Tout d’abord cela peut paraître bizarre, mais ce voyage a permis de rencontrer les membres des autres équipes, notamment les gens de chez TFT, nous sommes voisins sur les circuits, parfois au niveau des ateliers, mais lors des week-ends de courses nous sommes à fond chacun de notre côté et ce voyage nous a permis de discuter les uns avec les autres à froid ce qui fut fort enrichissant et plus convivial.

Lorsque nous sommes allés visiter les ateliers des différentes écuries de la NASCAR nous avons pu nous rendre compte à quels points ils sont accueillants. Cela contraste énormément avec l’Europe où les ateliers sont pour la plupart du temps fermés au public. Lorsque nous étions à Charlotte nos homologues engagés en NASCAR ont fait beaucoup de parallèles entre la Formule 1 et la NASCAR, car en terme de sport automobile européen c’est le seul qu’ils connaissent.


Ils trouvent que la F1 est très aseptisée, bourré de fric et où il faut montrer pâte blanche pour rentrer. Au contraire, en NASCAR bien que ce soit quelque chose d’énorme on ressent quelque chose de familial et convivial, une vraie proximité avec le public.

Il est vrai que la NASCAR est une discipline énorme de l’autre côté de l’Atlantique, mais la relation avec le fan, ou même le visiteur de base est totalement différente de ce qui se fait en Europe, on assiste alors à une vraie communion entre les deux parties, un vrai SHOW. D’une manière générale les gens qui nous ont accueilli dans les ateliers ne savaient pas qui nous étions et pourtant ils ont eu la même approche que le responsable de la communication ou encore les patrons d’écuries qui eux savaient que nous venions et qui nous étions.

Il y a quelque chose d’important à souligner dans le comportement des mécaniciens et autres membres des équipes c’est leur étonnement de voir des Européens débarquer sur leurs terres et dans leur sport, sport majoritairement créé par des Américains pour les Américains ce qui fait qu’ils sont toujours étonnés, mais ravis de voir des Européens s’y intéresser en visitant notamment leurs ateliers.

David Hart, le directeur de la communication de la Richard Childress Racing (RCR), s’est dit étonné de voir autant d’écuries européennes débarquer aux Etats-Unis d’Amérique, mais n’en était que plus heureux d’apprendre l’engouement que suscite ce sport sur le vieux continent. Ouvrir ses ateliers aux visiteurs permet de montrer comment fonctionne une épreuve de NASCAR de l’intérieur, mais en allant dans des écuries comme la Richard Childress Racing ou encore la Hendrick Motorsports, tu te rends compte qu’il faut 600 employés pour faire tourner l’écurie à plein régime, tu as dans l’atelier quinze châssis par voiture, environ cent-cinquante moteurs pour la saison, c’est vraiment quelque chose de grandiose, surtout quand tu compares par rapport à ce qui est fait en EURO-RACECAR avec un châssis par voiture, et un moteur pour toute la saison, c’est vraiment un autre monde, mais nous sommes à la base de la pyramide, alors qu’en Sprint Cup ils sont tout en haut.

Alors c’est vrai que ce gigantisme tu ne le retrouves pas forcément sur les ovales puisque tous les camions sont alignés les uns à côtés des autres et les équipes travaillent côte à côte dans les garages. En revanche, tu as la même proximité avec le public que celle aperçue dans les ateliers.

En France lorsque l’on parle de NASCAR à des fans tout le monde ne connaît pas. Il faut donc faire connaître ce sport à d’autres gens qu’un public avisé. L’expérience du Tours Speedway était très bonne car beaucoup de gens ne comprenaient pas l’intérêt de faire tourner des voitures ‘en rond’, mais quand on apprend les règles et le fonctionnement on a un plus gros intérêt à suivre la course.

Ouvrir nos ateliers aux fans c’est bien évidemment une bonne chose, mais nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir et surtout une histoire à écrire. Je suis Américain dans l’âme, arriver à faire ce qu’ils font j’en rêve, mais il faut garder les pieds sur Terre, en France c’est impossible. Ils ont des dizaines d’années d’histoire derrière eux, nous n’avons pas les mêmes moyens et surtout pas la même culture.

Nous devons suivre notre chemin tout en s’en rapprochant. Les instances de la NASCAR ont également leur rôle à jouer puisqu’ils veulent avoir une passerelle en Europe. Jérôme Galpin, le grand patron de l’EURORACECAR fait tout ce qu’il peut pour développer ce sport en Europe, et Scorpus Racing jouera bien entendu sa carte à fond.

Alain Veyssière

À propos du Scorpus Racing

Engagée en EURO-RACECAR NASCAR Touring Series elle a remporté le titre OPEN en 2012 avec Simon Escallier.

Site internet : Scorpus Racing.

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