La fin de saison bluffante de Mario Moraes

Quand Mario Moraes est arrivé sur la scène sportive américaine, il avait 19 ans et sortait d’une saison de F3 anglaise à l’issue de laquelle il s’était classé quatorzième. De quoi laisser dubitatifs la plupart des observateurs.

Des doutes rapidement confirmés par les premières prestations du « bambin » : seizième et dernier à treize tours pour son premier départ à Miami, seizième de nouveau à St. Pete, abandon sur touchette dès le cinquième tour à Long Beach pour la course d’adieu au Champ Car…

Le reste de la saison est à l’avenant. En dehors de trois top 10, Mario est classé au delà du top 15 dans toutes les autres manches de la saison Indycar 2008. Seules une septième place à l’arrivée de Watkins Glen et une dixième sur la grille de départ à Edmonton sauvent sa saison du désastre complet et laissent entrevoir une pointe de potentiel chez le Brésilien.

Aussi la signature de Moraes chez KV Racing au début 2009 crée la surprise. Quand Jimmy Vasser explique qu’il a été impressionné par la première saison de son nouveau pilote, les commentaires ironiques fusent. Personne ne doute que Moraes ne doive son volant à des arguments sonnants et trébuchants plutôt qu’à son coup de volant.

Pourtant, alors que la saison touche à son terme, il faut bien reconnaître que le champion CART 1996 ne s’était pas trompé. Dès la troisième course de la saison sur le Kansas Speedway, Moraes se qualifie sixième. A partir de là, le jeune pilote devient un habitué des bonnes performances en qualification.

Restait à convaincre en course, ce qui était jusqu’ici le talon d’achille de Moraes. A la veille de la course de Mid Ohio, que Mario ne pourra disputer en raison du décès de son père, il ne comptait que deux top 10, bilan insuffisant malgré une pointe de vitesse évidente.

Mais à son retour sur l’Infineon Raceway, il se classe quatrième. A Chicago, il décroche son premier podium. Et le week-end dernier à Motegi, il finit cinquième après avoir été à deux doigts de décrocher la pole position.

En trois courses, Mario Moraes est donc passé du statut de pilote brouillon à celui de jeune espoir. Une progression qui n’est pas sans rappeler celle de Nelson Philippe, lui aussi arrivé très – trop – jeune en Champ Car. Comme dans le cas du Français, il aura fallu plusieurs mois, près d’un an et demi, pour que Moraes commence à gagner en maturité et décroche ses premiers galons en piste.

Mario Moraes va maintenant devoir confirmer. Alors que certaines rumeurs l’annoncent en contact avec Michael Andretti pour la saison prochaine, il lui faudra passer la vitesse supérieure et prouver qu’il peut tenir le rythme sur une plus longue période.

Ce qui est certain, c’est que Mario est en bonne voie. Et à même pas 21 ans, il a le temps pour lui.

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