si la course part sous la pluie, on monte les pneumatiques pluie, si ça sèche, on passe les pneumatiques pour le sec. Ils n’ont pas besoin de nous dire quand les mettre et quand les enlever. »

Pour Robin Pemberton, Chad Knaus ne voit pas les choses correctement, et rappel que la première fois que les pneumatiques prévus pour la pluie ont été utilisés il a fallu interrompre la course au drapeau rouge pour laisser le temps aux équipes de s’organiser.

Robin Pemberton : « La première fois nous avons dû aider les équipes car elle n’ont aucune expérience de ça, pas même Chad. La seconde fois on leur a dit quand utiliser les pneumatiques pour la pluie et quand il fallait les enlever. »


Dans ce débat, qui ressemble plus à une discussions de sourds qu’autre chose, c’est peut-être Jeff Gordon qui pourrait s’approcher le plus de la vérité.

Jeff Gordon : « Cela pourrait nous aider. Dans ces conditions de faible pluie, nous pourrions rouler, mais les conditions doivent être parfaites, notamment au niveau du désembuage dans les voitures. Pour les fans ce serait super à voir. Les voitures ont beaucoup d’appui et de puissance, je ne sais pas combien de voitures resteraient sur la piste. »

En 2000 le quadruple champion de la NASCAR Sprint Cup Series avait effectué des tests sous la pluie sur le circuit routier de Watkins Glen et n’en garde pas un souvenir impérissable.

Jeff Gordon : « J’ai roulé ici, une fois et je pouvais à peine faire un tour. J’ai besoin de plus de temps et d’expérience avec ça. Je pense que ça pourrait être sympa. »