Cet Italien au sourire communicatif et à l’humour omniprésent va avoir 46 ans le 23 octobre. Il fut (et est encore) l’un des meilleurs pilotes automobile au Monde. Après avoir atteint le pinacle du sport automobile, la Formule Un entre 1991 et 1994 chez Jordan, Minardi puis Lotus, Alessandro Zanardi décida d’orienter sa carrière de l’autre côté de l’Atlantique dans le deuxième championnat de monoplaces au monde, l’IndyCar, faute d’offres sérieuses en Europe.


Intégré dans l’écurie montante Chip Ganassi Racing, Zanardi marquera à jamais la discipline. « Rookie of the Year » (ndlr : meilleur débutant) et candidat au titre de champion dès sa première saison en 1996, il ne lui faudra attendre qu’un an avant de décrocher son premier titre en 1997 puis un second l’année suivante. Pilote étranger à la discipline par sa nationalité, Zanardi n’en est pas moins l’un des pilotes les plus populaires grâce à son sens de l’attaque, du spectacle et surtout par un mental défrayant l’ordinaire. Ainsi, Zanardi écrira quelques unes des plus belles pages de l’IndyCar notamment grâce à ses dépassements exécutés sur Bryan Herta à Laguna Seca en 1996 et Long Beach 1998, sa remontée et sa victoire historique à Cleveland en 1997 après avoir été pénalisé et accusé un tour de retard et enfin grâce à ses « donuts » célébrant ses succès.

Après deux titres de champion et 14 victoires en 51 départs, Zanardi estimait avoir fait le tour de ce championnat (ne lui manque qu’un départ et une victoire aux 500 Miles d’Indianapolis, une épreuve faisant alors partie de l’IRL, la série concurrente du CART), et concluait un accord avec Frank Williams pour revenir en Formule Un et piloter l’une de ses deux monoplaces en 1999 aux côtés de Ralf Schumacher. Malheureusement, l’aventure et le rêve de succès en F1 tourne au fiasco. La Williams-Supertec est un échec et Patrick Head ne parviendra jamais à écouter et comprendre les besoins de son pilote pour adapter la rétive FW21 au style de l’Italien. Dégoûté de la F1, Zanardi et Williams mettent un terme à leur collaboration un an avant la fin de leur contrat.

A pied en 2000, Zanardi réfléchit beaucoup sur son avenir. Il en profite pour s’occuper de son fils Niccolo avec sa femme Daniela. Mais son moral n’est pas bien haut. Pilote de course dans l’âme, Zanardi est malheureux loin des circuits et de la compétition. Le démon de la course se fait sentir et c’est ainsi qu’il se rend à Fontana, pour assister à la finale de la saison CART. Il en profite pour discuter avec son ancien ingénieur en chef, Mo Nunn qui souhaite créer sa propre écurie. L’opportunité est trop belle pour être gâchée, les deux hommes tombent d’accord. Zanardi pilotera l’une des deux voitures aux côtés du jeune brésilien Tony Kanaan et sera le leader naturel de l’équipe et le mentor de Kanaan en 2001.

Bien qu’équipés de châssis Reynard et d’un moteur Honda (la combinaison gagnante lors de leurs années passées chez Chip Ganassi Racing), Mo Nunn et Alex Zanardi ne parviennent pas à retrouver l’alchimie qui les avait conduit à la gloire à la fin des années 90. Mo Nunn est très occupé par les affaires de son équipe et a délégué la partie technique tandis que Zanardi souffre de son manque de roulage dû à la création tardive de l’équipe. Il faudra attendre la mi-saison et Toronto pour voir à nouveau Zanardi jouer les premiers rôles à différents moments du week-end. Le moment de gloire de l’écurie intervient peu après les attentats du 11 septembre 2001 dont ont été victimes les Etats-Unis. Le week-end du 15 septembre, le CART entame sa tournée européenne en Allemagne sur le tout nouvel ovale du Lausitzring EuroSpeedway et se demande s’il est judicieux de maintenir l’épreuve après ces évènements tragiques. Finalement, la décision est prise de courir afin de prouver l’unité américaine face aux terroristes. Dès les premiers essais libres, les deux monoplaces de Kanaan et Zanardi se distinguent en signant les deux meilleurs temps. Jamais les pilotes n’avaient pu se montrer aussi à leur aise cette saison. Malheureusement pour eux, la pluie vient perturber les qualifications et c’est donc suivant le classement du championnat que la grille est établie. En revanche, lors du warm-up, à nouveau Kanaan et Zanardi se montrent dominateurs. De quoi faire naître de gros espoirs pour la course !


Parti depuis la 22ème position sur la grille, Zanardi remonte rapidement dans le top-10 puis dans le top-5 au fil des accidents et des arrêts ravitaillements. Au volant d’une monoplace excellente dans le trafic, l’Italien peut enfin faire étalage de tout son talent qui avait construit sa légende. « Sandro » est véritablement de retour et le Lausitzring est en train d’offrir à ses 70 000 spectateurs une course historique avec en probable issue, le retour de Zanardi sur la Victory Lane. Au 142ème tour sur les 154 que compte l’épreuve, Zanardi alors en tête rentre aux stands pour marquer son dernier arrêt, un simple Splash’N’Dash. Après un arrêt de quelques secondes seulement, la monoplace numéro #66 repart dans un nuage de fumée et à ce moment Zanardi se dit « Ca y est je l’ai fait, je n’ai plus qu’à rejoindre l’arrivée. » (ndlr : propos tirés de son autobiographie « My Sweetest Victory »). En effet, plus que treize tours à parcourir avant de retrouver le goût de la victoire, sa première depuis son retour dans le championnat CART, et sa première pour l’écurie de son ami Mo Nunn après une demi-saison de galère…

La suite à suivre très prochainement.