Dan Wheldon au bout d’un terrible suspens !

L’édition du centenaire des 500 Miles d’Indianapolis s’annonçait comme spectaculaire et surtout indécise. Après des essais disputés par des températures fraîches, la course voyait le soleil pointer le bout de son nez et venir bouleverser l’équilibre des monoplaces. De quoi chambouler les forces en présence.

C’est par des températures dépassant les 30° et une affluence de plus de 300 000 spectateurs que les officiels ont agité le drapeau vert pour lancer les 95èmes 500 Miles d’Indianapolis. Immédiatement Alex Tagliani et Scott Dixon s’en donnent à cœur joie, s’échangeant la tête à plusieurs reprises avant que Tagliani ne s’installe définitivement en tête jusqu’au 21ème tour où la première neutralisation apparaît. En cause, une sortie de piste de Takuma Sato au virage 1 forçant le Japonais à mettre pied à terre. A ce moment, les leaders rentrent aux stands pour procéder au premier ravitaillement.


Le restart intervient au 28ème tour et si les doubles-files n’ont pas posé de problèmes aux leaders, E.J. Viso part à la faute au virage 1 et s’encastre dans le mur extérieur, forçant les officiels à sortir une deuxième fois le PaceCar.

Au 34ème tour, Dixon relance la meute mais se fait immédiatement ravir la première place par Tagliani. Cet échange ne sera que de courte durée puisque Dixon reprendra son bien un tour plus tard. Visiblement , la monoplace Sam Schmidt affiche une forme légèrement inférieure aux monoplaces Chip Ganassi Racing et durant une trentaine de tours, la tête de la course ne sera occupée que par les deux coéquipiers Dixon et Franchitti.

Au 62ème tour, Jay Howard part à la faute à la sortie de la ligne des stands au virage 2 et tape le mur. S’en est fini pour le pilote Rahal-Letterman Lanigan Racing tandis que Will Power, transparent depuis le baissé du drapeau vert rentre lui aussi aux stands pour faire réparer son circuit de frein sur sa roue arrière gauche.

Le restart intervient au 71ème tour avec Franchitti en tête devant Dixon, Tagliani et Dan Wheldon. Le Britannique très régulier depuis le début de la course s’attaque au Poleman et prend la troisième position. En tête, Franchitti accentue porte son avance à 1,4 seconde et à ce moment, 23 pilotes sont encore dans le tour du leader.

Au 97ème tour, Wheldon, Townsend Bell et Tagliani rentrent aux stands. Le Britannique en profite pour ajuster la pression de ses pneumatiques tandis que le Québécois demande un ajustement sur sa prise d’air, la faute à une température d’huile trop élevée. A ce moment il est évident que Tagliani n’a plus la voiture pour s’imposer d’autant plus qu’un élément aérodynamique s’est détaché à l’arrière, déséquilibrant totalement sa monoplace. Deux tours plus tard, Dixon rentre à son tour suivi par Franchitti. Les deux hommes ne demandent pas d’ajustement. Une décision logique vu les performances de leurs monoplaces.

A la mi-course, la fatigue nerveuse fait sa première victime. James Hinchcliffe écarte sa trajectoire au virage 4 et perd l’adhérence du train avant. Résultat : un gros contact avec le muret extérieur et un abandon pour le pilote Newman/Haas Racing. Pendant ce moment et au gré des ravitaillements, son rival pour le titre de meilleur débutant, J.R. Hildebrand s’empare du commandement, devenant ainsi le 200ème pilote à mener au moins un tour à Indianapolis. Le jeune Américain abandonnera la tête quatre tours plus tard suite à son arrêt aux stands. Durant la neutralisation, Simona de Silvestro rentre au garage et abandonne suite à un contact avec le muret en début de course

Au 108ème passage, les officiels relancent l’épreuve avec dans l’ordre Franchitti, Oriol Servia, Marco Andretti, Ed Carpenter et Dixon. Cinq tours plus tard et pour le bonheur des spectateurs, Servia attaque Franchitti à l’entrée du virage 1, prend la tête et mène ses premiers tours à Indianapolis. Une superbe manœuvre pour le sympathique Espagnol qui démontre que sa position en qualification n’était pas usurpée. Le pilote NHR occupera la tête pendant 22 tours avant que Franchitti ne récupère son bien. La suite de la course se déroulera sans accroc jusqu’à ce que Tagliani en perdition dans le virage 4 suite à des turbulences aérodynamiques ne vienne plier sa suspension avant droite contre le mur extérieur. Cet incident sera de trop pour Tagliani et c’est ainsi que le Poleman se retire de l’Indy 500. Coup dur pour l’écurie Sam Schmidt Motorsports.

La suite de la course verra un nouvel accrochage, cette fois-ci entre Ryan Briscoe et Townsend Bell au virage 1. Alors que le pilote Penske attaquait à l’intérieur, le pilote Sam Schmidt ne le voyait pas et referma sa trajectoire sur la monoplace de Briscoe. Les deux hommes sont contraint à l’abandon. Deuxième coup dur pour l’écurie Sam Schmidt Motorsports qui perd sa plus grande chance de victoire.

Durant la neutralisation, la majorité des pilotes décident de s’arrêter dont Danica Patrick, Bertrand Baguette puis quatre tours plus tard Franchitti et Hildebrand. Pour ces deux derniers, il est clair qu’ils pourront aller au bout de la course.

Au 166ème tour, le drapeau vert est agité et Servia relance la course mais ne conserve la tête qu’un seul tour. Derrière lui, la meute est lâchée et Rahal puis Dixon s’emparent du commandement tandis qu’au 177ème tour, Wheldon est rappelé à son box pour un dernier arrêt. C’est le début de la dernière salve de ravitaillements. Tous les leaders rentrent, et qui apparaît en tête pour la première fois depuis 2005 ? Danica Patrick ! Remontée depuis sa 25ème position initiale, la pilote Andretti Autosport tente de rallier l’arrivée sans s’arrêter. Ses temps au tour son cinq miles plus lent tout comme ceux de Baguette sur la même stratégie alors en deuxième position. Le pari semble jouable jusqu’à ce qu’à 10 tours de la fin, Patrick alors deuxième derrière Baguette s’arrête. A ce moment tout le Speedway est incrédule devant la performance du Belge, inconnu des spectateurs mais lui aussi devra s’arrêter à deux tours du but seulement… Nouvel arrêt donc et nouveau changement de leader puisqu’à la surprise générale, Hildebrand apparaît en tête. Le rookie est certain d’aller au bout et ne semble plus inquiété depuis la baisse soudaine de rythme de Franchitti, en proie à des ennuis mécaniques.


La voie royale est donc toute tracée pour celui qui incarne l’espoir de toute une nation. Les Américains sont debout dans les tribunes et attendent la monoplace numéro #4 sur la ligne d’arrivée quand au dernier virage du dernier tour, Hildebrand frappe violemment le mur extérieur et détruit l’avant droit de sa monoplace. Wheldon alors deuxième à ce moment constate l’erreur de celui qui l’a remplacé chez Panther et se dirige tout droit vers sa deuxième victoire à Indianapolis après celle obtenue en 2005. Une victoire chargée d’émotion puisque cette saison, Dan Wheldon était à pied avant que Bryan Herta ne décide de l’engager pour Indianapolis uniquement. Un choix judicieux puisque l’écurie Bryan Herta Autosport décroche ainsi sa première victoire en IndyCar.

Au final, Wheldon s’impose devant Hildebrand, Rahal, Kanaan et Dixon. A noter dans le top-10 la très belle septième place de Baguette devant Tomas Scheckter, Marco Andretti et Danica Patrick qui sauvent un top-10 inespéré après être passé près de l’élimination lors des qualifications.

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