LM P1 : Toyota aura fait trembler Audi

Riche d’une pole position signée par André Lotterer avec deux secondes de gagnées par rapport à l’an dernier, Audi pouvait envisager cette course sereinement, d’autant qu’avec quatre voitures et autant d’équipages chevronnés, le clan allemand était en supériorité numérique face à son nouveau grand adversaire dans la Sarthe : Toyota. Mais pour son retour à la compétition, le géant japonais n’a pas déçu ! Outre d’avoir réussi une performance très encourageante aux essais, la Toyota TS030 Hybrid a révélé un potentiel plus qu’encourageant, au point même de prendre les commandes de la course en début de soirée. Mais c’est précisément à ce moment -grisant- que la descente aux enfers commença pour l’équipe japonaise. L’effroyable accident dont était victime Anthony Davidson en voulant doubler une Ferrari provoquait une longue neutralisation après laquelle la seconde Toyota, aux mains de Kazuki Nakajima, hypothéquait définitivement les chances de la marque nippone dans cette course en s’accrochant avec l’originale Nissan DeltaWing. Suite à ces deux abandons, Audi aurait pouvait dérouler. Mais c’était sans compter sur une multitude de coups de théâtre : de la sortie de piste de la (n°3) en début de soirée, puis l’accrochage de la n°1 avec une Corvette dimanche matin, des différentes pannes de la n°4 jusqu’au violent contact de la n°2 (alors en tête) vers midi, aucune des voitures n’aura été épargnée ! La maestria des mécaniciens d’Audi aura plus que jamais permis de se tirer de tous ces mauvais pas et notamment de permettre à André Lotterer, Marcel Fässler et Benoît Tréluyer, de passer le moins de temps à son stand parmi les quatre équipages. Les trois pilotes, déjà vainqueurs l’an passé au terme d’une course folle face à Peugeot, démontrent qu’il est désormais possible de remporter une course de 24 Heures à près de 240 km/h de moyenne en respectant mieux l’environnement grâce à l’utilisation d’une part d’énergie non polluante. Première voiture « essence », le Rebellion Racing conclut une très belle prestation en plaçant une de ses deux Lola Toyota à la 4ème place finale.

LM P2 : Pour sa première venue au Mans, Starworks fait triompher Honda !

Nouvelle venue sur la scène des 24 Heures du Mans, l’équipe Starworks n’imaginait pas forcément réussir l’exploit de s’imposer dès sa première participation dans la Sarthe. La compétition dans cette catégorie n’aura pas manqué de suspense et après un solide premier tiers de course dominé par l’équipe sarthoise OAK Racing (Morgan n°24), les choses tournaient peu à peu en faveur du team Starworks, beaucoup moins accablé par les ennuis que son rival français, qui aura réellement joué de malchance avec l’ensemble de ses voitures, en accumulant notamment un grand nombre de crevaisons. Installé en tête de la catégorie à partir de la 10ème heure, le Starworks Motorsports ne s’en éloignera plus jamais jusqu’à l’arrivée. Au volant de leur Honda Performance Devlopment, Vicente Potolicchio, Ryan Dalziel et Thomas Kimber Smith ont évité toutes les embûches d’une course où les LM P2 n’auront pourtant pas été épargnés par les abandons puisque c’est la catégorie qui compte le plus d’abandons cette année. Présent en force dans cette classe, le constructeur français Oreca place trois voitures derrière la voiture gagnante.

LM GTE Pro : Ferrari terrasse Corvette et Porsche

Toujours très relevée parce que comptant essentiellement des pilotes professionnels, la catégorie LM GTE Pro n’a pas failli à la tradition en termes de suspense. Quatre constructeurs (Porsche, Aston Martin, Ferrari et Corvette) étaient présents officiellement pour tenter de conquérir les lauriers. Après un début de course où l’on voyait AF Corse avec l’équipage Fisichella-Bruni-Vilander tenir la dragée haute à Corvette, vainqueur 2011, la tendance s’inversait si bien qu’en début de soirée, le trio Gavin-Milner-Westbrook s’installait en tête. L’efficacité de l’équipage anglo-saxon semblait bien parti pour dicter sa loi mais c’était sans compter sur plusieurs mésaventures nocturnes : la perte d’une roue tout d’abord, puis une sortie de piste à Mulsanne avant de connaître une succession de passages aux stands pour différentes interventions. Tandis que Porsche vivait un calvaire dans cette catégorie et qu’Aston Martin réalisait une prestation encourageante, Ferrari tirait les marrons du feu pour s’installer aux deux premières places avant la mi-course grâce aux 458 Italia n°51 (AF Corse) et n°59 (Luxury Racing) et ne plus les quitter par la suite. Associés à l’ex-pilote de Formule 1 Giancarlo Fisichella, Gianmaria Bruni et Toni Vilander donnent à l’équipe d’Amato Ferrari une belle revanche sur le sort, elle qui était passée tout près de la victoire l’an dernier.

LM GTE Am : Larbre Compétition triomphe du duel à la française

Parce que la victoire s’y est décidée dans les toutes dernières minutes, la catégorie LM GTE Am aura peut être la course la plus indécise dans cette 80e édition des 24 Heures du Mans. Si la Porsche n°79 du Flying Lizard menait les débats au cours des premières heures, une sortie de piste en début de soirée anéantissait toutes les chances de l’équipe américaine. L’affrontement se concentrait alors sur deux équipes françaises : Larbre Compétition et IMSA Performance Matmut. La Corvette n°50 de la première et la Porsche 911 GT3 RSR de la seconde démarraient un bras de fer qui durera pas moins de vingt heures ! Ce n’est qu’à quelques kilomètres de l’arrivée que Pedro Lamy (Corvette) débordait définitivement Anthony Pons. L’ex-pilote de Formule 1, qui partageait le volant avec Patrick Bornhauser et le manceau Julien Canal, s’impose enfin au Mans pour sa… 13ème participation ! Déjà vainqueurs l’an dernier avec la Corvette, Bornhauser et Canal offrent même à l’équipe Larbre Compétition une troisième victoire consécutive après celle décrochée en 2010 avec la Saleen ! Une véritable consécration pour l’écurie basée sur le circuit du Val de Vienne. Victorieuse en 2007, l’équipe IMSA Performance Matmut n’aura pas démérité, loin de là, mais à toute compétition automobile un seul vainqueur et cette année, peut être par la faute de cette ampoule déficiente en début de course, la victoire n’a pas choisi le camp de l’équipe normande…

D’après le communiqué officiel de l’ACO