L’IndyCar sur ovales : un retour aux sources gagnant !

Rappelez vous, peu après le drame qu’avait connu la dernière épreuve de la saison 2011 d’IndyCar sur le Las Vegas Motor Speedway, où Dan Wheldon perdait la vie, tous les regards s’étaient portés sur la physionomie des courses en paquets que l’IndyCar promouvait depuis plus d’une décennie.

Pointées du doigt par les plus connaisseurs et les plus passionnés qui ont connu et vécu les grandes heures de la disciplines où piloter sur ovales était synonyme de courage et finesse de pilotage, ces courses ont pourtant servi à l’Indy Racing League (l’ancien organisme qui a régi l’IndyCar de 1996 à 2010) à communiquer sur le fait que leur discipline était la plus disputée de toutes. Une publicité mensongère puisque ces courses reposaient uniquement sur le talent des ingénieurs qui mettaient au point ces voitures plutôt que sur le talent du pilote qui risquait sa vie derrière le volant. En effet, la seule action du pilote se résumait à rester à fond durant environ 200 tours et à tirer profit de l’aspiration de ses adversaires… Le spectacle était donc artificiel et seul le grand public, étranger au sport automobile pouvait se laisser berner par un simulacre de spectacle. D’ailleurs, les spécialistes ne s’y sont pas trompés puisque les affluences n’ont cessé de baisser sur ces épreuves au point de ne voir que cinq ovales cette année.


Conscients du besoin de redorer l’aura des courses sur ovales et plus particulièrement sur les speedways, l’INDYCAR sous la direction de Randy Bernard a décidé de revoir sa copie en 2012 sur les circuits d’1,5 mile. Ainsi, profitant de la nouvelle voiture pour modifier les règles aérodynamiques, la décision fut prise de réduire drastiquement les appuis aérodynamiques. Le but de cette manœuvre ? Augmenter les vitesses de pointe mais surtout, forcer les pilotes à ralentir dans les virages afin de créer des écarts entre les voitures durant la course. Cette décision allait également permettre aux pilotes de se démarquer puisque au lieu de suivre bêtement la ligne intérieure dans un but d’effectuer la plus petite distance autour de la piste, ces derniers allaient pouvoir explorer différentes trajectoires selon que leur voiture serait plus ou moins survireuse ou sous-vireuse. En quelques mots, le pilote allait enfin reprendre son rôle sur ovale. Une véritable révolution !

Mais ces promesses ont-elles été tenues ? Après avoir vu la course des Firestone 550, la réponse ne peut être que positive. Dès le départ, le peloton s’est rapidement étendu et plus tard dans la course, Scott Dixon alors en tête possédait plusieurs secondes d’avance sur son poursuivant. Une chose encore impensable ces dernières années. Mieux encore ! Certains pilotes dont des favoris comme Dario Franchitti ou Helio Castroneves luttaient pour rester en piste au point de devoir maîtriser d’importantes dérobades de leur train arrière. Là encore, de telles figures de style étaient inexistantes depuis l’arrivée de l’IRL. En quelques minutes seulement, la course du Texas nous a redonné toute la magie qui faisait le charme des courses sur ovales jusqu’au début des années 2000 dans le championnat C.A.R.T. Au final, même le résultat de la course a permis de définitivement validé les choix de l’INDYCAR puisque ce n’est pas un favori qui s’est imposé, mais un outsider en la personne de Justin Wilson. Comme au temps du C.A.R.T. le vainqueur n’est pas celui qui pilote pour l’écurie ayant dépensé le plus d’argent en soufflerie pour optimiser l’aéro de sa monoplace, mais l’écurie et le pilote qui ont réussi à exploiter leur matériel tout au long des nombreux changements d’adhérence propres aux courses sur ovales. Le spectacle et l’intérêt du championnat s’en trouvent donc fortement grandis.

Pour définitivement se convaincre de l’excellent travail qu’a effectué l’INDYCAR cette année, voici quelques morceaux choisis des pilotes à la descente de leur monoplace après les Firestone 550.

Ryan Briscoe :Je suis mentalement épuisé, comme à Indy. J’ai eu une voiture sur-vireuse pendant les 100 derniers tours, et c’était un réel défi. Mais nous avons demandé à avoir des voitures plus difficiles à piloter et nous avons eu exactement ce que nous avons demandé. Vous deviez vraiment être au meilleur de votre forme et j’étais vraiment heureux avec ce package aérodynamique.


James Hinchcliffe :Avec ce genre de courses au Texas cette nuit, vous êtes inquiets à propos de ramener la voiture en un seul morceau. Avec l’ancienne façon de rouler au Texas, vous étiez inquiet à propos de sortir de la voiture en un seul morceau. J’ai dû rester assis une minute dans la voiture avant d’en sortir pour avoir assez de force pour retirer le volant tellement j’étais agrippé à mon volant durant les dix derniers tours parce que la voiture était tellemen t sur-vireuse. Je suis content de m’en être sorti.

Will Power :C’était la meilleure course sur ovale à laquelle j’ai pris part. Les voitures bougeaient, vous pouviez dépasser à l’extérieur, et c’est ce genre de course dont nous avons besoin sur cette piste. Les changements que nous avons fait à ces voitures font que dorénavant, vous devez les piloter et le meilleur pilote a gagné cette nuit.

Jusqu’à Power et conclure sur c’est le course la plus agréable qu’il m’ait été donné de faire sur ovale…

Au vu du spectacle proposé et de l’avis général, il est évident que cette course du Texas restera comme celle ayant permis aux ovales de se refaire une image dans le championnat IndyCar. Les pilotes ont retrouvé le plaisir de piloter (maîtriser) leur voiture sur ces circuits, les spectateurs ont retrouvé l’intérêt d’admirer leurs prouesses, les écuries savent désormais que chacune d’entre elles ont une chance de gagner, et les promoteurs auront désormais un produit qui leur sera plus facile de vendre auprès d’éventuels annonceurs.

Alors, êtes-vous prêts à (re)voir davantage de circuits ovales dès l’année prochaine ? Il vaudrait mieux car désormais tous les voyants sont au vert pour en accueillir de nouveaux l’année prochaine d’autant plus que le Michigan, Richmond et Phoenix ont entamé des discussions avec Randy Bernard.

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