Gordon pouvait écrire une nouvelle page de l’histoire

Même si les séries ne se comparent pas, les Américains aiment à dire que quatre pilotes ont le plus de victoire sur le plus prestigieux ovale du Monde, l’Indianapolis Motor Speedway. A.J. Foyt, Al Unser et Rick Mears ont tout trois décroché quatre succès aux 500 miles d’Indianapolis, l’épreuve reine de la monoplace de par le Monde. Mais depuis 2004 un quatrième homme les a rejoint, un certain Jeff Gordon qui compte quatre victoire en NASCAR lors des Brickyard 400. Oui les séries ne sont pas les mêmes, oui le prestige n’a rien à voir, mais voilà ils sont quatre et le seul à encore être en activité c’est Jeff Gordon.

Le pilote de la Hendrick Motorsports pouvait donc devenir le seul homme à cinq victoires sur l’ovale de deux miles et demi et le moins que l’on puisse dire est qu’il avait une voiture très performante, la plus performante sur l’ensemble de la course.

Parti du top-10, Jeff Gordon est rapidement remonté à la deuxième place avant le premier arrêt ravitaillement. A quatre secondes de Kahne avant le premier passage par la voie des stands, il ressortait deuxième, mais à huit secondes, la faute à un arrêt effectué deux tours plus tard que son rival et à une mise en action beaucoup moins efficace que le pilote de la Red Bull Racing.

Jeff Gordon : “Dès l’agitation du drapeau vert j’ai su que j’avais une voiture avec laquelle je pouvais gagner.”

La première neutralisation permet de gommer les écarts, il faut cependant attendre le soixantième tour pour avoir Jeff Gordon durablement en tête. A cet instant il a clairement la meilleure voiture et la Hendrick Motorsports est en ordre de bataille avec trois pilotes aux trois premières places. Gordon va mener pendant vingt-et-un tours avant de céder le commandement lors d’une série d’arrêt sous drapeau vert. Il récupèrera la tête à l’issue de celle-ci pour la perdre lors de la troisième neutralisation au tour 95.


Lors de la quatrième neutralisation, au tour 115, il s’arrête de nouveau pour prendre quatre pneumatiques neufs et repart englué dans le milieu du peloton, mais qu’importe il a la meilleure voiture et sait qu’il est capable de remonter rapidement. Il sait aussi qu’il lui faudra passer une dernière fois dans la voie des stands d’ici l’arrivée.

Au 121ème tour Landon Cassill part en tête à queue dans le virage n°3 et crée le bazar dans le peloton. Plusieurs pilotes rentrent, pas Jeff Gordon qui choisit de poursuivre alors qu’il est bien installé dans le top-10.

La relance est effective à trente-quatre tours de l’arrivée. Gordon et tous les leaders savent que ceux qui se sont arrêtés lors de la neutralisation peuvent tenter d’aller au bout, surtout si la voiture de sécurité revient de nouveau en piste.

Les leaders craignant alors une nouvelle neutralisation décident de s’arrêter alors que la relance a eu lieu depuis à peine dix tours. Gordon hérite de la tête et se calque sur la stratégie des ses adversaires directs. C’est le tournant de la course. Alors qu’il a la meilleure voiture, Jeff Gordon ne tire pas la quintessence de sa machine. En effectuant entre cinq et dix tours de plus il se serait assuré la victoire, mais voilà Gordon est rentré pour ravitailler et changer les pneumatiques extérieurs.

Reparti à plus de trente secondes de la tête de la course alors qu’il reste vingt-cinq tours à couvrir, Gordon suit son rythme habituel, alors que tous ceux qui tentent le pari de la consommation sont de une à deux secondes plus lent que le quadruple champion. Gordon remonte vite, certains sont obligés de s’arrêter la mort dans l’âme. Pendant ce temps là Menard commence à accélérer le rythme. De deux secondes plus lent que Gordon, il passe à une seconde et demi, puis une seconde et moins de cinq dixièmes quand il sait qu’il peut aller au bout.

Jeff Gordon : “J’ai vraiment apprécié à la fin quand je n’étais pas conservateur. C’était beaucoup de plaisir de rouler fort et de chasser tout ces gars les uns après les autres, mais il m’en a manqué un peu. On était un peu court, mais Paul a fait de l’excellent travail en économisant son carburant. C’était facile de les rattraper tous, mais pas Paul. Il en a sauvé suffisamment pour pouvoir être à fond à la fin.”

Au final Gordon échoue à 725 millièmes de Menard dans la quête de son cinquième succès sur le Brickyard. Un succès qui aurait pu lui garantir de manière définitive une qualification en playoffs. Puisqu’avec trois succès, même hors du top-10 il était assuré d’avoir une wild-card.

Si Jeff Gordon était plutôt satisfait de sa deuxième place, Alan Gustafson était moins enthousiaste une fois le drapeau à damier franchi.

Alan Gustafson : “Il n’y a aucune question à se poser, nous avions la voiture la plus rapide. Vous faites ce que vous êtes censés faire, vous gérez du mieux que vous pouvez. C’est vraiment frustrant.”

Grâce à cette deuxième place Gordon consolide sa septième position au classement et renforce un peu plus sa place dans les dix premiers, ce qui est synonyme de qualification directe pour les playoffs.

Jeff Gordon : “Honnêtement nous voulions gagner cette course, nous voulions frapper un grand coup. Cette équipe est très forte, nous l’avons montré aujourd’hui (ndlr : dimanche.) Je sais ce que ça veut dire que d’être compétitif à Indy. Ce n’est pas une coïncidence si les équipes qui ont gagné ici ces dernières années ont remporté le championnat. Cette piste montre qui a le meilleur package.”

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