Les courses en duos sont faites pour durer


Jeff Gordon est l’un des six pilotes à avoir coupé la ligne d’arrivée des Aaron’s 499 de dimanche dans le même dixième de seconde que le vainqueur, ce qui en fait l’arrivée la plus serrée de l’histoire de la NASCAR.

Cette course a vu le record de quatre-vingt-huit changements de leaders de la saison dernière égalé. Il y a aussi eu vingt-six leaders différents et Jimmie Johnson s’est imposé avec deux millièmes de seconde d’avance sur Clint Bowyer, égalant le plus faible écart à l’arrivée depuis l’introduction de chronométrage électronique.

Malgré ces statistiques quelques peu folles, la course ne s’est pas déroulée en paquet, loin de là. A l’instar de ce qui était arrivé lors des Speedweeks de Daytona en février dernier, les pilotes ont roulé en duos.

Au départ c’était dingue, puis petit à petit les pilotes se sont habitués, certes il y a toujours des récalcitrants lorsque des changements sont opérés, mais globalement cette nouvelle façon de courir est plutôt bien accueillie.

Lors de l’épreuve de Talladega, les pilotes ont expérimenté pour la première fois cette nouvelle façon de courir sur cette piste et plutôt que de tenter le diable, certains ont préféré assurer le coup en queue de peloton pour se montrer à la fin. Une chose est certaine, il ne fallait pas casser le tandem lors des arrêts aux stands, sous peine de perdre toute chance.

Ce nouveau système de course est donc apparu à Daytona grâce à la nouvelle surface bien plus lisse que la précédente. Cela a permis au pilote qui pousse de rester collé au pare-choc du pilote le précédant pendant plusieurs tours. Malgré les restrictions de la NASCAR, notamment en terme de refroidissement du moteur, les pilotes ont continué à rouler ainsi, mais en devant laisser entrer de l’air frais plus fréquemment.

Pour Talladega la physionomie de la course pouvait être différente avec le retour du sacrosaint paquet, mais les pilotes se sont habitués à ce draft à deux et cela a perduré.

Pour Jeff Gordon, pilote en activité le plus victorieux sur les ovales à plaques de restriction avec douze succès, six à Daytona et autant à Talladega, il n’y a pas eu de changement dans la manière de piloter, tout du moins du point de vue du pilote. Il estime également que cette nouvelle façon de courir est faite pour perdurer à moins que la NASCAR n’impose des changements drastiques aux voitures.

Sachant que les nouvelles voitures feront leur arrivée en 2013, il y a très peu de chances que des changements soient décidés pour un an et demi.

Jeff Gordon : “Soyons honnêtes à Talladega seuls les quinze à vingt-cinq derniers tours comptent. Le reste du temps il faut se débrouiller pour être présent sur la fin et c’est ce que nous avons maintenant. Vous savez très bien que si vous voulez survivre vous avez le choix entre être constamment devant ou vous faire oublier à l’arrière, mais être au milieu n’augure rien de bon.

Ce draft à deux est là pour durer, à moins qu’ils ne changent radicalement les voitures. Les plaques de restriction n’y changeront rien. Il faudrait une refonte complète de la voiture pour changer cela. Intérieurement j’en souris car la voiture a été conçue pour cela. Par forcément pour rouler en paquet de deux, mais être capable de bumper celui de devant sans l’envoyer en tête à queue. Nous avons une voiture plus carrée aujourd’hui c’est ce qui est à l’origine de ce type de course.

Je n’ai absolument aucun problème à courir comme cela. La fin était très amusante que je sois en position de pousseur ou de poussé. Ces dix dernières années les quinze derniers tours sont amusants du point de vue du pilote.”

Vainqueur de l’épreuve de Talladega dimanche dernier, Jimmie Johnson rejoint Jeff Gordon sur la nouvelle façon de courir dans ce genre de course et estime qu’il reste des choses à apprendre pour les équipes. Il estime que les pilotes sont également plus maîtres de leur voiture qu’en paquet.

Jimmie Johnson : “Avant on se plaignait car nous étions côte à côte sans trop de dépassement pour la tête. Maintenant on a des tonnes de dépassement pour la tête et les courses sont assez incroyables. Du point de vue du pilote nous contrôlons beaucoup plus de choses maintenant que par le passé. Cela redonne du pouvoir au pilote. Pilotes et équipes évoluons et donnons plus de spectacle d’où j’étais toute la journée je pense qu’il y en a eu beaucoup. Je pense que c’était une belle course.”


Matt Kenseth n’est pour sa part pas un grand fervent supporter de ce nouveau style de course qu’il trouve très difficile pour les pilotes. Il estime également que c’est par le passé que les pilotes avaient plus de contrôle, lorsque les courses étaient en paquet.

Matt Kenseth : “Les courses à deux sont vraiment dures pour les pilotes. Si vous êtes la voiture de queue vos ne voyez rien du tout devant. La seule chose que vous voyez c’est le spoiler et ce n’est pas le sentiment le plus confortable. C’est un environnement difficile. A chaque fois que quelqu’un est interviewé on entend que quelqu’un va être blessé. Maintenant c’est la même chose, mais en différent.”

Ce système est également venue en Nationwide puisque tant l’épreuve de Daytona que celle de Talladega ont connu ce système de course en duo.

libero venenatis, ut leo. ipsum libero risus suscipit