Aux Etats-Unis et plus particulièrement lors des 500 Miles d’Indianapolis, une fameuse publicité publiée dans les magazines vantait les mérites du V8 atmosphériques 3,5L Honda capable de durer des milliers de miles sans connaître la moindre défaillance mécanique.

A travers ce message, les japonais comptaient mettre en avant la fiabilité extraordinaire de leur moteur et par conséquent de leurs véhicules de série. Mais bien que les faits soient réels, il ne fallait pas oublier que ces V8 étaient bridés électroniquement à 10 300 tours/minutes et à 650 chevaux. De quoi rallonger considérablement leur durée de vie…

Mais que les fans de compétition pure et dure et de panaches de fumée se rassurent. Cette période de « non-sens » est bel et bien terminée. Besoin de preuves ? Lors des premiers essais hivernaux menés à Sebring et mettant en scène la Dallara DW12 et ses trois motoristes, Honda et Chevrolet ont connu leur lot de mésaventures forçant même A.J. Foyt Racing et Dale Coyne Racing à mettre un terme prématuré à leur programme d’essais tandis que Dario Franchitti a pu accumuler un précieux temps de piste pour Honda et Chip Ganassi Racing (l’écurie désignée par Honda pour développer le moteur).


D’un point de vue compétition, ces défaillances qu’aussi bien les japonais que les américains ont refusé de commenter, prouvent à quel point la concurrence sera (est) intense. Clairement, la sécurité n’est pas l’option choisie par ces trois là et tant mieux pour le spectacle. Mais que les choses soient claires. Ces défauts de jeunesse absolument acceptables à cette période de l’année ne reflèteront pas nécessairement ce que sera la saison 2012. L’INDYCAR a en effet donné la liberté aux motoristes de soumettre la version finale de leur V6 30 jours avant le début de la saison, le 25 mars à St. Petersburg. De quoi dessiner et essayer différents modèles de composants durant les tests hivernaux et ainsi fiabiliser ces tout nouveaux blocs propulseurs, véritables pionniers dans le monde de la compétition automobile comme le déclare Roger Griffiths, Directeur Technique de Honda Performance Development.

« Cela fait partie du processus de développement et du processus d’apprentissage. Ces nouveaux moteurs d’IndyCar ont une avancée technologique significative sur tout ce qui a été utilisé jusqu’ici. Dans certains aspects, nous menons la recherche dans le monde des sports mécaniques en termes d’utilisation et de développement de certaines technologies. Nous sommes en avance sur la Formule Un sur l’utilisation de l’injection directe par exemple.« 

« De temps en temps vous aurez des problèmes, mais je suis dans le certitude que vous pouvez apprendre davantage lorsque les choses ne se passent pas comme prévu, plutôt que si tout se déroule bien. Cela vous force à faire un pas en arrière, à voir ce qui s’est passé, à vous concentrer et à avancer. Personne ne pense ici que la monde va s’arrêter ou que le ciel va tomber. C’est une petite bosse sur la route, nous nous en remettrons et je pense que la prochaine fois que nous sortirons en piste, les choses seront bien meilleures.« 

Et pendant ce temps, Lotus, pourtant en retard sur ces concurrents et pointé du doigt voire moqué par certains observateurs, accumulait les miles sans le moindre pépin… Où lorsque la fable du « Lièvre et de la Tortue » (une tortue « verte Lotus » évidemment) » se déroule sous vos yeux…

En tout cas réjouissons-nous de voir à nouveau l’IndyCar servir de véritable plateforme de développement et de tests pour les voitures de série. C’est ainsi que la discipline regagnera ses lettres de noblesses auprès des constructeurs après avoir reconquis ses spectateurs et c’est ainsi qu’elle concurrencera sa cousine européenne, la Formule Un.