La semaine dernière, Honda Performance Development et Chevrolet se sont rendus du côté de Sebring pour mener leurs derniers essais de l’année 2011 avec la Dallara DW12.

Si le motoriste américain n’a pas souhaité communiqué sur ses trois journées de travail, il n’en fût pas de même avec les japonais de Honda. Et pour cause, pour la première fois depuis novembre, deux nouveaux pilotes ont eu le plaisir de se glisser dans le « large » cockpit de leur nouvelle monoplace.


Le premier n’est autre que Simon Pagenaud. Tout heureux d’avoir signé un contrat avec Sam Schmidt Motorsports pour disputer l’intégralité de la saison 2012, le Français a répondu favorablement à la demande de Honda pour découvrir sa nouvelle monture mais surtout pour participer à la mise au point de l’ECU fourni par McLaren qui commandera les systèmes électroniques de la voiture.

Malheureusement pour l’ex-pilote Peugeot en Endurance, la météo n’a pas été clémente. En effet, en piste dès le premier jour, Pagenaud a dû composer avec la pluie sur une piste réputée difficile. Mais cet élément n’a pas gâché la journée du Français qui connaît cette piste comme sa poche. Et au final, cette journée fut en tout point positive aussi bien pour le pilote que pour son motoriste.

Voici les déclarations de Pagenaud :
« Je prends toujours du plaisir lorsque je suis dans une monoplace de type Indy. Ca consistait à faire beaucoup de vérification sur les systèmes et à définir des cartographies. Ce sont des choses très importantes à faire. Je me sens honoré d’avoir été réclamé par Honda pour les aider sur ce genre de choses parce que c’est une preuve qu’ils croient en moi. Ca définit de grandes attentes !« 

Au-delà de son retour sur ses différentes tâches, Pagenaud s’est exprimé sur la nouvelle monoplace, sujette aux critiques ces derniers temps.
« Elle est agile, comme une monoplace peut l’être. Nous n’avons pas fait de mise au point sur mon temps en piste donc elle avait un peu de sous-virage. Le freinage est solide avec les freins carbone. Le moteur, même si c’est un turbo, tout le monde me pose des questions à propos du temps de réponse, mais il n’y a pas vraiment d’attente. C’est également un bon signe. Pour le moment, le moteur est vraiment amusant, mais la voiture est en cours de développement. Il est encore tôt, vous n’avez pas le meilleur comportement aussi tôt dans les essais.« 

« Pour ce que j’ai ressenti, les passages à hautes vitesses, je peux sentir qu’elle a plus d’appuis, ce qui est agréable. Elle ressemble davantage à la Panoz DP-01 dans les courbes à hautes vitesses. Dans les passages à faible vitesse, elle a encore besoin de travail, mais nous avons encore beaucoup de temps devant nous.« 

Après Pagenaud, ce fut au tour de Takuma Sato, à la demande de l’écurie Rahal-Letterman Racing, de prendre place dans le cockpit. Pour le Japonais, cette expérience fut sa première en carrière avec un moteur turbo-compressé dans son dos. Réputé pour sa grande attaque, Sato n’a pas failli à sa réputation et malgré des premiers tours prudents pour découvrir son nouveau jouet, il a pu par la suite pousser la machine à la limite pour jauger son potentiel.

« Il y a encore beaucoup de travail à faire en essais mais mes impressions générales sont positives. Il y a quelques zones où nous devons grandement nous améliorer mais d’un point de vue général, j’étais impressionné. Nous avons travaillé sur la mise au point et la voiture a réagi comme nous l’attendions. J’étais satisfait de ce côté là. le moteur est très différent de ce que nous avions l’année passée.« 

« C’était un test tellement important pour Honda, mais après ça, j’ai eu l’occasion de ressentir la voiture et au débit je la pilotais très prudemment. Mais lorsque j’ai pris davantage confiance en elle, j’ai commencé à la piloter sur un rythme de course et j’ai poussé fort. Nous avons pu essayer différents setups pour voir comment elle réagissait. C’est la seule façon de montrer de quoi la voiture est capable. A différents moments, OK, vous avez du patinage, mais c’est amusant à piloter. C’était une journée productive.« 

De leur côté, Honda étaient très satisfaits par cette journée. Le V6 turbo a parfaitement digéré l’ajout de l’ECU McLaren et les ingénieurs se montrent satisfaits des performances de leur bloc. Souvent pointés du doigt pour leur manque de couple, les nouveaux moteurs ont semblé donner satisfaction à leur géniteur comme en témoigne Roger Griffiths, Directeur Technique de HPD :
« J’étais en train de regarder les courbes d’accélérations de Takuma, et il y a plein de patinage. La voiture bougeait un peu. C’est ce que nous voulons.« 


Griffins a également évoqué une éventuelle augmentation de la puissance pour pallier aux faibles vitesses de pointe enregistrées sur ovales. La réponse est on ne peut plus explicite :
« Il n’y a plus eu de véritables discussions sur l’augmentation de puissance. J’ai eu une longue discussions avec un homologue de chez GM et nous avons conclu que si nous évoluons à Indy à 215mph plutôt qu’à 215mph, ça ne nous importe peu tant que le spectacle est bon. Si la course est pauvre et que nous sommes lents, alors il y a un problème. Mais si ça nous prend trois ans pour revenir à 225mph, alors quoi ? En définitive, c’est juste un nombre.« 

Désormais, les motoristes et les écuries devront attendre le 12 janvier pour reprendre la piste et essayer de nouvelles solutions. D’ici là, nul doute que Dallara et l’INDYCAR auront apporté de nombreuses évolutions à la DW12 afin de la rendre plus compétitive.