Essai concluant pour Meira et Piquet

Deux semaines après avoir effectué son retour en piste à Indianapolis en IndyCar, Vitor Meira s’est rendu mardi dernier sur l’ovale du Motor Mile Speedway long de 0,416 mile afin de rejoindre l’écurie Red Horse et Nelsinho Piquet. Engagée en NASCAR Truck Series, l’équipe a dédié sa journée à des tests d’évaluation aussi bien portés sur la machine que sur les pilotes. Initialement prévu sur le célèbre ovale de Rockingham, le lieu a changé pour cause de pluie.

Vitor Meira :
Malgré sa décision de rester en IndyCar la saison prochaine, Vitor Meira n’exclut pas une possible reconversion une fois sa carrière en monoplace terminée. Et au vue de l’éloge que fait le Brésilien de la NASCAR, on peut dire que ses premiers tours de roues l’ont rendu très heureux.

Je suis content d’avoir eu la possibilité d’essayer ce Truck pour voir à quoi ressemble le pilotage de l’une de ces choses. Est-ce que cet essai me mènera vers quelque chose en NASCAR et serai-je capable d’en tirer profit ? Le temps le dira. Mais je suis très heureux de l’avoir fait.

Pour chaque pilote dans le monde, si vous n’envisagez pas la NASCAR, c’est que quelque chose ne va pas. C’est une super forme de course, qui a de très bons pilotes et offre une grosse compétition. Ils ont fait un très bon travail pour être reconnu comme l’une des meilleures catégories de sports mécaniques, et n’importe quel pilote serait heureux d’en faire partie.

En revanche, le pilote A.J. Foyt Entreprises insiste sur le fait que piloter un Truck sur un ovale, même pour un pilote d’IndyCar n’a rien d’évident. Un gros travail de remise en question est nécessaire afin de comprendre le fonctionnement d’une voiture de NASCAR (un avis sur lequel Danica Patrick réfléchira sans doute).

En venant faire cet essai je connaissais un peu les ovales. Mais venir d’une IndyCar à ce Truck, techniquement, je devais tout jeter par la fenêtre. Absolument tout, du ressenti donné aux ingénieurs et à l’équipe, jusqu’à la manière dont l’écurie tente de résoudre les problèmes est différent. Avec un Truck, beaucoup de modifications que vous effectuez pour le rendre plus rapide sont mécaniques, afin de trouver de l’adhérence.

La remarque de Meira est on ne peut plus intéressante. Cela montre le fossé qu’il existe entre les monoplaces d’IndyCar qui reposent sur leur efficacité aérodynamique et la NASCAR qui réclame un travail plus à “l’ancienne” sur les suspensions, les amortisseurs, le train avant et arrière… Evidemment le fait de jouer sur les éléments mécaniques influent sur l’aérodynamique lorsque le train avant est chargé en appui, mais le gros du travail porte sur les éléments en contact avec la piste.

Ca ne ressemble à rien de ce que j’ai déjà fait. Mon expérience sur routiers en IndyCar et auparavant, m’aide vraiment plus que toute mon expérience sur ovale. Dans un Truck, vous devez appréhender la piste comme un petit circuit routier. Vous devez être capable de rentrer très vite dans le virage et freiner, mais pas trop pour ne pas ruiner la sortie. C’est la meilleure description que je peux vous faire.

Une fois encore ce ressenti traduit bien les différences entre les deux championnats. D’un côté l’IndyCar avec ses ovales très rapides où les pilotes roulent à fond (pour la majorité des pistes visitées) grâce à l’énorme appui généré par les monoplaces. De l’autre côté de la frontière, on trouve les Trucks qui se rendent sur tout type d’ovales nécessitant une grand finesse dans le pilotage pour gérer au mieux la transition entre les lignes droites et l’entrée dans le virage sur le banking tout en freinant. Et ceci est la partie la plus compliquée en NASCAR : jouer avec le transfert des masses au freinage ou à la décélération pour inscrire la voiture en courbe sans perdre l’arrière.

Au terme de la journée, Vitor Meira a bouclé le programme prévu en parallèle de son compère brésilien.

Nelsinho Piquet :
Pour son retour au volant suite à son éviction du Renault F1 Team, le fils du triple champion Nelson Piquet a traversé l’Atlantique pour découvrir la physionomie des courses nord-américaines. Au terme de la journée, lui aussi était tout sourire, très satisfait de sa journée et impressionné par le potentiel de ces machines qu’il découvrait.

J’étais surpris en fait par leur vitesse sur un ovale. C’est très sympa, et pas aussi facile que beaucoup de personnes pourraient le penser. Cela requière une technique de pilotage différente pour être rapide, mais j’étais chanceux d’avoir une super équipe pour m’aider à m’adapter aux différences du pilotage sur ovales.

Le Brésilien de 24 ans en revanche n’a pas été surpris par les exigences physiques d’un Truck en comparaison de ce qu’il a connu en Formule Un :
C’est plus facile dans un Truck. Puisque les lignes droites sont courtes, vous tournez presque toujours. Et les temps au tour sont si courts. La plus grosse différence est de s’habituer mentalement à tourner en rond. Si vous ratez un virage, cela représente la moitié du circuit, et votre temps reflètera ça. Vous devez vraiment rester concentré et avoir un rythme parce que vous essayez de passer sur les mêmes repères encore et encore.

Cette expérience fut pour Piquet l’occasion de nouer des contacts dans ce milieu. En effet, malgré son enthousiasme après cette séance, l’ex-pilote Renault a tenu à préciser qu’il n’était pas prêt pour s’engager dans un futur proche dans l’un des championnat NASCAR tant qu’il n’aura pas pris le temps de bien y réfléchir.

Enfin du côté de Tom Deloach, le Directeur du team Red Horse Racing, il s’est déclaré impressionné à la fois par Meira mais également par Piquet. Leur expérience en monoplace aurait pu les déstabiliser mais finalement tout deux ont su progresser petit-à-petit pour s’adapter plus rapidement à une voiture deux fois plus lourde qu’une monoplace.

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