Didier Theys, le précurseur

Né le 19 octobre 1956 à proximité du circuit de Nivelles, Didier Theys se découvre rapidement une passion pour le sport automobile. Il ne fait cependant ses débuts de pilote que sur le tard.

Après un court passage en kart, il prend la direction de l’Angleterre pour faire ses débuts en Formule Ford. Il y passe trois saisons. Le saut vers la F3 s’avère difficile : la concurrence de Thierry Boutsen, la star montante du sport auto belge, rend la recherche de sponsors difficile pour les autres jeunes pilotes.

Didier Theys finit par accéder à la F3 en 1981 et après trois saisons, il accède à la F2. Là encore, l’argent fait défaut. Pas d’essais, peu de résultats, un bras cassé dans un accident de la route… Didier est à pied pour 1985. Le jeune pilote est au point mort.

C’est Tico Martini qui relance sa carrière pendant l‘été 85. Le constructeur propose à Theys de faire débuter la Martini en Formule Super VW. Didier débarque donc aux Etats-Unis, avec deux mécaniciens, un stock de pièces détachées sous le bras, mais aucune structure et, comme d’habitude, pas le moindre sou vaillant.

La petite équipe sillonne les routes américaines à bord d’un petit van, en dormant dans les motels les plus abordables. Mais sur les circuits, les résultats commencent très vite à s’enchaîner. Dès leur quatrième course, Theys et la Martini remportent leur premier succès à Watkins Glen. La machine est bel et bien relancée.


© Mark Windecker

Après le galop d’essai de 1985, Didier Theys remporte le championnat 1986 de Super VW. Il enchaîne par un second titre en 1987 en ARS (l’ancêtre de l’Indy Lights). Ses résultats lui ouvrent les portes du championnat Indy/CART. Il y fait ses débuts dès 1987, en participant à trois épreuves (septième de sa première course à Long Beach).

En 1988, il court pour le team de Dick Simon. Cette saison sera la meilleure de sa carrière en CART. En huit courses, il signe cinq top 10, dont un podium lors de la finale du championnat, disputée à Miami sur le beau circuit de Tamiami Park.

Pour 1989, Didier a deux propositions : l’une de Bayside (Bruce Leven) qui lui propose un double (mais réduit) programme CART/IMSA, avec l’appui d’un gros sponsor (Texaco), et l’autre du Arciero Racing, qui lui propose un programme complet en CART. Le pilote belge choisit la seconde proposition. Mauvaise pioche : pas d’argent (décidément l’un des leitmotiv de la carrière de Didier Theys !), pas d’essais, pas de fiabilité… Theys quitte Arciero après quatre courses. En cours de saison, il rejoint le Granatelli Racing, avec qui il restera en 1990.

Mais malheureusement, les Etats-Unis connaissent alors une période de crise économique (nous sommes alors en pleine Guerre du Golfe) et Didier peine à trouver les budgets requis. Plusieurs bons volants lui passent sous le nez car les sponsors imposent au dernier moment un pilote américain. Ainsi John Andretti lui « chipe » le volant Jim Hall/VDS pour 1991. Didier ne courra alors plus qu’épisodiquement en CART.

Au total, Didier a disputé 47 courses en Formule Indy, avec son podium de Miami pour meilleur résultat. Il a pris le départ de trois Indy 500 en 1989, 1990 et 1993.

C’est en Endurance que la carrière de Didier Theys rebondit. En 1995, il rejoint l’équipe de Gianpiero Moretti, ainsi que le Horag/Lista Racing, équipe pour laquelle il pilotera jusqu’en 2008 (Le Mans Series sur une Porsche RS Spyder). Cette nouvelle page lui apportera un titre en Grand-Am en 2002, ainsi que deux victoires aux 24 Heures de Daytona (1998 et 2002), et une aux 12 heures de Sebring (2002).

Theys avait également remporté les 24 Heures de Spa en 1987 et avait terminé troisième des 24 Heures du Mans 1999 sur une Audi R8. Sa dernière victoire restera les 1000 km de Monza en 2007 sur une Lola Judd du team Horag.

L’heure de la retraite a aujourd’hui sonné pour Didier Theys. Il était prévu à l’origine que Didier stoppe à la fin de la saison 2009. Mais les difficultés économiques, encore elles, l’ont conduit à anticiper cette annonce.

Didier Theys restera impliqué dans le sport automobile comme consultant et comme « driving coach ». Toujours sympathique et disponible, nous espérons revoir régulièrement Didier dans les paddocks.

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