Très souvent présentées comme des tracés jumeaux Daytona et Talladega sont en réalité deux pistes aux particularités différentes. Tant sur la piste de Floride que sur celle de l’Alabama la NASCAR est contrainte de brider les moteurs pour éviter que les voitures, lorsqu’elles sont seules en piste, dépassent allègrement les 200 mph de moyenne au tour.

Daytona et Talladega sont deux pistes construites à dix ans d’intervalle. Si l’ovale situé en Floride a ouvert ses portes en premier (1959, ndlr) et accueille la course la plus prestigieuse de la saison à savoir les Daytona 500, en tant que manche d’ouverture de la saison, c’est bien à Talladega que le record de vitesse a été enregistré le 30 avril 1987 par un certain Bill Elliott en 212,809 mph, c’est-à-dire un tour bouclé deux millièmes sous la barre des 45 secondes !

Pourtant ces deux ovales mammouths ont quelques différences notables. Tout d’abord, la longueur, de 2,5 miles à Daytona, le développement passe à 2,66 miles sur l’ovale de Talladega.




L’inclinaison dans les virages est également différente puisqu’elle est de 31 degrés sur l’ovale de la Floride contre 33 degrés pour la piste inaugurée en 1969, par une victoire de Richard Brickhouse.

Enfin, en ce qui concerne les dimensions, la dernière différence notable n’est autre que la largeur. La piste de Daytona ne fait que 40 pieds de large, contre 48 pour celle de Talladega.

Outre ses chiffres, ce qui fait la différence entre Daytona et Talladega c’est la position de la ligne de départ/arrivée. Si elle est positionnée au milieu de la ligne droite avant en Floride, elle est située toute proche de l’entrée du virage n°1 en Alabama.

À Talladega, la ligne de départ/arrivée est donc située pratiquement 1 250 pieds plus loin que l’emplacement « classique », ce qui représente environ la distance de trois à quatre terrains de football.

Si cette ligne de départ/arrivée est autant déplacée, c’est dans un but bien précis. En effet, Bill France Sr., le créateur du Talladega Superspeedway – mais aussi de la NASCAR en 1949 – souhaitait que les fans présents dans les tribunes puissent voir le dépassement pour la gagne traditionnellement dans le tri-ovale ainsi que l’arrivée, car selon lui si la ligne d’arrivée est située au milieu de la ligne droite avant, les fans se focalisent uniquement sur le dépassement ou l’arrivée en occultant l’autre partie.