Le week-end dernier, les Japonais de Honda affichaient un large sourire. Dominés par Chevrolet dont le V6 bénéficie d’une plage d’exploitation plus large, ils abordaient la course de Long Beach en pleine confiance. Non seulement leurs adversaires allaient tous subir une pénalité de 10 places sur la grille, mais ils allaient pouvoir utiliser une nouvelle version de leur turbo, censée leur faire rattraper leur retard sur Chevrolet et accessoirement gagner deux dixièmes au tour.

Malheureusement pour eux, les écuries motorisées par le V6 américain ont fait entendre leur mécontentement. S’estimant lésées, les équipes « Chevy » ont officiellement protesté auprès de l’INDYCAR qui a fini par céder au point de demander à Honda de démonter leur nouveau turbo et de le remplacer par l’ancien.


Mais voilà, une semaine après, nouveau coup de théâtre ! L’INDYCAR a de nouveau autorisé Honda à utiliser son nouveau turbo. La raison est la suivante. Retour en décembre 2010. L’IndyCar Engine Comitee (IEC) avait déclaré aux motoristes lors d’une réunion que si l’un des turbos (le simple ou le double) possédait un avantage conséquent sur le second, alors BorgWarner (le fabricant unique) aurait le droit de proposer une version revue et corrigée du turbo le moins performant. Or, cette parole, tenue à l’époque par Tony Cotman alors en charge de la nouvelle voiture n’a pas été inclue dans la règlementation 2012. Honda s’appuie donc sur un accord verbal et sur sa propre prise de note, tandis que Chevrolet contre son adversaire en affirmant que cette possibilité n’apparaît dans aucun document officiel.

Will Phillips, Vice-Président de la Technology a donc la joie de récupérer la « patate chaude » et a donc dû prendre position dans ce conflit d’intérêt. Finalement, Phillips a donné raison aux Japonais et Honda pourra donc utiliser son nouveau turbo dès la prochaine course, sur le tracé urbain de Sao Paulo.

Mais comme si cela ne suffisait pas, Chevrolet par l’intermédiaire de son représentant le plus fidèle, Roger Penske, n’en restera pas là et a dores et déjà annoncé avoir émis une protestation aux officiels.

Le ton est donc donné. La guerre n’est plus seulement présente en piste mais également en coulisses. La rançon de la gloire pour l’IndyCar…