La double ligne jaune fait encore parler d’elle

Le début de la polémique remonte à la seconde course de Talladega 2008. Rappelez-vous : à l’entrée du tri-ovale lors du dernier tour, Regan Smith décide d’attaquer Tony Stewart en plongeant à l’intérieur. Stewart ne se laisse pas intimider et contre Regan Smith qui se voit contraint de passer sous la ligne jaune pour dépasser Stewart sans le mettre dehors. Le jeune pilote DEI coupe finalement la ligne d’arrivée en vainqueur mais la NASCAR décide de le déclasser.

La règle stipule pourtant que cette ligne peut être franchie pour dépasser en cas de force majeur. Visiblement pour la NASCAR cette action n’était pas légitime. Un an plus tard, rebelote avec le résultat que l’on connait : Carl Edwards décolle et se retrouve propulsé dans les grillages, blessant quelques personnes dans le public et provoquant une énorme frayeur aux spectateurs.

Keselowski a retenu la leçon et a tout fait pour dépasser ce qui est désormais une double ligne jaune qu’il est formellement interdit de dépasser pour améliorer sa position. Mais le résultat aurait pu s’avérer dramatique comme il aurait pu l’être un an plus tôt.

Lors du Budweiser Shootout, la même configuration est revenue avec Denny Hamlin et Ryan Newman. Le pilote Gibbs n’a pas cherché le combat et s’en est allé sous cette fameuse double ligne, même si dans son cas il était quasiment devant la Chevrolet n°39 avant le virage. Hamlin a perdu la course sur tapis vert, sans regrets mais en étant déçu tout de même. Au moins a t’il décidé d’éviter l’accident puisqu’il s’agissait d’une épreuve hors championnat.


Mais lors du Daytona 500, personne ne passera sous la ligne et advienne que pourra. L’enjeu est bien trop grand et les positions à l’arrivée comptent lors de ‘The Great American Race’. Ce qu’il faut préciser, c’est que cette règle s’applique en course mais pas lors des essais. Ainsi lors de la séance de qualifications, bon nombre de pilotes ont terminé leur second tour sous la ligne jaune, ce qui était même conseillé !

Evidemment, cette double ligne jaune fait parler dans le peloton et chacun à son avis sur la question comme Kyle Busch par exemple : “On ne veut pas d’arrivées controversées lors de ces épreuves. Notre sport n’est pas fait pour ça. On ne veut pas que la NASCAR décide du vainqueur. Ca serait bien si l’on pouvait faire ce que l’on veut jusqu’au drapeau à damier. Mais si l’on retire cette double ligne jaune, cela pose un autre problème. Si c’était comme ça, un gars pourrait vous bloquer sur la ligne et vous emmener jusqu’à l’herbe, ce qui provoquerait également un accident assez conséquent.”

Brian Vickers a également donné son avis sur la question : “Si l’on veut vraiment trouver une solution, autant tout accepter après le dernier virage. Mais c’est irréalisable. Je ne pense pas que la NASCAR fasse un règle spéciale pour les premiers 499 miles. Mais si j’étais à leur place, je ne voudrai pas prendre cette décision surtout pour les Daytona 500. Si nous voulons aller sous cette ligne ou dans le gazon, laissez-nous faire !”

La ligne jaune est donc le premier souci de tous les pilotes et paradoxalement interdire le franchissement de cette ligne ne fait qu’augmenter le danger. Cependant son élimination ne représente peut-être pas la meilleure solution.

Le problème existe en fait depuis l’introduction de la COT. Avec des faces avants et arrières très plates et justement faites pour que l’avant d’une voiture ne puisse plus passer sous l’arrière d’une autre, les pilotes peuvent maintenant se coller les uns aux autres sans trop de risques, ce qui n’était pas le cas avec les anciennes voitures ou le draft en virage était extrêmement dangereux.

Egalement interrogé, le champion 1989 de la NASCAR Sprint Cup, Rusty Wallace, affirme de son côté que les problèmes imputables à cette ligne existent depuis bien longtemps sur les ovales à plaques de restriction : “A l’époque, nous avions le droit d’aller sous la ligne intérieur. Mais c’est toute la file qui passait sous la ligne et certains passaient carrément dans l’herbe puisque certains bloquaient à tout bout de champ. Il faut garder cette ligne.”

La NASCAR n’a de toute façon pas l’intention de changer d’avis sur la question comme l’a affirmé son président de la compétition, Robin Pemberton : “Une règle est une règle.” Si cela a le mérite d’être clair, cette réponse ne fait pas avancer le débat.

Le mot de la fin pour Kevin Harvick : “Denny Hamlin n’avait aucune raison d’aller sous cette double ligne jaune. Il avait déjà dépassé Newman, il n’avait donc pas besoin d’y aller. On voit ici les limites de certaines règles. Tout est dangereux lors de ces courses. Nous allons jusqu’à 206 mph. Si vous n’acceptez pas cela, allez donc vous assoir dans les tribunes.”

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