Carnet de bord tests Euro RACECAR NASCAR

Chers lecteurs,

C’est avec un immense plaisir que je rédige mon premier carnet de bord en tant que pilote et non en tant que journaliste (je rassure mes collègues d’US-RACING, j’adore toujours cette activité). Mais vous l’aurez compris et je dois bien l’avouer, dans mon cœur et dans mon âme, ma place a toujours été derrière le volant d’une voiture de course avant d’être derrière les touches d’un clavier pour vous faire vivre le championnat IndyCar.

Lundi 22 octobre, j’effectuais donc mes débuts en Euro RACECAR NASCAR lors d’une séance de tests organisée sur le circuit Bugatti du Mans ! Ce test, je l’attendais depuis très longtemps après mes expériences convaincantes en Legends Cars et comme vous pouvez l’imaginer, me glisser dans le cockpit d’une véritable NASCAR était un rêve d’enfant.


Nous sommes arrivés à 9H30 sur le circuit pour rencontrer le personnel des RACECAR. Dès le début, le décor est planté et l’ambiance est on ne peut plus claire : nous sommes dans une VRAIE discipline NASCAR comme en témoigne les panneaux “Welcome Race Fans” et l’esprit de camaraderie dans les garages. Immédiatement je suis surpris par le nombre de pilotes venus se faire une idée de cette stock-car. Nous sommes une petite dizaine et les plus jeunes ont entre 13 et 15 ans et viennent directement du karting ! Jérôme Galpin m’explique qu’il souhaite prendre les USA comme modèle où 3000 pilotes vivent de la course et ainsi former le plus tôt possible les pilotes à l’école “NASCAR”. Un projet ambitieux mais tout à fait logique. Le père de l’un de ces pilotes me confie même qu’il souhaite arrêter le karting pour se concentrer sur l’automobile et les RACECAR où les coûts sont plus faibles, les pilotes se respectent davantage et où la formation sera bien plus efficace.

A 10H les moteurs se réveillent dans les stands et les premières voitures prennent la piste. Jean Galpin m’indique que la voiture #06 va rentrer aux stands après quelques tours et qu’il est désormais à mon tour de prendre place dans son cockpit. Je termine ma préparation et alors que les mécaniciens s’affairent dans l’habitacle pour peaufiner mon “bureau”, je monte pour la première fois de ma vie dans une voiture de NASCAR. La sensation est géniale (vous pouvez voir sur les photos le sourire sur mon visage) et à ce moment je mesure l’étape que je suis en train de franchir après avoir couru en karting et en Legends Cars. Désormais, il s’agit de véritable voitures de course, lourdes et puissantes (450ch pour 1100kg). Une fois bien installé dans le baquet, je démarre le V8 Chevrolet et sa mélodie me force encore à me concentrer davantage. Ce n’est pas un jouet mais bel et bien un moteur puissant, coupleux, capable de vous emmener à plus de 240km/h !

Dès la sortie de la pitlane, je m’aperçois que la voiture est très douce et facile à prendre en main. L’accélération est progressive, aidé par une course d’accélérateur plus longue que ce que j’ai connu jusque là, la boîte en H est précise et le retour d’information de la pédale de frein est excellent ce qui permet de freiner fort tout en ressentant les amorces de blocage de roues. En quelques mots, c’est une voiture pensée pour la course à l’inverse des Legends Cars qui n’offrent pas autant de précision dans leur retour d’informations.


Après deux tours d’installation sur une piste comportant quelques tâches d’humidité, je commence à augmenter mon rythme et je constate que les excellents pneumatiques slicks Michelin confèrent une énorme adhérence à la voiture. Nous pouvons freiner plus tard, rentrer plus vigoureusement dans les courbes et surtout accélérer tôt. La voiture accepte ce traitement et mieux encore, vous prévient d’une légère dérive lorsque vous atteignez ses limites. Au fil des tours et de la journée mon rythme augmente de façon constante et je commence à mieux cerner le comportement de la voiture ainsi que mon potentiel à son volant. La clé pour être rapide est de maîtriser le transfert de masse afin d’optimiser l’utilisation des pneus. Dans le baquet, je ressent la voiture travailler. Au raccordement, je retarde trop mon freinage et doit le prolonger à l’amorce du premier droit. Au fur et à mesure que je relâche la pression de la pédale de frein (freinage dégressif oblige), je sens l’arrière se délester et glisser. Je dois alors contrebraquer pour maîtriser la dérive de la voiture et avaler le double-droit du raccordement sans trop de problème. Cet exemple montre à quel point l’on prend du plaisir au volant de cette stock-car et surtout à quel point il faut être fin dans son pilotage.

Après 1H de roulage répartie dans la journée, je rentre à 15H30 pour la dernière fois aux stands, le sentiment d’avoir accompli un bon travail sur la piste puisque ma progression a été régulière sans avoir eu besoin de rouler à 100%. Après tout, il ne s’agissait que d’une séance d’évaluation (à ce titre, l’un des jeunes a eu moins de réussite puisque sa fougue l’a emmené dans le mur dans le dernier virage du raccordement après qu’il ait accéléré trop tôt, trop fort). Cette impression me sera confirmée quelques minutes plus tard par Jérôme Galpin lui-même puisqu’il m annonce que mon rythme me permettrait d’évoluer dans le milieu du peloton OPEN. En découvrant la voiture et avec seulement 1H de roulage, c’est de bon augure pour la suite !

Ma journée s’est ensuite terminée avec l’interview réalisée par mes amis et collègues d’US-RACING puis par une discussion avec Jérôme Galpin dans le camion RACECAR à propos de mon futur. Au final, cette première journée restera à jamais gravée dans ma mémoire puisqu’après tout, elle représentait ma première fois en NASCAR ! A ce propos je tiens à souligner l’esprit convivial de cette série et de ses participants. Au-delà des organisateurs, des pilotes comme Eric Hélary (patron d’écurie désormais), Willy Boucenna et Tanguy Ide sont venus sur le circuit pour nous apporter leurs précieux conseils. Ceci démontre que la culture US est tout-à-fait possible en Europe et plus particulièrement en France où pour certains pilotes les égos dans les paddocks ont souvent tendance à dépasser leurs performances en piste. Alors, merci Messieurs pour votre accessibilité !

De mon côté, il me reste désormais à travailler dur cet hiver pour trouver des partenaires avec lesquels je pourrais m’engager pour la saison 2013. Cette tâche est loin d’être évidente mais ce test a décuplé ma motivation. Alors j’espère que ce travail paiera et que je serai en mesure de vous faire vivre mon expérience, vu de l’intérieur sur les circuits l’année prochaine !

En attendant, bonne fin d’année sur US-RACING et à très bientôt !

Kévin Vernaz

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