Les derniers mots entendus publiquement résonnent encore dans nos têtes. Questionné par Scott Goodyear, ancien pilote d’IndyCar et désormais consultant pour ESPN/ABC, sur ses chances de remporter la course en s’élançant dernier, Dan Wheldon ne pouvait être plus clair.

« Je ne serai pas au volant de cette voiture si je pensais ne pas pouvoir gagner sans sous-estimer le talent des autres pilotes d’IndyCar (…). (A propos des vitesses moyennes atteintes) Absolument, je pense que ça ira encore plus vite en course. Mais c’est juste une façon géniale de faire le spectacle.« 


Cette assurance, Wheldon l’a également exprimé à son patron d’écurie, Sam Schmidt. Vainqueur à Indianapolis pour cette écurie en collaboration avec Bryan Herta Autosport, le Britannique voulait clairement rapporter une nouvelle victoire pour celui qui lui a permis de s’illustrer lors de sa seule apparition en 2011 avant ce triste dimanche 16 octobre.

« Je suis prêt à m’élancer, je sais que nous pouvons la gagner.« . Ce furent les derniers mots de Wheldon à l’attention de son patron.

Depuis la fantastique aventure des 500 Miles d’Indianapolis 2011, Schmidt a eu tout le loisir de découvrir la personnalité de Wheldon « au bureau » mais également en coulisses. Un personnage qui avait grandement mûri depuis son arrivée impétueuse en 2002 jusqu’à devenir une personne attachante, disponible et par dessus tout, un père de famille et un mari exemplaire.

« Dans la voiture, honnêtement, je crois n’avoir jamais vu un aussi féroce compétiteur.« , avouait Sam Schmidt avec une forte émotion 27 heures après l’annonce du décès de son pilote. « La nuit avant la course, il était totalement confiant (ndlr : sur ses chances de victoire). Mais plus que pour lui, il voulait absolument faire d’un fan, un millionnaire et n’arrêtait pas d’en parler.« 

« Il s’entendait bien avec tout le monde en dehors du circuit et portait du respect pour chaque pilote, ce qui n’est pas toujours le cas. Mais plus important, j’ai appris à connaître Dan hors des courses, et son amour pour sa femme et ses enfants occupait sans cesse son esprit. Il pouvait faire un détour pour signer des autographes, pour donner le sourire à un enfant. Il avait cette énergie et tout le monde voulait l’entourer.« 

Interrogé sur la supposée dangerosité de l’ovale de Las Vegas, la réponse de Schmidt ne s’est pas faite attendre. Pour lui, la piste n’est pas responsable d’autant plus que l’INDYCAR s’est rendue sur des tracés similaires comme le Texas Motor Speedway ou le Chicagoland Speedway (une course vivement critiquée par Dario Franchitti et Tony Kanaan en 2010) durant plus d’une décennie avec cette configuration de voiture.

« La réalité est que l’IndyCar s’est rendue sur tous les types de tracés cette année. Les coureurs sont des coureurs et ils vont repousser au maximum les limites peu importe les circonstances. Il y a eu plusieurs situations où certains ont été blessés dans des virages lents sur des circuits urbains. Dan et tout le monde dans le cockpit comprend que l’unique façon d’être un vainqueur est de maximiser les capacités de la voiture et des composants que vous avez entre les mains.« 

« Je sais que sans l’ombre d’un doute qu’il prenait du plaisir dans la voiture. Il a dépassé 10 voitures dans les premiers 10 tours et il donnait le maximum pour l’emporter.« 

Wheldon sentait qu’il était en train de réaliser l’impossible. Après sa victoire extraordinaire obtenue à Indianapolis dans des conditions peu favorables, le Britannique était en passe d’écrire une nouvelle page de l’histoire de l’IndyCar. Ainsi Dan Wheldon est parti dans un sentiment de plénitude, démontrant à tout le monde qu’il était bien un pilote exceptionnel et qu’il aurait fallu compter avec lui en 2012 pour son retour chez Andretti Autosport.