Interrogé en début de semaine sur son sentiment à l’égard des premiers tours de pistes du moteur Lotus, Oriol Servia, nouveau pilote Dreyer & Reinbold Racing, a tenu à rassurer les plus sceptiques : le V6 préparé par Judd sera bel et bien au niveau des blocs américain et japonais et ne souffrira pas de son manque de roulage.

« Ce n’est pas comme si Lotus est en retard parce qu’ils ont été ralentis. Ils sont en retard parce qu’ils ont démarré six mois après les autres mais ils ont respecté à la lettre leur programme.« 


« Il ne fait aucun doute que nous sommes derrières les autres motoristes, c’est pourquoi nous devons nous assurer que chaque pas en avant que nous faisons, soit bien dans le bonne direction. Si nous réussissons, alors nous serons en bonne forme à St. Petersburg (ndlr : pour l’ouverture de la saison 2012).« 

Car il faut dire que si Chevrolet et Honda ont pris une avance considérable en matière de développement et de temps en piste entre le mois de Septembre et le début de cette nouvelle année, Lotus est resté silencieux jusqu’au mois de janvier, date à laquelle Simona de Silvestro et l’écurie Lotus-HVM Racing ont donné à ce moteur ses premiers tours de pistes. Mais malgré ce déficit d’expérience, le motoriste anglais pourrait tirer son épingle du jeu, grâce à une architecture moteur quelque peu différente de celle de ses concurrents, dans la plus pure tradition de son fondateur, Colin Chapman.

Grâce à ce choix audacieux, le moteur issue de l’usine de Norfolk est annoncé comme le plus léger du plateau. Ainsi le bloc britannique pourrait offrir aux équipes qu’il propulse un avantage certain lorsque l’on connaît les faiblesses du nouveau châssis Dallara. En effet, doté d’une répartition des masses de 40%/60% sur l’arrière de la voiture, ce nouveau châssis nécessite un rééquilibrage de ses masses sur le train avant afin de corriger de sérieux problèmes de tenue de route. Pour cela, le constructeur italien a demandé aux équipementiers et notamment à XTrac, fournisseur de la boîte de vitesses, de réduire le poids de son mécanisme afin d’ajouter du poids sur l’avant. Dans ce contexte, nul doute que le poids plume du V6 bi-turbo Lotus aidera les équipes à mettre au point leurs voitures d’autant plus que les premiers tests ont révélé une fiabilité encourageante.

« Le programme a bien démarré avec Simona qui a enchaîné quelques tours. C’est encourageant de voir que le moteur semble fiable, ce qui est la première chose à valider lors du développement d’une voiture.« , s’est réjouit le pilote espagnol.

Après la « Miss Suisse », ce sera au tour de Servia et de l’écurie Dreyer & Reinbold Racing de découvrir les caractéristiques du V6 bi-turbo sur la piste de Sebring en début de semaine prochaine. Pour l’instant l’écurie ne compte qu’une voiture mais travaille d’arrache-pied pour engager une seconde monoplace ce qui de coutume est un avantage. Pourtant, Servia estime que cette année, rouler seul ne représentera pas un handicap majeur du fait de la proximité entre les différentes écuries badgées Lotus.

« Ce n’est pas aussi mauvais que ça l’aurait été les précédentes années parce que nous travaillerons ensemble avec les autres écuries Lotus pour partager les données et les informations.« 

Avant de conclure par un clin d’oeil au glorieux passé de la marque : « Nous sommes plus petits et derrières les ogres, mais c’est de cette manière que Lotus s’est imposé dans le passé. Dans les années 60, ils ont gagné seulement en faisant un peu mieux les choses. Aujourd’hui, toutes les pièces du puzzle semblent s’assembler correctement.« 

Alors l’histoire se répètera-t-elle en permettant à une écurie modeste de terrasser l’une du « Big 3 »? En tout cas les chances n’ont jamais été aussi grandes pour les petits poucets de la monoplace américaine. Après tant d’années de dominations Ganassi-Penske-Andretti qui bénéficiaient d’un règlement inchangé depuis près d’une décennie, il semble évident que 2012 soit la plus apte à nous proposer une refonte de la hiérarchie.