Accueilli par le monde de l’IndyCar comme la plus grande star qu’ait connu la discipline depuis Nigel Mansell en 1993, Rubens Barrichello n’a pour le moment pas suivi les mêmes traces que son illustre prédécesseur. Alors que le Britannique avait secoué le monde du sport automobile en décrochant la Pole Position et la victoire lors de son premier départ à Surfers Paradise, le Brésilien devait quant à lui se contenter d’une 13ème place sur la grille de St. Petersburg avant de franchir la ligne d’arrivée à une lointaine 17ème position.


S’arrêter aux résultats bruts du pilote KV Racing Technology serait une erreur. Ces derniers ne reflètent absolument pas le potentiel du pilote. « Rubinho » brûle toujours d’amour pour la course automobile comme en témoigne ses demandes de ne se faire payer qu’aux points lorsqu’il cherchait un volant en F1. Alors comment expliquer que l’un des pilotes de Formule Un les plus talentueux ait autant de mal à se montrer performants de l’autre côté de l’Atlantique ? Adaptation en un minimum de temps à une nouvelle organisation des week-ends de course, à une nouvelle physionomie des courses (utilisation de pneus sans couverture chauffante, départs lancés, restarts en doubles-files, stratégie…) et à une nouvelle voiture (temps de réponse du turbo, freinage pied gauche) sont autant d’éléments qui perturbent les performances d’un pilote. Seuls l’expérience et surtout le temps permettent de gommer petit-à-petit ces difficultés et Barrichello commence à la prouver.

Qualifié au 14ème rang lors du Grand Prix of Alabama, Barrichello a fait une course pleine d’intelligence. D’abord sur un rythme modeste, il est monté en cadence au fur et à mesure que sa voiture s’améliorait. En gérant parfaitement les deux relances du début et de la fin de course, Barrichello a su éviter les embûches et se créer des opportunités de dépassements. Au final, il coupa la ligne à la huitième place, décrochant ainsi son premier top-10 en IndyCar pour sa deuxième course seulement. Au championnat, Barrichello que certains n’hésitent pas à qualifier de « décevant » est pourtant au même niveau que le quadruple champion Dario Franchitti qui évolue dans la discipline depuis 1997.

Ne nous méprenons pas, l’ex-pilote Williams vainqueur de 11 Grands Prix et deux fois vice-champion est sur la pente ascendante et il est évident qu’à partir de la mi-saison lorsqu’il maîtrisera toutes les variables de ce championnat, il sera un candidat régulier aux top-10 voire à la victoire.