Carnet de bord Indy 500 : jour 8

Chers amis,

J’espère que devant votre téléviseur, vous avez apprécié le spectacle de l’IndyCar. Franchement que demander de mieux pour les 100 ans des 500 Miles ? La course a été fluide, la tête de la course est passée entre de nombreuses mains et à de nombreuses reprises, et surtout quelle fin d’épreuve ! Danica Patrick en tête pour peut-être son dernier Indy 500, puis Bertrand Baguette en position de gagner et de devenir le plus célèbre des inconnus (lors de la présentation des pilotes, personne n’a réagi lorsque le speaker a prononcé son nom !) avant que l’espoir américains ne fasse vibrer toute une nation et qu’il se laisse piéger à un virage du but et n’offre la victoire à Dan Wheldon et Bryan Herta Autosport…


Evidemment nous retiendrons que l’histoire est belle pour Wheldon qui prend sa revanche après avoir terminé une collaboration amère avec Panther Racing. Mais l’issue aurait été tout aussi belle pour chacun des pilotes cités auparavant. Vraiment, Indianapolis nous a offert une course digne d’un film “Hollywoodien” (bien meilleur que “Driven” de Sylvester Stallone en tout cas) et cette 95ème édition restera à jamais dans les mémoires.

Un autre élément restera dans MA mémoire : l’avant-course. Une fois encore, l’INDYCAR (les organisateurs pas la discipline) font tout pour permettre aux spectateurs de vivre l’évènement plutôt que de l’observer uniquement. Je m’exprime.
Trois heures avant le départ, les écuries quittent leurs garages pour amener les voitures en piste. Pour cela, un seul passage : la Gasoline Alley qui est ouverte au public. Ainsi chacun peut observer de près les monoplaces avant qu’elles ne soient bichonnées une dernière fois par leurs mécaniciens. Cette procédure se poursuit une heure après mais cette fois avec les pilotes. Les fans acclament et encouragent leur pilote favori avant de le voir rentrer dans l’arène.

Ensuite, une fois que les acteurs sont tous sur le terrain de jeu, le bal des derniers préparatifs commence. Sur la grille de départ, une foule composée de journalistes, stars américaines, proches de pilotes et membres d’écurie est présente. La tension commence à monter.

A 1H30 du départ : les mécaniciens peaufinent les voitures, donnent les derniers tours de clés sur les capots, collent du scotch sur les jointures de la carrosserie pour améliorer l’aérodynamisme. On cherche les derniers millièmes de seconde.

A 1H10 du départ : les mécaniciens réveillent les 33 V8 Honda. Durant 10 minutes, la grille entière vibre sous le son des moteurs et une odeur d’alcool à brûler se dégage des échappements. A ce moment, on se rend compte de la brutalité de ces machines. La tension monte encore d’un cran.

A 30min du départ : le speaker présente chacun des 33 pilotes qualifiés pour “La course la plus importante de l’histoire”. Les stars de la disciplines sont applaudies sauf Danica Patrick qui essuie des sifflets et dont la popularité commence à s’émousser.

A 20 min du départ : les cérémonies d’avant-course font le spectacle. L’armée défile sous les acclamations des spectateurs, la prière d’avant-course nous donne la chair de poule. Les 300 000 spectateurs se taisent et si pour nous Européens, la prière peut paraître de trop, les risques encourus par les pilotes à Indianapolis nous font voir ce rituel différemment. L’hommage ensuite aux soldats morts au combat prend le relai et à nouveau, le circuit entier devient muet.

A 10 min du départ : les chansons traditionnelles comme “America is Beautiful” et surtout “Back Home in Indiana” interprétée par Jim Nabors redonnent vie aux tribunes. L’hymne national résonne ensuite sur le Speedway survolé au même moment par un avion furtif. Les pilotes s’installent, sont sanglés dans leur cockpit et font désormais face à leur destin. Le rythme cardiaque augmente encore un peu plus.

A 12H : Mari Hulman-George prononce le fameux “Ladies and Gentlemen. Start your engines”. A ce moment les mécaniciens démarrent les moteurs puis les pilotes s’élancent pour trois tours de chauffe en prévision des 200 tours que compte la course.

Voilà la course vue de l’intérieur. Mon carnet de bord se poursuit demain avec le récit de mon expérience en bi-place…

D’ici là, Take care.

Kévin Vernaz

Retrouvez chaque jour le carnet de bord de Kévin Vernaz, envoyé spécial sur l’Indianapolis Motor Speedway.

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