Lotus sur la sellette, dilemme pour l’INDYCAR

La saison 2012 s’annonçait formidable : nouvelle voiture, nouveaux moteurs, pilotes de renommée mondiale. Au terme des trois premières courses, il va sans dire que le spectacle offert par l’IndyCar a tenu toutes ses promesses.

Pourtant des premiers nuages sont en train de noircir le tableau. En effet il semble que deux écuries motorisées par Lotus soient en train de chercher une brèche dans leur contrat leur permettant de mettre fin à leur partenariat avec le motoriste britannique. Aucun nom d’équipes ne circule pour le moment mais les rumeurs font état des deux plus petits budgets du plateau.


Au vu des résultats de leurs V6, il serait logique de penser que le motif de leur mécontentement est uniquement basé sur le manque de performance du V6, 2,2L. Pourtant, il s’agit bien du manque de moteurs dont les équipes se plaignent, les empêchant de participer aux tests et d’accumuler du temps de piste lors des week-ends de course.

Le conflit a atteint son paroxysme lorsque Lotus a annoncé à ses partenaires qu’ils ne pourraient pas prendre part aux essais menés sur l’Indianapolis Motor Speedway le 4 avril. Des tests primordiaux pour les écuries afin de afin de préparer au mieux les 500 Miles après les nombreuses évolutions apportées par Dallara sur la DW12.

Alors avec la possibilité de se présenter à l’Indy 500, course suprême de la saison, sans aucun entraînement ni repère, les écuries ont commencé à prendre peur et ont donc chercher une brèche dans le contrat les liant à Lotus pour s’acoquiner avec Chevrolet ou Honda.

Interrogé sur une éventuelle autorisation donnée aux écuries pour changer de motoristes, Will Phillips, Vice-Président de la Technologie n’a pas souhaité répondre.

D’un point de vue juridique, l’écurie et le motoriste peuvent mettre fin à leur accord mais seule l’INDYCAR peut autoriser ou non un changement.

Pour donner un peu plus de crédit à cette menace, les deux écuries ont confirmé être prêtes à renoncer aux paiements déjà effectués à Lotus et à payer 1 million de dollars supplémentaires à Chevy ou Honda pour bénéficier de leurs V6. Un élément de poids sachant qu’il s’agit de deux des plus petites écuries du plateau.

Ouvertement critiqué, voici les déclarations d’un représentant de Lotus, Miodrag Kotur, Directeur des Opérations de sports mécaniques.
Depuis le début de l’année, il y a beaucoup de rumeurs faisant état que ‘Lotus ne travaille pas bien, qu’ils ne seront pas présents, qu’ils ne seront pas à Indy…’ Aussi loin que je me souvienne, nous sommes toujours présents, nous n’avons manqué aucune course. Evidemment, nous sommes un peu en retard sur nos concurrents, nous travaillons très dur avec Judd pour atteindre le même niveau qu’Honda et GM. Ce n’est pas facile. Ces personnes sont ici depuis des années et particulièrement à Indy. Nous sommes nouveaux, nous avons commencé six mois plus tard. Je ne sais pas d’où et pourquoi ces rumeurs de brèche dans le contrat sont nées. J’aimerai savoir où est cette brèche.

Pourtant, lorsque Kotur s’est rendu compte que les rumeurs étaient désormais bien répandues, il n’eut d’autre choix que d’avouer les conflits existants entre son entité et les écuries qu’il motorisent.
Les équipes se plaignent que nous n’ayons pas pris part aux tests (ndlr : d’Indianapolis) mais il y a des raisons à cela. Etre capables de sécuriser les prochaines courses, nous préférons conserver les moteurs et travailler dessus pour continuer à les développer plutôt que de participer à ces essais (…). Et si vous passez en revue ces contrats, il n’y a rien d’écrit qui mentionne que nous sommes obligés de participer à tous les tests.

Kotur a également tenu à préciser que si son moteur n’est actuellement pas au niveau, les écuries qu’il équipent ont elles aussi beaucoup de lacunes à combler. Voilà de quoi attiser les braises…
Herta, Dreyer, HVM… Ils ne peuvent pas non plus s’attendre à être sur le devant de la scène. Même l’année passée, ils n’y étaient pas. Vous trouvez les mêmes personnes devant. Penske, Ganassi. Donc nous n’avons pas seulement besoin de travailler sur le moteur, mais aussi sur sur la voiture. Et aussi de travailler avec nous sur la voiture. Nous leur demandons ‘Où pouvons-nous vous aider?’ Je ne veux pas dire que dans un mois les choses vont complètement changer, mais doucement nous nous sommes améliorés. D’ici la fin de l’année, l’écart sera complètement rattrapé.


Enfin les rumeurs d’ordre financiers annonçant une possible faillite ont également agacé les représentants de Lotus.
J’entends beaucoup de rumeur annonçant que nous devons 1 millions de dollars à Jay Penske. Je ne sais pas d’où ça vient. Certaines personnes disent que nous ne payons pas. Il y a beaucoup de rumeurs ici à Indy qui disent que des écuries ne payent pas leurs fournisseurs et personne n’en parle. Nous ne voulons accuser personne, ce n’est pas notre problème si certains ont des problèmes avec l’usine. Nous essayons de soutenir les écuries du mieux qu’on peut.

Pour quelques écuries, nous leur avons acheté des châssis, mais personne n’en parle. Je ne pense pas qu’Honda ou GM achètent les châssis de leurs écuries. Nous avons payé quelques rebranding (ndlr : opérations consistant à renommer une écurie avec le nom d’un partenaire, en l’occurrence Lotus. Ex : Lotus-HVM Racing). Je ne crois pas que GM ou Honda n’aient payé des rebrandings. D’accord nous ne sommes pas où nous voulons être du point de vue de la performance. Mais nous travaillons dessus. Nous travaillons très dur. Ca prend du temps.

Afin de calmer la situation, Lotus a promis qu’elle apporterait cinq V6 bi-turbo supplémentaires pour la course d’Indianapolis. Mais ne sera-t-il pas trop tard pour calmer les ardeurs de ses équipes qui souffrent depuis trop longtemps d’une relation tumultueuse avec leur partenaire ? L’INDYCAR devrait-elle intervenir ou laisser ses participants se battre au risque de faire une mauvaise publicité à la série ?

A coup sûr au plus la situation se résoudra dans le calme et la paix, au mieux l’IndyCar digèrera cette première polémique.

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