Ce dimanche, l’IndyCar faisait ses adieux au circuit de Motegi. Poleman et vainqueur en 2009, Scott Dixon souhaitait répéter cette performance, mais cette fois, sur la version routière du circuit japonais.


S’élançant depuis la Pole Position devant des tribunes bien garnies et par une météo clémente, le Néo-Zélandais a dès les premiers tours démontré qu’il serait l’homme à battre. Toujours pourchassé par Will Power durant les 63 tours que comptait la course, le pilote Chip Ganassi Racing s’est efforcé de se construire une marge de sécurité suffisante pour ne pas être inquiété par l’Australien. Au maximum, l’écart entre les deux hommes est monté jusqu’à 3 secondes mais n’est jamais retombé sous la demie-seconde, empêchant toute tentative de dépassement de Power.

Sur un tracé dessiné avant tout pour les courses motocyclistes, le spectacle produit par les monoplaces de l’IndyCar ne laissera pas un souvenir impérissable. Manquant de grip mais surtout de zones de dépassement, le circuit a forcé les pilotes à évoluer en file indienne. Pourtant, la course a tout de même connu trois neutralisations.

La première est intervenue peu après la première salve d’arrêts aux stands. Au 21ème tour, Joao Paulo de Oliveira occupait une solide 12ème position lorsque sa pompe à essence décida de ne plus alimenter le V8 Honda. Forcé de garer sa voiture sur le bas-côté du circuit, le Brésilien a contraint les officiels à venir le remorquer jusqu’à son stand.

La course fut relancée au 26ème tour avec Dixon en tête devant Power. Derrière, Dario Franchitti souhaitant recoller aux hommes de tête tente de surprendre Ryan Briscoe au freinage du virage 1. Hélas, ayant retardé son freinage au maximum dans un trou de souris, l’Ecossais terminait sa manoeuvre en touchant la roue arrière gauche du pilote Penske, semant la zizanie derrière eux. Dans sa mésaventure, non seulement Franchitti a sorti Briscoe, mais également ses deux équipiers de l’écurie satellite Ganassi Racing. Graham Rahal percuté par Briscoe alors en perdition restait bloqué dans les graviers tandis que Charlie Kimball fut contraint d’effectuer un passage improvisé hors piste. Avec deux voitures bloquées au virage 2, les officiels n’eurent d’autres choix que de sortir pour la deuxième fois le PaceCar Durant la neutralisation, les pilotes impliqués dans l’accident décidèrent de rentrer aux stands pour faire vérifier leur monoplace. Pour Franchitti, cette bourde l’obligea à changer de museau et à reprendre la piste en avant-dernière position. Une place provisoire puisque la Direction de Course décida logiquement de le pénaliser pour cet accrochage en le faisant repartir de la dernière position. Une bien maigre punition qui illustre une nouvelle fois l’inconstance de la Direction de Course dans ses décisions (lors des courses précédentes, plusieurs pilotes ayant commis la même erreur ont dû effectuer un « drive-through »).

La course fut relancée au 29ème tour avec Dixon en tête devant Power, Oriol Servia, James Jakes et Alex Tagliani. Au virage 2, Marco Andretti se débarrasse du Québécois et entre dans le top-5 tandis que dans le peloton, Helio Castroneves efface Danica Patrick au virage 11, au prix d’un intérieur exemplaire.

Au 35ème tour, Franchitti entame sa remontée. 25ème au restart, le pilote de la monoplace numéro #10 occupe déjà la 19ème position et double Hideki Mutoh. Immédiatement après son dépassement, l’Ecossais se fait pressant dans les rétroviseurs de sa prochaine victime, Giorgio Pantano. Mais si Franchitti n’a pas eu besoin de lutter face au Japonais, il n’en est pas de même avec l’Italien. Coriace, le remplaçant de Justin Wilson fait usage de tout son talent au freinage pour repousser les attaques de Franchitti. Mais à force de résister, Pantano commit une erreur en bloquant sa roue avant droite, laissant le champs libre au pilote Chip Ganassi Racing ainsi que la 17ème place.

En tête de la course, les deux leaders ne sont pas inquiétés comme en témoignent leurs quelques 10 secondes d’avance sur le troisième, Servia. Avec une telle marge, l’équipe Penske ne prend aucun risque et rappelle Power au stand au 43ème tour. Un tour plus tard, Dixon rentre à son tour. Les deux leaders ont chaussé les gommes tendres et à la sortie de la pitlane, le Néo-Zélandais repart juste devant l’Australien qui a réussi à récupérer une seconde. A ce moment, on pense que Power peut tirer profit de ses pneus en température pour doubler Dixon mais finalement, il n’en sera rien. Plus rapide que son adversaire, Dixon grignotera encore quelques dixièmes tour après tour pour se forger un coussin de sécurité d’une seconde-et-demie.

Mais ces efforts furent annihilés lorsqu’une troisième et dernière intervention du PaceCar remit les écarts à zéro à 6 tours du but. La cause ? Une manoeuvre optimiste de Sébastien Bourdais qui envoya dans le bac à graviers du virage 3 le pauvre Ryan Hunter-Reay.


Après une première tentative annulée, le restart est donné pour deux tours de course. En tête, les leaders passent le première virage sans encombre, ce qui n’est pas le cas d’E.J. Viso et de Takuma Sato qui s’accrochent alors que les deux coéquipiers du team KV Racing Technology se battaient pour une place dans le top-10. Puis au virage 3, c’est au tour de Vitor Meira de s’illustrer en terminant sa course ensablé. Ce seront les deux derniers incidents de cette course et au final, Scott Dixon franchit la ligne d’arrivée avec 3,4 secondes d’avance sur Power et remporte ainsi sa deuxième victoire de la saison après Mid-Ohio où il avait réalisé une performance similaire en prenant les trois points bonus du week-end. Derrière les deux hommes, le podium est complété par un excellent Marco Andretti qui devance Alex Tagliani et Oriol Servia. Quant à Franchitti, il a terminé la course huitième, une place de mieux que celle qu’il occupait au départ.

Ainsi Will Power repart du Japon avec les commandes du championnat pour 11 points devant Franchitti et s’offre également son deuxième trophée consécutif « Mario Andretti », récompensant le meilleur pilote de la saison sur circuits routiers/urbains.

Désormais les pilotes et leurs écuries auront une semaine-et-demie pour préparer l’avant-dernier rendez-vous de la saison, sur le Kentucky Speedway.