Billet d’humeur : La voix du Speedway s’est éteinte

Ces derniers mois, les bonnes nouvelles s’enchainaient pour l’INDYCAR. C’est durant cette période faste que l’un des hommes les plus importants de l’INDYCAR a décidé de tirer sa révérence. Comme un symbole…

En effet dans un communiqué de presse publié par l’Indianapolis Motor Speedway, nous venons d’apprendre le décès de la voix la plus mythique du circuit. A l’âge de 91 ans, Tom Carnegie nous a quitté, parti vers d’autres horizons où il pourra rejoindre les héros qu’il a côtoyés et observés dans sa deuxième demeure : l’ovale d’Indianapolis. Après avoir connu la période dorée de la monoplace américaine des années 50 à 90 puis les années de vaches maigres pendant la scission, Carnegie a pu partir en paix, soulagé de voir l’IndyCar de retour sur la voie du succès.


Cette nouvelle m’attriste particulièrement pour trois raisons.
D’abord et aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours entendu parler d’un annonceur particulier à Indianapolis. Evidemment en grandissant et en construisant ma culture de l’IndyCar j’ai découvert avec bonheur ce personnage atypique qu’US-RACING vous avait proposé de découvrir plus en détail lors du mois de mai 2010. Ce genre de personne qui vous transporte lorsqu’elle vous raconte une histoire. Ce genre de personne qui, lorsqu’elle plonge dans ses souvenirs et au travers des mots qu’elle choisit, vous donne le sourire et vous procure un lot d’émotions inqualifiables. Pour vous en convaincre, je vous invite à regarder cette vidéo, parue l’année dernière à l’occasion des 94èmes 500 Miles d’Indianapolis :

Problème Technique, merci de revenir ultérieurement

Ensuite l’édition 2011 des 500 Miles d’Indianapolis représente le centenaire de la course. Et comment imaginer cet anniversaire si important pour ce championnat sans celui qui a passé 60 ans de sa vie à commenter les exploits des plus grands pilotes ? Plus que nul autre, il aura contribué à donner cet aspect dramatique aux qualifications de l’Indy 500. Comme le dit si bien Donald Davidson, historien de l’Indianapolis Motor Speedway : “Tom Carnegie a fait lever la foule bien plus que n’importe quel autre être humain lors des qualifications.

Sa façon unique de relater les faits sur le circuit vous donnait des frissons. A l’image d’un comédien, Carnegie n’hésitait pas à improviser pour tenir en haleine les quelques 150 000 spectateurs présents lors du Pole et du Bump Day. A l’époque, le chronométrage électronique n’existait pas, les écrans géants non plus et seul l’annonceur pouvait transférer l’information aux spectateurs. C’est ainsi que ses fameux “He’s on it !” (plutôt “heeee’z on it!”) lorsqu’un pilote passait sous le drapeau vert durant les qualifications ou encore “It’s a new track record !” (plutôt “iiiiiitt’s a neeeww traaaack record!”) naquirent. Aussi lorsqu’au début des années ’90 les ordinateurs permirent aux spectateurs de suivre en temps réel les performances d’un pilote, Carnegie s’est en légèrement attristé. Mais la passion lui a permis de braver une santé fragile et de continuer jusqu’en 2006 où après la fantastique bataille entre Sam Hornish Jr. et Marco Andretti, il décida de prendre une retraite bien méritée, justifiant qu’après cette arrivée, il n’en verrait plus d’aussi belle.

Enfin sa disparition laissera à jamais un vide dans ma liste de “choses à faire”. Au mois de mai, il y a de fortes chances pour que je parte couvrir les 500 Miles, et dans mon esprit, j’avais déjà prévu de rencontrer “LA” voix du Brickyard. Car même affaibli par la maladie, Carnegie ne ratait jamais une édition de l’Indy 500 et ne rechignait jamais à passer du temps avec les spectateurs ou à poser pour une photo. Cette année il n’en sera rien, et jamais je n’aurai l’occasion de dévorer ses nombreuses anecdotes…

On dit souvent et à juste titre d’ailleurs que l’Indy 500 couronne les meilleurs pilotes du monde et que ce sont ces mêmes pilotes qui ont construit la légende d’Indianapolis. Mais une chose est sûre, sans Tom Carnegie, jamais l’Indy 500 n’aurait atteint ce niveau de popularité.

Les 95èmes Indy 500, en plus du centenaire seront également l’occasion de rendre un vibrant hommage à celui qui s’est investi à 100% dans sa passion et qui l’a transmis à des milliers de personnes. Malgré les 250 000 spectateurs présents au mois de mai, l’Indianapolis Motor Speedway paraîtra bien vide…

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