Histoire de l’IRL (2/3) : croissance et décadence

Nous y sommes. Le cauchemar tant redouté par les amoureux de la course automobile américaine s’est produit. Un nouveau championnat est né sous l’impulsion de Tony George. Lors d’une manifestation le 4 novembre 1995, le groupe FUTSI condamnait la politique destructrice de l’IRL envers la plus grande course de monoplaces au monde et son championnat. Et force est de constater qu’il avait vu juste. Avec un plateau composé d’anciens sur le retour, de pilotes moyens dont la plupart n’auraient jamais pu accéder à l’IndyCar en temps normal, tout cela au volant d’anciennes monoplaces du CART, il était facile de constater que cette première édition du championnat IRL ferait pâle figure comparé à sa cousine, le CART.

Alors pour se démarquer davantage, l’IRL adopte un tout nouveau règlement dès 1997. Pour se défaire de l’image d’une série cousine du CART, Tony George prend exemple du côté de l’autre championnat automobile montant : la NASCAR. De là lui vient l’idée de proposer une série monoplace proche de l’industrie automobile. C’est comme cela que le moteur turbo fut abandonné pour un moteur atmosphérique de 4,0L dérivé de la production. Les “stock-blocks” prennent le pouvoir dans des châssis entièrement repensés offrant davantage d’appui aérodynamique. C’est le début de l’ère moderne de l’IRL. A cette époque et pour la deuxième saison de l’IRL, les maîtres mots sont “spectacle” et “courses en paquets”.

Dès les premiers tours de roues, le choc est immédiat. Ces nouvelles voitures émettent un bruit de stock-car qui sied très peu avec la représentation que tout le monde se fait d’une monoplace. Les courses sont spectaculaires certes, mais davantage par la proximité des voitures entre elles que par le niveau de pilotage requis et tout ceci au détriment de la sécurité. De nombreux accidents se produisent envoyant plusieurs pilotes à l’hôpital ou en pré-retraite. Avec ce virage pris par l’IRL, George atteignit son objectif. La série ne marchait plus sur les plates-bandes du CART et voulait désormais attirer les fans de la NASCAR.

Pour aller davantage dans ce sens, l’IRL modifia encore sa règlementation lors de la saison 2001. La cylindrée des moteurs fut réduite à 3,5L et ces derniers ne devaient plus être dérivés de la série. Les coûts augmentèrent alors légèrement mais l’idée était d’attirer de nouveaux motoristes. Infiniti, marque de luxe de Nissan alors en pleine croissance sur le marché américain, décide alors de s’engager pour venir défier Chevrolet. Deux ans plus tard, les Japonais du CART pointent le bout de leurs nez. Honda et Toyota entrent dans la bataille et mettent à mal le motoriste américain. La série attire dans ses rangs les puissantes écuries du CART poussées par leurs sponsors comme Penske, Andretti-Green Racing, Chip Ganassi Racing et Rahal Letterman Racing. Cette fois les coûts explosent ! Pour la première fois, courir en IRL coûte plus cher que de s’engager en CART et nombreuses sont les petites structures à jeter l’éponge. Elles-mêmes qui étaient venues à l’origine pour bénéficier d’un championnat offrant des coûts maîtrisés… L’IRL entre dans une nouvelle ère, “la déc-sance”.


Pourquoi ce terme de “déc-sance” ? Tout simplement parce que l’IRL est à ce moment en train de vivre une période contrastée. Au fil des années, le changement d’image radical de l’IRL a coûté à l’Indy 500 sa place de Reine parmi les courses américaines. Les spectateurs ne reconnaissent plus l’épreuve qu’ils ont tant chérie. Ainsi au début des années 2000 et pour la première fois de son histoire, le Daytona 500 enregistre de meilleures audiences que l’Indy 500. Dès lors, les sponsors commencèrent à quitter le navire pour rejoindre la NASCAR. Et sur le marché du sport automobile, l’IRL et la monoplace américaine est en pleine décadence.
Mais dans le même temps, sa situation face au CART a changé. Dominatrice sur sa cousine qui peine à survivre, l’IRL tente même de racheter le défunt CART en décembre 2003 en vain. Voilà pourquoi nous pouvons associer à la décadence, le terme de croissance (d’où le terme “dec-sance”).

Face à la tentative de rachat du CART par l’IRL, Gerald Forsythe, Paul Gentilozzi et Kevin Kalkhoven s’associent pour reprendre en main la destinée de leur championnat. Il sera désormais connu sous le nom de ChampCar World Series. Las, leurs efforts ne dureront que trois ans, de 2004 à 2007.En pleine crise identitaire, le ChampCar renie son passé en ne se produisant que sur des circuits routiers et urbains. Le plateau est famélique, le spectacle souvent absent et à l’instar de l’IRL lors de sa création, le ChampCar n’attire que des seconds couteaux. Les fans de la première heure crient au scandale et se lassent.

Arrive alors en février 2008 tel un boulet de canon cette information. L’IRL et le ChampCar serait sur le point de fusionner. Bien que de nombreuses rumeurs aient été lancées chaque année suite à des réunions entre Tony Georges et Mario Andretti, cette fois-ci, il semble plus que probable qu’après 11 ans de séparation, les deux entités se rejoignent à nouveau pour ne former qu’un seul et unique championnat de monoplaces de “style Indy”. Le ChampCar malade depuis trop longtemps a accepté l’offre de rachat de l’IRL et, le 22 février 2008, la monoplace américaine est à nouveau réunifiée pour le plus grand bonheur de tous !

Cette annonce arriva au meilleur moment aussi bien pour le ChampCar que pour l’IRL qui voyait sa survie de plus en plus menacée. Faisons table rase du passé et place donc au renouveau de l’Indy Car.

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