Franchitti : ‘Helio a refait sa merde de blocage’

Que se passe-t-il dans l’esprit de Dario Franchitti ces derniers jours ? En colère après l’INDYCAR après la deuxième manche du Texas au cours de laquelle il dût prendre le départ depuis la 28ème position, voilà que le triple champion IndyCar s’en est pris dimanche dernier à Helio Castroneves après un affrontement viril entre les deux hommes.


En tête du 175ème au 195ème tour, Castroneves s’est montré incisif dans ses manoeuvres de dépassement et n’a pas manqué de marquer son territoire lorsque Franchitti s’attaquait à lui pour lui ravir le commandement de l’épreuve. Sur les images, le comportement du Brésilien n’avait rien de choquant. Ce genre de manoeuvres est monnaie courante sur les petits ovales et sur les circuits routiers.

Pourtant, depuis que Castroneves s’est fait pénaliser à Edmonton en 2010 pour avoir fermé la porte lors d’un restart, le pilote Penske est dans l’oeil du cyclone de bon nombre de ses “collègues” de travail. Et ses derniers actes en piste n’ont en rien arrangé son cas d’autant plus qu’il semble bénéficier d’une protection de la Direction de Course et notamment de Brian Barnhardt qui peine à se montrer constant dans ses décisions. Tous les ingrédients sont donc réunis pour provoquer la foudre des autres pilotes.

Vainqueur à Milwaukee, Franchitti n’a pas manqué de rappeler le léger “incident” dans son interview d’après course :
Courir contre Tony est un plaisir. Un réel plaisir. Puis Helio nous a rejoint et à encore fait sa merde de blocage. Je ne sais pas ce qu’il faudra pour comprendre que bloquer ne fait pas partie de ce que nous faisons en IndyCar.

Voilà qui le mérite d’être clair à défaut d’être objectif. En effet, Castroneves s’est décalé à quelques reprises pour donner du fil à retordre à son adversaire, mais la défense ne fait-elle pas partie de tout sport ? En Formule Un combien sont les observateurs à regretter l’instauration du DRS (Drag Reduction System) empêchant le pilote attaqué de protéger sa position. La réaction de Franchitti est d’autant plus étonnante qu’il a couru contre des pilotes bien plus agressifs que Castroneves. Paul Tracy (qui l’a même sorti plusieurs fois alors que les deux hommes étaient coéquipiers pour le Team Green), Juan-Pablo Montoya, Michael Andretti, Alessandro Zanardi ou Gil de Ferran sont autant de pilotes qu’a cotoyé l’Ecossais et réputés pour leur agressivité en piste. Et jamais dans la période CART nous ne l’avions entendu se plaindre de ces derniers.

Deuxième élément allant à l’encontre des propos de Franchitti, la robustesse des monoplaces d’IndyCar. De nature plus résistantes que les Formules Un grâce notamment à leurs suspensions en acier plutôt qu’en carbone, ces voitures permettent aux pilotes de s’affronter et de se révéler. L’IndyCar a toujours été un sport viril où le gros coeur fait la différence. Et savoir provoquer une opportunité de dépassement quitte à écarter son adversaire de la trajectoire (sans le heurter ou le sortir de la piste) est l’une des qualités requises pour réussir dans cette catégorie. Alors Franchitti aurait-il oublié tout cela ?

Pas vraiment. Comme évoqué plus haut, depuis plusieurs années l’INDYCAR a choisi la voie extrême dans la protection des pilotes. Certes les pistes sont encore dangereuses, mais les pilotes n’ont plus aucune liberté de manoeuvre. Besoin d’exemples : Edmonton 2010 ou encore Indianapolis. Pour ce dernier et depuis 2009, Barnhardt a demandé aux participants de ne plus se décaler dans la ligne droite opposée au risque de voir des voitures mettre une roue dans l’herbe… Le traditionnel départ à trois de front à également été décapité et même l’édition du centenaire n’a pas respecté cette tradition. Pourtant Barnhardt avait demandé aux pilotes de démarrer à trois de fronts. Mais ces derniers trop conscients de l’impuissance de Barnhardt face à leur décision, n’ont absolument pas joué le jeu. Pourtant en tant que Directeur de Course, il avait la possibilité de brandir le drapeau jaune et de forcer les pilotes à reformer des lignes de trois voitures.


Ces exemples illustrent donc bien la cause de la réaction de Franchitti. Pilote agressif lui aussi quand il le faut (cf : son dépassement sur Power à St. Petersburg qui a forcé le pilote Penske à lever le pied pour ne pas s’encastrer dans le mur), l’Ecossais s’est rangé du côté de Barnhardt pour une raison : tirer profit de cette élan allant à l’encontre même de l’esprit sportif. En tout cas, Franchitti est en train de montrer un visage qui ne lui apportera pas que de la popularité. A force de se plaindre à chaque fois qu’il est en difficulté, il risque de se mettre les spectateurs à dos. Aurait-il pris goût à la première place au point de perdre une certaine humilité ?

Alors, y-a-t-il une lueur d’espoir pour le futur ? Peut-être… Tony Cotman actuellement en charge du projet “2012” (mise en place du règlement concernant les futures monoplaces) est en bonne voie pour prendre le poste de Président de la Compétition, fonction qu’il occupait dans la série ChampCar. Et son arrivée pourrait bien rimer avec “nettoyage de printemps” dans le grand livre du Code Sportif de l’INDYCAR.

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