15/10/2000 : la dernière d’un géant

Il y a des lieux qui pour l’éternité sont associés à une personne. Le Talladega Superspeedway en fait partie ; le pilote qui lui est associé n’est ni plus ni moins que le septuple champion de la NASCAR Sprint Cup Series, le regretté Dale Earnhardt.

L’Intimidator, comme il a été longtemps surnommé tout au long de sa carrière, compte dix victoires sur cet ovale de tous les records. Dix ans après sa dernière victoire, personne ne l’a atteint.

En 1987, Bill Elliott est le premier pilote à descendre sous la barre des 45 secondes sur un tour soit une vitesse moyenne de près de 213 mph (212,809 pour être précis). Dans les mois qui suivent la NASCAR se décide à instaurer des plaques de restriction afin de limiter la puissance des moteurs.

Il en résulte des courses en paquets qui font saliver spectateurs et téléspectateurs. Certains pilotes, comme Mark Martin les qualifient de courses loteries. A l’opposé du quintuple vice-champion, Dale Earnhardt, il adore ces courses et son palmarès parle pour lui.

Preuve que Dale Earnhardt avait quelque chose en plus par rapport à ses adversaires sur les courses à plaques de restriction, il s’est toujours imposé au moins une fois par saison sur ces courses – qu’elles comptent pour le championnat ou non – de 1988 à sa mort en 2001, à l’exception faite de 1989 et de 2001.

En cette année 2000, Dale Earnhardt se présente pour cette seconde course de Talladega sans aucune victoire sur les courses à plaques de restriction. Mais il est aussi le tenant du titre sur le gigantesque anneau de l’Alabama. De plus, pour la septième fois de sa carrière, Dale Earnhardt fait partie des cinq pilotes qui recevront un million de dollars supplémentaires en cas de victoire. Problème, lors de ses six dernières participations au No Bull 5, Dale Earnhardt ne s’est jamais imposé.

La pole position avait été décrochée par Joe Nemechek, mais sur ce genre de piste cela ne sert pas à grand chose, hormis à choisir un bon emplacement dans les stands afin d’éviter les embûches lors des arrêts.

Les pilotes allaient se mettre en action dès l’agitation du drapeau vert. De temps mort, la course n’en connaîtra pas. Deux pilotes allaient rapidement se montrer régulièrement en tête de l’épreuve et prouver ainsi aux quarante-et-un autres qu’ils seraient de grands favoris pour la course. Jeff Gordon d’une part, qui s’était imposé depuis la trente-sixième place sur la grille sur cette même piste au mois d’avril et Dale Earnhardt qui avait à cœur de conserver son titre sur cette piste de l’Alabama. (NDLR : il s’était imposé en 1999 lors de cette même épreuve.)

Le pilote de la Chevrolet n°3 de la Richard Childress Racing allait cependant faire le yo-yo tout au long de la course, mais sa faculté à remonter au moment opportun était impressionnante.

Trois neutralisations vinrent ralentir cette épreuve pour un seul accident, lors de la dernière série de ravitaillement sous drapeau vert, à une vingtaine de tours du drapeau à damier, Mark Martin et Bobby Hamilton ne se sont pas compris et le pilote de la Roush Racing envoya la Chevrolet n°4 frapper violemment le muret des stands.

Lors des six derniers tours Earnhardt a remonté seize places pour s’imposer dans l’un des finals les plus haletants de l’Histoire. Se trouvant parfois à quatre de fronts il n’hésitait pas à bumper et à se frayer un chemin, quitte à toucher ses adversaires.

Sur la Victory Lane, il sera incapable de décrire la façon dont il avait gagné. Fans, officiels et pilotes étaient bouche bée de voir le talent de l’Intimidator encore en action dans les derniers tours. Mister Restrictor plates venait une nouvelle fois de frapper.

Dale Earnhardt : “Honnêtement je ne sais pas comment j’ai gagné. On était devant puis derrière puis de nouveau devant.”

Après avoir pris la tête de l’épreuve à l’amorce de la dernière boucle, Dale Earnhardt s’est ensuite appliqué à casser le draft de ses adversaires en slalomant de droite à gauche dans la ligne droite
arrière. Earnhardt a finalement coupé la ligne devant Kenny Wallace, Joe Nemechek, Jeff Gordon, Terry Labonte, Mike Skinner, Mark Martin, Rusty Wallace, Mike Bliss et Matt Kenseth.

Dale Earnhardt : “Je ne peux pas comparer cette victoire avec toutes les autres courses que j’ai remportées. Revenir de l’arrière pour aller gagner est assez incroyable. C’est l’une des meilleurs courses, sinon la meilleure, à Talladega que je n’ai jamais courue.”

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