Aloïs:

La NASCAR ne sera plus la même sans Dale Earnhardt Jr, soyons bien clairs là-dessus. On ne peut pas le considérer comme un des meilleurs pilotes que la ligue ait connu, car il n’en est pas un. Et lui-même le sait. Il a frôlé à quelques reprises le titre de champion mais ce n’est pas pourquoi on se souviendra de lui. Et je pense que cela ne l’intéresserait pas, de toute manière. Le nom de Dale Jr. faisait très souvent écho à celui de son père au début de sa carrière, mais au fil des années, il a (justement) réussi à se faire son propre nom. 

À l’instar d’un Jeff Gordon ou d’un Jimmie Johnson, une large partie de l’audience actuelle de la NASCAR n’existerait pas sans Dale Jr. Outre le fait qu’il soit devenu le chouchou de la majorité des fans américains, il a permis à ces mêmes personnes de rentrer dans l’univers de la NASCAR. Celle-ci ne serait pas là où elle se tient aujourd’hui sans Dale Jr. Il possède une influence inégalée non seulement sur la ligue en elle-même, notamment au niveau médiatique, mais également sur l’ensemble des sports autos américains.

On pourrait presque pousser le vice à dire que la fameuse « Junior Nation » a forgé bon nombre de speedways. Sans elle, combien de circuits n’auraient pas les immenses tribunes que l’on voit border les pistes aujourd’hui ? Plus que parler d’une carrière, cette annonce de départ à la retraite de Dale Jr. est une occasion parfaite de se souvenir de son œuvre et de ce qu’elle a apporté à la NASCAR.

Jeff Gordon, entre autre, a apporté une visibilité médiatique à la série. Dale Earnhardt Jr. a permis de l’ancrer dans le concret et de la développer auprès des familles qui portent les blousons floqués de son visage.



Arnaud :

Cette annonce n’est finalement qu’une demi surprise et selon moi elle arrive en fait à un assez bon moment pour la NASCAR. Après sa nouvelle commotion cérébrale et son absence prolongée des circuits, Dale Earnhardt Jr. avait à plusieurs reprises fait des déclarations mettant en avant l’importance qu’il accordait à sa santé et à sa vie après la NASCAR. Lors du départ de Carl Edwards il avait d’ailleurs clairement expliqué qu’il se posait les mêmes questions. Son début de saison plus que moyen (pour un pilote de son calibre dans une équipe de ce niveau) a sans doute eu raison de sa motivation.

Pour la NASCAR c’est un autre problème. Après Tony Stewart, Jeff Gordon et dans une moindre mesure Carl Edwards, c’est aujourd’hui le pilote le plus important (en terme de visibilité, marketing etc…) de la discipline qui tire sa révérence et les audiences TV déjà moribondes vont sûrement en prendre un coup en 2018. Mais c’est aussi je pense une occasion unique pour la NASCAR de tourner une page de son histoire. En plus d’un nouveau format de course qui convainc de plus en plus, la NASCAR va maintenant pouvoir et surtout devoir s’appuyer sur une nouvelle génération de jeunes pilotes qui montent en puissance et qui – rassurez-vous – ont tous des caractères bien affirmés.

Plus personnellement je prends encore un coup de vieux… mais je commence à avoir l’habitude…



Lilian :

Cette annonce n’est en réalité qu’une demi-surprise. Après deux absences pour raison médicale suite à de gros chocs en course (d’abord en 2012 puis en 2016), la retraite du pilote le plus populaire de la discipline paraissait de plus en plus évidente. La surprise réside surtout dans le moment choisi pour annoncer cette nouvelle. Certes les résultats ne sont pas bons voire médiocres mais Dale Jr. a toujours clamé vouloir courir le plus longtemps possible. A 42ans on pouvait s’attendre à le voir sur les speedways encore quelques années.

On ne peut que saluer cette décision qui, il faut bien l’avouer, est la meilleure d’un point de vue purement santé pour Dale. Par contre d’un point de vue image et marketing la NASCAR peut s’inquiéter de voir partir un nom aussi prestigieux que celui d’Earnhardt. Maintenant à voir s’il souhaite à l’instar d’un Jeff Gordon poursuivre aux commentaires des courses avec la FOX ou NBC. Un duo Gordon-Earnhardt Jr. serait un vrai atout pour augmenter les audiences de la discipline et apporter des analyses des plus pertinentes et précises. 

Je me rappellerai de ce pilote comme un monstre d’efficacité sur ovales à plaques de restriction, en témoigne ses deux Daytona 500, ses 4 victoires de suite à Talladega dans les années 2000 mais aussi une victoire particulière d’un point de vue symbolique, en 2010 à Daytona en XFINITY sa victoire dans la Chevrolet #3 avec l’un des sponsor de son père.



Geoffroy :

Si l’on s’intéresse uniquement au plan sportif, cette décision est des plus logiques. Dale Earnhardt Jr. n’est plus que l’ombre de lui-même ces dernières années. Certes il y a bien eu quelques victoires, notamment la saison 2014 qui fut à mon sens la meilleure campagne du pilote de la Chevrolet n°88depuis qu’il a rejoint la Hendrick Motorsports en 2008.

Les multiples absences de Dale Earnhardt Jr. à chaque fois pour cause de commotion cérébrale  auront été autant d’alertes pour le pilote favori des fans qui, quoiqu’il arrive d’ici la course d’Homestead à la mi-novembre, laissera un grand vide dans un sport qui lui a tant donné, mais aussi pour lequel il a a beaucoup donné.

Cette retraite est la première officielle parmi les pilotes étant arrivées à la fin des années 90 ou au début des années 2000, j’exclus volontairement Tony Stewart du fait de son début de ses années IndyCar avant sa venue en NASCAR  et Greg Biffle dont la confirmation n’a pas été donné. Après Dale Earnhardt Jr, le processus de rajeunissement de la Cup devrait se poursuivre avec le départ des Matt Kenseth, Jimmie Johnson et autre Ryan Newman.

> La carrière de Dale Earnhardt Jr. en images