‘David’ Carpenter met à terre ‘Goliath’ Franchitti au Kentucky

En admirant le spectacle que nous a offert l’IndyCar au Kentucky, on a de quoi se demander si les promoteurs de ce circuit ne commettent pas une erreur en ne le réinscrivant pas au calendrier 2012.

Car il faut bien avouer que malgré les difficultés des voitures à se dépasser, les fins de courses sont toujours épiques sur cet ovale d’1,5 mile. Et les Kentucky Indy 300 de cette année n’ont pas trahi cette tradition en consacrant pour la première fois de sa carrière Ed Carpenter et la petite écurie Sarah Fisher Racing.


Très rapide lors des essais puis en qualifications où il décrocha une superbe quatrième place, Carpenter a patiemment construit sa course pour se placer au moment opportun dans le sillage des leaders.

Car le début de course fut entièrement dominé par un seul homme, le Poleman Will Power. Profitant parfaitement de sa Pole Position, le pilote Penske creusait rapidement l’écart sur ses poursuivants. Il porta son avance jusqu’à 2 secondes avant son premier arrêt aux stands qui intervint au 50ème passage. Et à partir de ce moment, tout s’effondra pour le vice-champion 2010. Alors qu’il prenait la direction de son box, il voyait Ana Beatriz débouler sur sa gauche et heurter lourdement le ponton gauche de sa monoplace. Reparti en septième position, Power ne cessa de dégringoler suite à l’endommagement de son ponton qui augmenta la traînée aérodynamique et qui le fit perdre 4mph de moyenne au tour ! Dès lors, il ne fut plus jamais en lutte pour la victoire.

Et qui profita de sa mésaventure ? Ni plus ni moins que son principal adversaire pour le titre ! Dario Franchitti rentrait aux stands au 51ème tour et profitait d’une pitlane claire. Après un arrêt d’un peu plus de sept secondes, l’Ecossais ressortait en tête alors qu’il évoluait en septième position avant son premier ravitaillement.

A la première place, Franchitti creusa l’écart grâce au “clean air”. Embarquant une charge aérodynamique moindre, la monoplace numéro #10 révéla son plein potentiel lorsqu’elle bénéficiait d’un air propre. Cet élément expliquait les difficultés qu’avait Franchitti à revenir parmi les hommes de tête lorsqu’il évoluait dans le trafic.

Sa marche triomphante prit fin au 80ème tour lorsque le premier drapeau jaune fut brandi pour cause de débris (un débris causé par la perte de l’adhésif censé couvrir le trou dans le ponton de Power). Tout le monde rentrait aux stands et alors que les pilotes Ganassi repartaient après environ 7 secondes d’arrêt, Power resta cloué dans son box pour poursuivre les réparations de son ponton. L’Australien repassera même trois fois à son stands durant l’intervention du PaceCar.

Après douze tours passés derrière la voiture de sécurité, la course fut relancée au 92ème tour avec Franchitti devant Scott Dixon et Marco Andretti. Immédiatement, Andretti plongea à l’intérieur et s’emparait de la deuxième place avant de mettre sous pression le leader. 15 tours durant, le pilote Andretti Autosport tenta de mettre à mal la première place du pilote Chip Ganassi Racing. En vain… Scotché à l’intérieur, Franchitti parvint à repousser les attaque d’Andretti, forcé de se décaler à l’extérieur pour tenter une manoeuvre.


Mais si cette bataille ne réussit pas à Andretti, elle permit au peloton de recoller. Ayant senti l’opportunité de bien figurer, Ed Carpenter passa à l’attaque au 115ème tour et prenait la quatrième place tout en revenant dans les roues de Dixon. Un peu plus tard au 127ème passage, Graham Rahal faisait de même avec J.R. Hildebrand et poursuivit Carpenter en cinquième position. A ce moment Power évoluait quant à lui à un lointain 23ème rang.

Au 137ème tour, Dan Wheldon ouvrait la deuxième salve d’arrêts aux stands. Simona de Silvestro l’imita et alors qu’elle quittait son emplacement, elle ne put maîtriser une dérobade de son train arrière et vint percuter l’un des mécaniciens d’E.J. Viso. Deux roues furent projetées en direction de la piste et les officiels décidaient de neutraliser la course pour la deuxième fois.

Une fois encore, tout le monde s’arrêta et une fois encore, des incidents venaient émailler le balai des ravitaillements. Alors qu’Andretti repartait, il tenta de doubler Rahal dans la pitlane mais ne vit pas la rentrée d’Alex Lloyd à son box. Les deux hommes s’accrochèrent causant l’abandon pour Andretti qui reconnaîtra ses torts après que son père lui ait fait la morale. Mais cet accident ne fut pas le seul. En braquant vers ses mécaniciens, Hildebrand a mal jugé la distance qui le séparait de son équipe et empala littéralement son changeur de roue arrière gauche.

Le temps de calmer les pilotes, la course fut relancée au 147ème tours avec Franchitti en tête devant Rahal, Dixon, Ryan Hunter-Reay et Ed Carpenter. Peu après la relance, l’équipe Ganassi informait l’Ecossais qu’il devait économiser entre 7 et 9 tours de carburant pour rallier l’arrivée. En embuscade, Rahal souhaitait en profiter et son stratège tenta de négocier la tête afin de permettre à Franchitti d’économiser de l’éthanol dans l’aspiration du jeune Américain. Mais finalement il n’en fut rien.

Et finalement Franchitti n’aura pas besoin d’économiser puisqu’une troisième neutralisation vint perturber la course après qu’Ana Beatriz soit partie en tête-à-queue à l’entrée du virage 3.

A la surprise générale, l’équipe #38 rappela son pilote pour effectuer un splash’n’dash, annulant toute chance de victoire de Rahal qui n’hésitera pas à exprimer son mécontentement à son équipe qui n’avait pas rempli son réservoir lors de son deuxième arrêt.

Au 178ème tour, Franchitti relançait une nouvelle fois la course avec Dixon à ses côtés qui se fit immédiatement attaquer par Carpenter. A la sortie du virage 2, Carpenter complétait son dépassement et s’en alla en chasse de Franchitti. A 20 tours du but, les deux hommes possèdaient une seconde et demie d’avance sur le peloton et Carpenter se porta à la hauteur de Franchitti. Mais leur bagarre profita à leurs poursuivants qui rétablirent le contact à 10 tours de l’arrivée.

La course s’intensifiait au fur et à mesure que les tours défilaient et finalement, Ed Carpenter utilisa son dernier “Power boost” pour faire la différence face à Franchitti et s’imposer pour 98 dix-millièmes de seconde soit la sixième arrivée la plus serrée de l’histoire de l’IndyCar et l’arrivée la plus serrée jamais vue sur le Kentucky Speedway.


Cette victoire est lourde de sens pour Carpenter qui est enfin parvenu à décrocher ce premier succès tant attendu. Pourtant, un grain de sable aurait pu le priver pour la troisième fois consécutive de la victoire (Carpenter avait pris la deuxième place pour Vision Racing en 2009 et pour Panther Racing en 2010). Peu avant son dernier arrêt, Carpenter a rencontré un problème avec sa visière qui s’ouvrait alors qu’il roulait à plus de 215mph. Dès lors, il n’avait d’autre solution que de piloter d’une seule main tout en maintenant sa visière fermée avec sa main gauche !

Fort heureusement les mécaniciens ont pu régler le problème dans les stands et c’est ainsi qu’il a offert la première victoire de l’histoire du team Sarah Fisher Racing. Une performance exceptionnelle de la part de l’une des plus petites mais aussi de l’une des plus sympathiques et familiales structures du championnat. Sur la Victory Lane, Sarah Fisher avouait que son sponsor, Dollar General ne serait pas présent en 2012 et cette victoire arrive donc à point nommé.

Cette course était la dernière comptant pour le trophée A.J. Foyt et c’est Dixon qui a reçu les honneurs, succédant à son coéquipier.

Dans la course au titre, Franchitti récupère la première place et possède 18 points d’avance après que Power ait terminé son chemin de croix à la 19ème position. Pour Power, il ne lui restera plus qu’à piloter de la même façon qu’il l’a fait aujourd’hui tout en souhaitant que Franchitti connaisse des soucis, sans quoi il passera une nouvelle fois à côté de la couronne de champion IndyCar.

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