Carnet de bord Indy 500 : jour 5

Chers amis,

Ces deux dernières journées poursuivent la montée en puissance de l’évènement. Jeudi se tenait le Media Day, un après-midi où les 33 pilotes qui prendront le départ des 500 Miles se rendent disponibles pour répondre aux questions des journalistes.

Evidemment pour une première, l’exercice est difficile. On tâtonne, on hésite face à ceux qui porte le statut de véritables héros. Mais la particularité de cette journée est qu’elle représente quasiment la seule occasion d’admirer les pilotes en civil sans leur costume faisant d’eux des chevaliers des temps modernes. Allé pour citer quelques noms, j’ai discuté avec Bertrand Baguette, (Rahal-Letterman-Lanigan Racing), serré la main de Mario Andretti (nul besoin de le présenter) et de Randy Bernard (rien de moins que le Président de l’INDYCAR), côtoyé Simona de Silvestro (notre Suissesse préférée à US-Racing), Pippa Mann (la sympathique Britannique de Conquest Racing) Danica Patrick (l’icône de la discipline). Bref ce fut un bonheur immense !

La journée s’est ensuite terminée par un dîner avec l’ex-pilote d’IndyCar, Stéphane Grégoire accompagné par Tristan Vautier, jeune pilote français et leader du championnat Star Mazda s’il vous plaît ! Un pilote très poli, sérieux et sympathique. Bref il a tous les éléments pour réussir. Alors allez vite consulter son site internet ! (en plus pour la petite anecdote, en discutant de notre passé de kartmen, nous avons découvert que nous avions dû nous croiser sur les mêmes pistes de karting lorsque je courrais moi aussi en ligue Rhône-Alpes. Comme quoi le monde est petit puisque cinq ans après, nous nous retrouvons aux Etats-Unis…)

Ce vendredi a été marqué par la reprise des activités en piste. D’abord par les essais de l’Indy Lights qui est une catégorie surprenante ! Ces petites monoplaces roulent à plus de 300km/h de moyenne sur un tour et le spectacle est au rendez-vous. A voir absolument !

Mais la crème de la crème est arrivée en fin de matinée. A 11H, les monoplaces d’IndyCar ont envahi les pitboxes en vue d’effectuer la dernière séance d’essais avant la grande course. Une fois les moteurs à température et le drapeau vert agité, le “Carburation Day” pouvait alors commencer.

Et si les premiers tours ne sont pas spectaculaires, le reste est purement et simplement une merveille à observer. Placé derrière le muret des stands à l’entrée du turn 1, j’ai pu me rendre compte de la virtuosité des artistes derrière le volant. Rendez-vous compte : les pilotes abordent le premier virage à environ 370km/h et restent pied au plancher pour avaler le premier virage. Du grand art d’autant plus que si le banking paraît faible à la télé, il reste étonnant la première fois qu’on le voit en vrai. Imaginez le transfert de masse qui s’effectue lorsque la monoplace commence à pointer son museau à la corde et que la roue arrière droite est compressée sous le poids de la monoplace… Dario Franchitti déclarait dans une interview qu’il lui fallait quelques fois écouter son coeur plus que son cerveau pour garder l’accélérateur à fond. Et c’est à ce moment qu’on prend conscience de la magie d’Indianapolis ! Oui le reste des ovales est moins intéressant, oui la monoplace est sous-motorisée et génère trop d’appui. Vrai! Sauf à Indianapolis où le train arrière de votre voiture n’a qu’une envie; se dérober pour vous envoyer dans le mur. Et c’est pour cela qu’à Indianapolis plus qu’ailleurs, les pilotes font encore rêver les spectateurs. Ces derniers ne s’y trompent d’ailleurs pas et les respectent à un point inimaginable en Europe ! Ou alors si. Le respect que l’on avait jusque dans les années 80-90 où le risque de se blesser voire d’y laisser la vie était réel.

Et c’est non sans avoir laissé quelques petites larmes devant ce spectacle que le plus beau moment de mon séjour s’est terminé. 12H fin des essais. En chemin vers la salle de presse, je passe devant le stand de Bertrand Baguette et aperçoit un aileron avant ainsi qu’un aileron arrière posé derrière le muret des stands. Alors que je me préparais à prendre une photo en gros plan, l’un des mécanos de Rahal-Letterman-Lanigan Racing arrive puis s’arrête… Il attendait que je prenne ma photo pour passer alors que j’étais dans son emplacement… No comment ! Les Etats-Unis ont décidément une mentalité dont nous autres Français et Européens (râleurs et supérieurs) ferions bien de nous inspirer. D’ailleurs ce trait de caractère ne s’applique pas seulement à la course automobile américaine, mais bel et bien à la population dans sa majorité. Il règne un savoir vivre dans ce pays que je n’ai jamais vu ailleurs. Oui le retour en France sera difficile…

C’est sur ces mots je vous laisse pour ce quatrième carnet de bord. J’espère que mon récit vous permet de mieux apprécier la magie (il n’y a pas d’autres mots) d’Indianapolis et je vous donne rendez-vous lundi après la course.

See you then !

Kévin Vernaz

Retrouvez chaque jour le carnet de bord de Kévin Vernaz, envoyé spécial sur l’Indianapolis Motor Speedway.

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