Daytona 1989 : Quand Bob Wollek a ressuscité la 962

Daytona 1989. Nous sommes alors aux plus belles heures de l’IMSA GTP, l’un des championnats américains les plus intéressants de l’époque. Les 24 Heures de Daytona et les 12 Heures de Sebring faisaient encore partie du même championnat. Sur les grilles de départ, il y avait des protos Jaguar, Porsche, Nissan ou encore Toyota. Les grands noms de l’Endurance étaient là. Ils avaient pour nom Bob Wollek, Hans-Joachim Stück, Klaus Ludwig, Derek Bell, Andy Wallace, John Paul Jr., Geoff Brabham ou encore Jan Lammers.

L’IMSA GTP sortait d’une saison survolée par les Nissan GTP-ZX Turbo engagées par l’équipe Electramotive. Geoff Brabham avait régné sans partage sur le championnat 88, les Nissan décrochant neuf victoires sur les quatorze manches, ne laissant que les miettes à la concurrence.

Après des années de domination, les Porsche étaient donc en perte de vitesse, d’autant plus qu’elles avaient également dû s’incliner face à Jaguar en début d’année aux 24 Heures de Daytona, épreuve que le constructeur avait remportée sans discontinuer de 1977 à 1987.

La marque allemande avait également été durement touchée en 88 par le décès dans un accident d’avion de Al Holbert (responsable de Porsche Amérique du Nord, la structure qui avait en charge les programmes sportifs de Porsche aux USA).

1989 s’annonçait comme l’année de la confirmation du déclin des 962. Pourtant, lors des 24 Heures de Daytona, épreuve d’ouverture du championnat, un trio de pilotes composé de Bob Wollek, Derek Bell et John Andretti allait redonner le sourire à l’usine Porsche et à ses clients.

Leur arme ? Une superbe 962 blanche et or, aux couleurs des bières Miller High Life, et à la ligne revue et corrigée par Jim Busby. Assurément l’une des plus belles 956/962 engagées en course.

Aux essais, Geoff Brabham avait fait parler la puissance de sa Nissan et avait décroché la pole devant la Jaguar de Jan Lammers et la seconde Nissan de Chip Robinson.

Dès le départ, c’est pourtant la Porsche de Klaus Ludwig qui prenait le commandement à la surprise générale, alors que Derek Daly (sur une Jaguar qu’il partageait avec Patrick Tambay et Martin Donnelly) accrochait la Nissan de Michael Roe. Coque percée, la Jaguar restait sur le carreau. Et un protagoniste de moins, un !

A la nuit tombée, Geoff Brabham caracolait en tête, suivi par la Jaguar de Lammer/Boesel/jones et la Porsche de Wollek/Bell Andretti. La Nissan n’avait jusqu’ici jamais été fiable sur de longues distances, donc la présence de Brabham en tête était une surprise pour tous à ce stade. C’est même la Jaguar de Jones qui rendait l’âme la première, moteur cassé. Et une deuxième Jaguar retirée des débats !

A deux heures du matin, la course était neutralisée pour cause de brouillard. L’interruption allait durer quatre heures. Au nouveau départ, Brabham reprenait le commandement avec un tour d’avance sur la seule Jaguar rescapée (Wallace/Cobb/Nielsen/Lammers), trois sur la discrète et régulière Porsche de Wollek/Bell/Andretti et neuf sur la Porsche de John Paul, Jr.

Ce que tout le monde redoutait chez Electramotive se produisait finalement à dix heures du matin : la Nissan de tête de Brabham/Robinson/Luyendyk/Roe abandonnait, moteur cassé.

La Jaguar récupérait donc la tête mais était rapidement victime de surchauffe et devait marquer plusieurs arrêts pour que les hommes de Tom Walkinshaw trouvent une solution au problème.

Et c’est ainsi que la Porsche de Bob Wollek et de ses acolytes s’est retrouvée en tête. Reparti au volant de la Jaguar, Price Cobb sortait la grosse attaque, revenait sur la Porsche… et partait en tête-à-queue ! La Porsche était également avantagée par sa faible consommation par rapport à la Jaguar. Le temps gagné en piste par les Anglais était perdu lors des ravitaillements.

C’est à Bob Wollek que la responsabilité de piloter les deux dernières heures était confiée. L’Alsacien ne faisait pas mentir sa réputation de pilote rapide et solide et passait la ligne avec 1’26’’ d’avance sur Jan Lammers, offrant à Jim Busby une victoire qu’il attendait depuis 15 ans. Les vainqueurs avaient complété 621 tours et couvert 2210,76 miles.

Pour Bob Wollek, c’était le troisième succès à Daytona après ceux de 1983 et 1985. Une quatrième victoire allait suivre deux ans plus tard… toujours sur une Porsche 962 !

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