J.-R. Hildebrand à la découverte de la F1

Jerez de la Frontera, mardi 1er décembre 2009. Les F1 sont sur le point de prendre la piste pour la dernière fois de l’année. Au programme pour les neuf équipes présentes, l’évaluation d’une poignée de jeunes pilotes. Parmi eux, et c’est un petit événement en soi, deux pilotes américains sont sur le point de faire connaissance avec la catégorie reine.

Pour Alexander Rossi, c’était prévu depuis longtemps. BMW lui avait promis un test suite à sa victoire dans la coupe du monde de F. BMW en 2008. Le jeune Rossi, auteur d’une bonne saison 2009 en F. Master et tout récemment d’une belle entrée en matière en GP2 Asia, se montrera plutôt convaincant au volant de la BMW (il occupait même le haut de la hiérarchie à un moment de la matinée).

Quant au Californien J.-R. Hildebrand, présent chez Force India, c’était en revanche une grosse surprise que de le retrouver là. Tout au plus avait-on vaguement entendu son nom parmi les éventuels postulants à un volant chez USF1. Mais personne ne s’était attendu à le voir à Jerez au volant de la Force India. L’équipe Indienne avait surpris son monde en annonçant que J.-R. était sélectionné pour ce test aux côtés de Paul di Resta.

Cette saison, J.-R. Hildebrand a remporté de fort belle manière le championnat Indy Lights, antichambre de l’Indycar. Sans vouloir rabaisser son mérite, il faut quand même reconnaître que ce succès n’en faisait pas un prétendant désigné à un test en F1.

Pourtant, J.-R. a eu l’occasion cette année de s’installer à bord du simulateur de l’équipe Force India, et le résultat a favorablement impressionné les ingénieurs de l’équipe, au point de les convaincre de lui confier le volant de la VJM02.

Force India était présente à Jerez avec une seule monoplace, que di Resta et Hildebrand se sont échangées toutes les demi-journées. Le jeune américain était le premier à prendre la piste mardi matin. Un premier contact passé à découvrir la voiture et à tester différentes gommes. Au niveau des chronos, ce premier contact est plutôt positif puisque J.-R. avait le cinquième temps au moment de passer le relais à di Resta. Au total, l’Américain a couvert 49 tours (213 km).

J.-R. Hildebrand : « J’ai été très impressionné par l’agilité de la voiture. Elle est différente de tout celles que j’ai pilotées, tant en terme de rapidité qu’en terme de comportement, notamment au freinage et dans les virages. La vitesse en elle-même ne m’a posé de problème puisque j’ai l’habitude de rouler sur ovale, mais c’est plus la charge aéro et la vitesse en courbe qui demandent un temps d’acclimatation. J’ai commencé à prendre la mesure de la voiture en fin de matinée. »

« Nous étions cinquième quand ma journée a pris fin, je suis donc plutôt satisfait de cette première journée. J’ai pu m’améliorer au fur et à mesure de la matinée. Mon cou est un peu douloureux mais je pense que tous les autres diront pareil. Nous avons un programme de tests très structuré. Tout le monde est sur des programmes différents, avec plusieurs types de pneus, des voitures plus ou moins chargée et des solutions à évaluer pour 2010. C’est donc difficile de se comparer aux autres. Pour la suite, je vais surtout me concentrer sur mon programme, sans me préoccuper de ce que font les autres. »

Le deuxième jour, J.-R. Prenait la piste l’après-midi (temps froid et pluie légère en début de séance). Il complétait 49 tours (213 km) et signait un temps de 1:20.517. Il était notamment chargé de rouler avec le plein et une voiture lestée afin de simuler une monoplace en configuration 2010 (les ravitaillements seront interdits et les voitures seront donc plus lourdes puisqu’elles devront embarquer le carburant nécessaire pour toute la course.

J.-R. Hildebrand : « Quand nous avons commencé le test, nous avons testé différents réglages de freins, ce qui ne m’avait pas vraiment convenu. Les deux premiers runs d’aujourd’hui m’ont permis de travailler à nouveau là-dessus, ainsi que de me ré-acclimater à la piste qui avait plus de grip aujourd’hui. En venant à Jerez, je craignais d’avoir du mal à bien exploiter le potentiel de la voiture dans les virages rapides, mais j’ai pu aujourd’hui bien progresser dans les deux sections rapides du circuit et je suis très satisfaisant de ces progrès. Mon meilleur tour aujourd’hui a été signé lors d’un run où nous avons utilisé des réglages moteur assez conservateurs. Je suis néanmoins satisfait de mon temps. En terme de confiance et de confort, c’était bien mieux aujourd’hui. »

Jeudi matin, Le temps est une nouvelle fois couvert, avec de petites averses. J.-R. a pu couvrir 41 tours (178 km) et baisser son meilleur temps de la semaine en 1:19.873. Son programme comprenait des tests aérodynamiques et mécaniques. Au moment de céder le volant à Paul di Resta pour la dernière après-midi du test, J.-R. occupe une nouvelle fois le cinquième rang dans la hiérarchie des chronos. Des problèmes électroniques l’empêchaient de faire mieux au moment où il avait la possibilité de chausser des pneus neufs.

Au moment du bilan, il faut reconnaître que même si Paul di Resta s’est montré régulièrement plus rapide (le pilote écossais dispose quand même d’un autre bagage, avec un titre F3 Euroseries – en battant Sebastian Vettel ! – et déjà deux précédents tests F1 avec McLaren), J.-R. a quand même fait très bonne impression à Jerez.

Personne n’attendait le champion Indy Lights 2009 aussi bien placé dans la hiérarchie. Alors quel avenir pour Hildebrand ?

Si le poste de pilote de réserve Force India devrait logiquement revenir à Paul di Resta, nous connaissons une autre équipe qui débute en F1 et qui chercherait de jeunes américains à lancer en F1. Avec Hildebrand, elle aurait un pilote qui semble avoir le niveau requis, et qui a maintenant accumulé suffisamment de kilomètres pour pouvoir prétendre à une super-licence.

Affaire à suivre, mais il serait vraiment dommage que l’aventure s’arrête ici pour J.-R.

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