MUSCLE MILK sauvée des eaux

C’est une course en deux actes à laquelle nous avons assisté aujourd’hui à Mid Ohio. Tout d’abord, une première partie conforme à ce à quoi nous assistons depuis le début de la saison, à savoir un duel entre la Lola Dyson n°16 et l’Aston Martin n°6, puis une seconde partie plus folle, perturbée par le déluge et de longues périodes de neutralisation. Le rideau est finalement tombé sous la forme d’un drapeau rouge bienvenu tant les conditions d’adhérence étaient précaires.

Premier acte : à l’Ouest, rien de nouveau

Sans vouloir paraphraser Erich Maria Remarque (auteur au passage d’un roman qui se passe dans le milieu de la F1, dont Sydney Pollack a tiré le film Bobby Deerfield en 1977, avec Al Pacino dans le rôle titre), il faut bien constater que les débuts de course se suivent et se ressemblent cette saison en ALMS.

Il faut dire qu’avec quatre LMP1 en piste, dont une tellement lente qu’elle peine à devancer les LMPC de pointe, il ne faut pas s’attendre à des miracles.

Pendant le premier relais, la Lola Mazda n°16 de Dyson/Smith et l’Aston Martin n°6 de Luhr/Graf n’ont été séparées que d’un écart variant entre quelques dixièmes et quelques secondes au gré des dépassements de retardataires. Toujours très proche de Guy Smith, Lucas Luhr n’est cependant parvenu à prendre la tête qu’à la faveur d’un restart. Une fois le bouchon Dyson sauté, le pilote de l’Aston Martin est parvenu à creuser un écart confortable d’une quinzaine de secondes.

En GT, les BMW qui avaient signé le doublé aux essais, se sont dès le départ montrées moins à l’aise en course, laissant le commandement à la Corvette de Jan Magnussen. Les deux M3 de l’équipe de Bobby Rahal sont même allées jusqu’à donner dans l’accrochage fratricide. Sûr que le patron a apprécié !

Deuxième acte : C’est pendant l’orage qu’on connaît le pilote *

* Sénèque, qui n’a pourtant pas dû voir beaucoup de courses de voitures dans sa vie.

Les conditions étaient réunies pour une fin de course processionnelle. Mais heureusement (ou pas, selon le point de vue), le ciel est tombé sur la tête des concurrents à cinquante minutes de l’arrivée.

Ce n’était pas une forte pluie au départ, mais suffisante pour rendre la piste très glissante. Certains ne se posèrent pas de questions et prirent le parti de passer les pneus pluie très vite, à l’instar de Tommy Milner et de Chris Dyson. D’autres, tel Jaime Melo, tentèrent de conserver les slicks le plus longtemps possible.

Au final, tous ont eu tort ! Quasiment personne n’est parvenu à éviter le tête-à-queue quand les trombes d’eau se sont finalement abattues sur Mid Ohio. Une très longue neutralisation pour tracter la LMPC de Frankie Montecalvo n’a même pas suffi à empêcher le carnage. Dès le restart, c’est la folie en piste. C’est ambiance début de soldes au rayon tête-à-queue : trois pour le prix d’un dans chaque virage. L’adhérence est nulle et les voitures partent en aquaplaning en ligne droite.

A chaque virage, le classement est bouleversé, surtout en GT, avec notamment les deux Corvette qui partent en sucette, ou encore Jaime Melo qui casse la suspension de sa 458 en allant se frotter contre une BMW. Quant à Pat Long, qui croyait enfin décrocher cette première victoire 2011 après un début de saison catastrophique, il perd le contrôle dans la ligne droite et part s’enliser dans le bac à graviers.

Le drapeau jaune refait son apparition, suivi du rouge. En tête, nous retrouvons ceux qui sont parvenus à garder les quatres roues dans le bon sens sur la piste (enfin, plus ou moins). Klaus Graf en LMP1, l’étonnant Wolf Henzler en GT, Kyle Marcelli en LMPC et Spencer Pumpelly en GTC.

Les voitures s’alignent dans la voie des stands et attendent la fin du compte à rebours. Au bout de dix minutes, le drapeau à damiers est brandi et tout le monde est soulagé. C’est notamment la fête du côté du Team Falken Tire qui célèbre sa première victoire grâce aux talents d’équilibriste de Wolf Henzler. Une belle récompense pour l’équipe du grand Derrick Walker.

Conclusion shakespearienne

Ils sont plusieurs maintenant à scruter le ciel. Car une chose est sûre, s’il fait ce temps là demain à Mid Ohio, la course d’Indycar promet d’être mouvementée !

« Resplendis, beau soleil, que je puisse voir mon ombre en marchant ! » (Richard III)

A voir également :

Le direct de la course.

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