Alex Tagliani se souvient de Dan Wheldon

L’équipe de Sam Schmidt se dirigeait vers la grande finale de Las Vegas avec de grands espoirs de victoire. Pour se faire, elle avait engagé Dan Wheldon (qui était en lice pour remporter le défi GoDaddy et les 5 millions de dollars qui allaient avec. Ndlr) dans la voiture n°77 habituellement pilotée par Alex Tagliani alors que le québécois héritait lui de la voiture n°98 victorieuse à Indianapolis aux mains de Dan Wheldon…

Sur le circuit qui fût le lieu de la seule victoire en carrière de Sam Schmidt (en 1999 pour le compte du Treadway Racing. Ndlr), les choses n’allaient malheureusement pas se dérouler comme prévu. Pour Alex Tagliani “ce dimanche a changé la vision de beaucoup de pilotes INDYCAR sur la manière de considérer notre sport. Cette course qui n’aura duré que 11 tours a emporté un des nôtres, un ami et mon équipier”. Les mots restent difficiles à trouver pour Alex, lui qui a côtoyé Dan à de nombreuses reprises cette année.

Beaucoup d’émotions étaient palpables ce week-end du 16 octobre 2011. “Il y avait de nombreux enjeux et tout a été fait pour que cette course soit spectaculaire. C’est encore difficile pour moi de repenser à ce jour, j’éprouve tellement de tristesse. Bien-sûr on se pose beaucoup de questions comme par exemple ‘Est-ce qu’on aurait pu faire les choses différemment?’, “D’où est parti l’accident?’, ‘Est-ce qu’il aurait pu être évité?’… J’ai regardé le ralenti une centaine de fois et tout ce que je retiens est une insurmontable envie de corriger ce qui ne va pas et de rendre ce sport encore plus sûr. La course est dans mon sang et me nourrit chaque jour. Je veux continuer à piloter mais je dois avouer que cet accident m’a marqué. Je souhaiterais que nous puissions revivre ce jour pour changer les choses.”.





Alex Tagliani en discussion avec Dan Wheldon
lors de l’Indy 500.


© Indy Car Series

Toutefois le québécois ne veut pas retenir que le négatif de cet épisode tragique mais plutôt se souvenir du “Dan joyeux et drôle que j’ai connu, de ce type respecté par tous ses homologues, toujours prêt à nous faire rire avant de nous battre sur la ligne et de montrer ses jolies dents blanches sur la victory lane en nous faisant un clin d’œil.”. Alex Tagliani peut parler de cela d’autant plus qu’il a fait équipe avec Dan Wheldon lors de l’Indy500 2011. Après avoir travaillé avec lui durant tout le mois de mai, Alex confirme qu’il “était très méticuleux mais également prêt à partager des informations. De mon côté, je l’ai aidé à améliorer la position de son casque dans le cockpit et je lui ai conseillé d’utiliser un modèle Arai pour la première fois de sa carrière.”

Dan Wheldon était toujours avide d’acquérir de nouvelles connaissances : “Il était intéressé par tout, même par mes tatouages… En fait j’ai le nom de ma femme (Bronte. Ndlr) tatoué en signes chinois sur mon bras et je ne sais pas si ça lui a donné des idées mais lorsqu’il est venu me voir le matin de la course de Las Vegas, il était très fier de me montrer qu’il avait tatoué SW sur son poignet en l’honneur de sa femme Susie. C’était mon ‘petit frère d’une mère différente’. Comme nous avions le même sens de l’humour et que nous nous entendions très bien, c’est le surnom que je lui ai donné lors de l’Indy500 et c’est resté.”

Les deux hommes se sont également côtoyés pendant l’intersaison lors de la tournée hivernale de karting : “Je l’ai beaucoup vu sur ces petits circuits. Conduire un karting était un très bon moyen pour nous de rester en forme et affuté, à la fois physiquement et mentalement. Dan adorait le karting et était très compétitif (le britannique a remporté de nombreuses courses dans lesquelles il était opposé à des pilotes qui ont couru en F1 comme Jenson Button ou Anthony Davidson. Ndlr). C’était également un moyen pour lui de se relaxer et de se faire plaisir avant de redémarrer la saison.”

Pour Alex le plus dur sera de retourner à Las Vegas, une ville dans laquelle il a vécu pendant 10 ans : “J’ai de nombreux amis là-bas et des souvenirs mitigés. Désormais j’ai une déchirure qui traverse mon cœur et j’espère ne jamais devoir y retourner. Après avoir pu passer beaucoup de temps avec Dan cette année, le québécois souhaite adresser un message d’espoir.

“Je t’aime mon ‘petit frère d’une mère différente’. Tu as toujours été un vrai champion, le vrai cœur de lion (en référence au héros Richard 1er d’Angleterre. Ndlr) et tu seras toujours avec nous. Nous allons honorer ta légende, garder ta mémoire dans nos coeurs et constamment se souvenir de toi avec un grand sourire et un clin d’œil. Nous savons que tu nous regardes.”

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