Julien Jousse : ‘Le draft c’est fou !’

Julien, comment s’est passé ton immersion dans l’écurie d’Eddie Sharp ?

“Très bien ! ESR représente exactement l’encadrement professionnel que j’attendais pour mon évolution en NASCAR. J’ai instantanément développé une grande complicité avec mon crew chief et mon équipe technique, ce qui est très important pour moi. Eddie Sharp et Mike Schriefer (vice-président d’ESR, NDLR) s’impliquent également dans mes débuts en ARCA, et cela me plait bien car j’ai beaucoup à apprendre d’une grande équipe comme celle-ci.”

Quelles sont les différences notoires par rapport à l’écurie de Derrike Cope ?

“Ce ne sont pas du tout les mêmes moyens mis en œuvre. C’est comme comparer HRT et Ferrari en Formule 1 ! ESR est une équipe engagée à plein temps en NASCAR Truck Series. Ajouté aux séries de développement, ils font donc plus d’une quarantaine de courses par an et construises eux-mêmes leurs propres châssis ! C’est deux univers complètements différents.”


Que ressens-tu après l’annonce de ton engagement à Daytona pour la course d’ARCA qui se tiendra le même jour que le Shootout et donc en présence des grandes stars de la NASCAR Sprint Cup ?

“J’ai déjà connu cette pression en World Series by Renault et lors de mes tests en GP2 Series. C’est évidemment une bonne opportunité de se montrer en piste pour décrocher des contacts intéressants. Mais je ne veux pas brûler les étapes non plus. Il ne s’agira que de mon deuxième départ en stock-car, et l’encadrement que me propose Eddie Sharp correspond parfaitement à l’évolution que je souhaite sur ovale.”

Comment te sens-tu dans le draft ? Y-a-t-il quelqu’un avec qui tu te sens plus à ton aise pour travailler dans le paquet ?

“C’est un truc de fou le draft ! J’ai été surpris des vitesses auxquelles nous pouvions tous nous pousser sans le moindre écart de pilotage, et du nombre de voiture par file. Ca n’est pas forcément dans cette configuration que j’ai le plus brillé car nous roulions toujours en configuration course, donc avec beaucoup d’essence. Mais je suis très satisfait de la stabilité de mon auto dans ce type de roulage. Je n’ai pas drafté avec un pilote en particulier, mais je suis revanche satisfait de notre planning de travail calqué sur Bobby Gerhart, qui a gagné huit fois ici.”

Sur une stock car les possibilités de réglages sont très rudimentaires est-ce un avantage ou un inconvénient ?

“C’est surtout très différent de ce que je connais en Europe ! Beaucoup moins d’acquisitions de données et de débriefing de l’ordinateur, tout fonctionne vraiment au feeling du pilote. C’est très américain, mais je m’y adapte bien.”

Tu as fait Le Mans, maintenant Daytona, envisages-tu Indianapolis dans un futur proche, autre que la NASCAR ?

“Voilà un programme qui serait tentant, mais je laisse maintenant la monoplace derrière moi. Je serai en revanche ravi d’aller y encourager Tristan Vautier qui est un ami, s‘il a l’occasion de les faire…”

As-tu une appréhension à courir de nuit sans phare sur la voiture ? Les ovales sont certes très bien éclairés, mais n’est-ce pas quelque peu repoussant au premier abord pour quelqu’un issue de la filière européenne ?

“Croyez-moi, lorsque vous avez connu les 24 Heures du Mans au volant d’une LMP1 de nuit et sous la pluie, vous n’appréhendez plus rien ! (Rires) J’ai déjà couru de nuit en NASCAR à Roseville et je ne m’en suis pas senti spécialement gêné. De plus, j’ai analysé beaucoup de vidéos, et les ovales semblent vraiment bien éclairés. Quoi qu’il en soit, la question ne se posera pas à Daytona où la course se disputera de jour.”

Comptes-tu t’installer durablement aux USA, ou bien faire des allers-retours avec l’Europe si tu as des possibilités notamment en Endurance ?

“Comme vous le dites, cela dépendra de mon programme en Europe ! J’ai plusieurs contacts intéressants et je serai ravi d’un double programme entre endurance et NASCAR. Mais à l’heure actuelle, rien n’est finalisé. Cela dit, si je dois rester aux USA, il y a des belles maisons sur le bord du Lake Norman.”

Le stock car en général et la NASCAR en particulier sont plutôt considérés comme des voies de garages par nombre de pilotes Européens, que leur réponds-tu ?

“De venir piloter dans le draft, et on verra si ils se sentent comme dans leur garage ! (Rires)”

Si des Français viennent à te rejoindre en ARCA ou en NASCAR, es-tu prêt à les conseiller comme le veut la philosophie américaine et ce même s’ils ne travaillent pas pour la même écurie voire le même constructeur ?

“Absolument ! Nous sommes déjà deux français au départ à Daytona en ARCA, et j’espère
que nous ouvrirons la voie pour d’autres frenchies. Je serai en tout cas ravi de converser
avec des compatriotes dans les paddocks de stock-car.”

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