Carnet de bord Indy 500 : jour 9

Chers amis,

Ce mardi 31 mai est notre dernier jour à Indianapolis après plus d’une semaine de bonheur. Alors au lieu de se remémorer les moments passés ici, nous avons choisi de terminer notre périple par la “crème de la crème” : un baptême dans l’IndyCar bi-place pilotée par… Stéphane Grégoire.


Tout d’abord je voudrais remercier Stéphane pour avoir rendu cette expérience possible. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Stéphane est un ancien pilote d’IndyCar installé dans l’état de l’Indiana. Il a pour meilleur résultat une deuxième place à Pikes Peak en 1997 ainsi que sept participations aux 500 Miles d’Indianapolis avec comme meilleure arrivée une 17ème place en 1998. Retiré de la compétition en 2007, il officie désormais pour l’Indy Racing Experience en tant que pilote de luxe dans l’une des bi-place du championnat IndyCar.

Arnaud et moi sommes donc partis sur le circuit ce matin à 8H. Une fois les documents administratifs remplis, nous nous dirigeons vers le camion de l’Indy Racing Experience afin d’enfiler notre combinaison aux couleurs d’IZOD. Une heure plus tard, le moment tant attendu est arrivé…

Installé presque confortablement derrière Stéphane (pour peu qu’on aime l’ambiance des baquets de course), j’entends les mécaniciens qui s’affairent pour démarrer le V8 Honda. Quelques tours de démarreurs puis la monoplace se réveille. Nous sortons des stands et alors que nous roulons sur la voie d’accélération menant à la ligne droite arrière, la vitesse me paraît étonnante et je me demande quelles seront mes impressions alors que nous aborderons à pleine vitesse le virage 1.

Une fois sur la piste, la monoplace continue de gagner en vitesse et le moteur ne faiblit pas. Nous arrivons sur la ligne droite des stands, lancés à 180mph (soit environ 290km/h) Stéphane place la voiture au raz du muret extérieur afin de préparer sa trajectoire pour avaler le virage 1. Le son du moteur résonne contre le mur, le casque bouge sans arrêt sous l’effet de l’air et soudain nous sommes projetés dans le virage. A ce moment, je pousse sur les muscles de mes cuisses pour me maintenir dans le baquet, je force sur ma vue pour garder mes yeux sur le point de corde et surtout je ressens quelque chose inconnu jusque là : la force centrifuge verticale. Le banking pourtant modéré (12 degrés) a pour effet de nous écraser littéralement au fond du baquet. Alors je n’ose imaginer les sensations sur les ovales typés NASCAR. Pour info, Stéphane estime que nous encaissons jusqu’à 2G, soit deux fois moins que les pilotes de course.

Le premier virage est passé et à peine le temps de reprendre sa respiration que le virage 2 vous saute aux yeux. Et je repars dans mon exercice physique. Nous sommes ensuite sur la ligne droite arrière et je peux enfin me reposer et respirer confortablement. Les virages 3 et 4 nous imposent le même traitement et déjà, nous repartons pour un tour suivant. Au final, le baptême dure 3 tours lancés et honnêtement, la durée est idéale. Autant en Europe, les baptêmes sont chers et avares en sensations, autant l’Indy Racing Experience vous en donne pour votre argent. Pour un peu plus de 500 dollars, vous aurez droit au plaisir de rouler à Indianapolis en tant que passager d’un pilote expérimenté. Et pour 100 dollars de plus, non seulement vous serez passager mais vous pourrez vous aussi prendre le volant d’une monoplace ! Je vous sens tentés par l’aventure…

Une fois rentré aux stands, je reprends mes esprits et me dit que vraiment, ces pilotes ont quelque chose de spécial. Ce sont de véritables athlètes et surtout des virtuoses du volant. Aucune personne lambda ne peut sauter dans une monoplace d’IndyCar et se montrer compétitif. L’exercice est périlleux sur trois tours seul en piste, alors imaginez-vous lancés avec 40mph supplémentaires avec une voiture devant et derrière vous prête à vous intimider à la moindre hésitation.

Et c’est de cette façon que mon voyage à Indianapolis prend fin. Merci à vous d’avoir suivi mes carnets et j’espère vous avoir donné envie d’expérimenter vous aussi l’aventure des 500 Miles d’Indianapolis. En tout cas c’était un plaisir de vous faire partager mon ressenti sur ce voyage.

On se retrouve évidemment très vite sur US-Racing (jeudi pour l’émission) et en attendant, prenez soin de vous !

Kévin Vernaz

fringilla ipsum felis ut libero sit commodo