Dario Franchitti remporte ses 3èmes 500 Miles d’Indianapolis

Annoncés comme les 500 Miles d’Indianapolis les plus chauds de toute l’histoire de l’épreuve, cette 96ème édition n’aura pas fait mentir les prévisions météorologiques. Disputée par 40°C, cette course allait mettre à mal l’organisme des pilotes tout comme les mécaniques.

Chauds, les pilotes l’étaient aussi dans leurs manoeuvres de dépassement. Tout d’abord au départ qui pour la première fois depuis l’ère Brian Barnhardt, a de nouveau vu les pilotes s’élancer trois par trois dans le plus pur style “Indy”. Puis ce fut tout au long des 200 tours de course que les pilotes s’en sont donnés à coeur joie notamment au virage 1. Au final, cette 96ème édition des 500 Miles d’Indianapolis a connu un nombre record de changements de leaders avec pas moins de 34 dépassements pour la tête de la course.


En début d’épreuve, le tempo fut donné par Marco Andretti. Pensant avoir la meilleure voiture durant tout le mois de mai, le petit-fils de Mario, vainqueur en 1969, confirmait son statut de favori en prenant la tête au 13ème tour. Car dans le même temps, le Poleman Ryan Briscoe ne pouvait suivre le rythme imprimé par le pilote de la Dallara-Chevrolet #26 et le duo de Chip Ganassi Racing se battait dans le ventre mou du peloton pour Scott Dixon tandis que Dario Franchitti devait sortir le grand jeu pour remonter depuis la dernière position après s’être fait accroché par E.J. Viso dans les stands lors de la première neutralisation provoquée par un tête-à-queue de Bryan Clauson dans le virage 2.

S’en est suivi alors un récital d’Andretti qui mena la course avec maîtrise jusqu’au 79ème tour, moment où Mike Conway en était quitte pour un gros accident dans le virage 1. Le Britannique qui venait de percuter son préposé au ravitaillement, repartait avec un aileron avant endommagé et n’a pu contenir une dérobade de son train arrière au point de corde du virage 1. Partant en tête-à-queue, le pilote A.J. Foyt Entreprises prit au piège Will Power qui ne put l’éviter et Conway s’en alla percuter le mur extérieur avec une voiture manquant de se retourner. La situation aurait pu virer au drame lorsqu’une roue de la voiture #12 de Power se détacha et passa non loin du casque de son coéquipier Helio Castroneves.

Dix tours plus tard, ce fut au tour d’Ana Beatriz de perdre le contrôle de sa voiture et de provoquer une nouvelle neutralisation. Andretti alors en tête décida d’effectuer un “Splash and Dash” et laissa le commandement à Dixon devant Franchitti revenu du Diable Vauvert. A partir de ce moment, la physionomie de la course allait basculer. Une domination Honda allait succéder à celle de Chevrolet. Ce fut tout d’abord à Takuma Sato de porter haut les couleurs du motoriste japonais. Le pilote Rahal-Letterman Lanigan Racing mena son premier tour à Indy au 130ème passage et allait imprimer le rythme de la course 20 tours durant. Derrière, profitant d’une relance après une neutralisation provoquée par l’arrêt en piste de Sebastian Saavedra, les pilotes Chip Ganassi Racing récupéraient la tête à Sato et allaient jouer au jeu de l’aspiration pour tenter de se détacher du reste de leurs poursuivants. Ainsi à chaque tour, Dixon puis Franchitti se récupéraient mutuellement le commandement à l’entrée du virage 1, l’endroit clé ce dimanche pour dépasser.

Ce petit jeu dura jusqu’au 180ème tour quand Ed Carpenter, alors revenu dans le top-5, perdit le contrôle de sa Dallara-Chevrolet dans le virage 1 après avoir mordu l’apron. Lors du restart au 184ème tour, Tony Kanaan, expert en la matière, réussissait à détrôner le champion en titre de sa position de leader dans le virage 1. S’en est suivi un duel entre les deux vétérans quand le Brésilien prit la tête au 187ème tour, au moment où Andretti partit lui aussi en travers dans le virage 1 avant de s’encastrer dans le muret extérieur.


Avec sept tours à parcourir lors du restart, Kanaan ne pouvait rien faire pour contenir les pilotes Chip Ganassi. Durant cinq tours, les deux coéquipiers n’ont pas arrêté de s’échanger la tête de la course quand au 198ème tour, Sato décida qu’il en était assez et prit la deuxième place à Dixon de façon autoritaire dans le virage 1. Dès lors, le Japonais de l’écurie Rahal-Letterman Lanigan Racing tel un taureau ne voyait plus que la couleur rouge de Franchitti dans son viseur et semblait en mesure de doubler l’Ecossais. C’est précisément ce qu’il tenta de faire dans le dernier tour au premier virage. Blotti dans l’aspiration de Franchitti qui commençait à fermer la porte, Sato força le passage lors d’une manoeuvre kamikaze à l’intérieur du virage 1. Arrivant côte à côte à l’entrée du virage, il était évident que Sato n’aurait pas la place pour tourner. Faisant tout son possible pour éviter son adversaire, le Japonais plaça sa voiture trop à l’intérieur et partit en tête-à-queue manquant d’emmener avec lui Franchitti.

Avec un nouveau drapeau jaune brandi, Franchitti ne pouvait plus être inquiété et pouvait célébrer sa première victoire de la saison et surtout son troisième succès lors des 500 Miles d’Indianapolis. En difficulté avec la Dallara DW12 depuis le début de la saison, le triple champion IndyCar a répondu de la meilleure des manières à tous ses détracteurs en s’imposant tel l’immense champion qu’il est lors de la course la plus dure et la plus importante de la saison.

Sur la Victory Lane, l’Ecossais n’a pas manqué de rendre hommage à son ami Dan Wheldon disparu lors de la dernière course de la saison 2011. Grand amateur de belles bagarres en piste, le double vainqueur 2005 et 2011 aurait certainement apprécié le duel Franchitti-Sato qui a récompensé son compatriote britannique.

Du côté des Français, ces 500 Miles n’auront pas été faciles. Simon Pagenaud s’est battu durant toute la course pour rester dans le tour du leader pour finalement prendre une encourageante 16ème place, tandis que Sébastien Bourdais ne put faire mieux que 20ème.

Enfin du côté des pilotes motorisés par Lotus, le miracle n’aura pas eu lieu. Fidèle à sa menace, Beaux Barfield a été contraint de présenter le drapeau noir à Simona de Silvestro et Jean Alesi puisque les deux pilotes ne sont pas parvenus à évoluer en deçà des 105% du temps des leaders. Triste conclusion d’un mois de mai cauchemardesque pour ces deux pilotes dont on espère qu’ils reviendront à Indianapolis l’année prochaine dans de bien meilleurs conditions.

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