La Earnhardt-Ganassi doit se reprendre

Souvenez-vous de la saison 2010. Avec quatre victoires, trois pour McMurray à l’occasion des Daytona 500, du Brickyard 400 ainsi que l’épreuve automnale de Charlotte et une pour Montoya à Watkins Glen on pensait l’écurie enfin sur les bons rails capable de jouer les premiers rôles.

Pourtant après une année exceptionnelle qui l’a vu devenir le premier propriétaire à remporter les Rolex 24, les Daytona 500 et l’Indy 500 au cours d’une même saison Chip Ganassi a vite déchanté. Utilisant le terme pathétique pour qualifier l’année 2011 de son écurie en Sprint Cup, il pensait ne pas pouvoir faire pire en 2012 et pourtant… Seul point positif l’émergence du jeune Kyle Larson dans les séries de développement.


2012 pire que 2011

En 2011 la Earnhardt-Ganassi Racing n’a signé que quatre top-5, deux pour chacun des ses pilotes, Montoya à Las Vegas et Martinsville en tout début de saison, McMurray à Indianapolis et Bristol au mois d’août pour ce qui reste à ce jour le dernier top-5 de l’écurie !

2012 devait être l’année du rebond, l’écurie l’attend toujours. Aucun top-5 donc, trois top-10 pour McMurray, deux pour Monoyta, quatre-vingts tours menés à eux deux, quatre abandons pour l’ancien vainqueur des Daytona 500, cinq pour le Colombien et enfin statistique encore plus frappante dix-sept courses terminées dans le tour du vainqueur pour McMurray et simplement treize pour son coéquipier.

Les deux hommes ont terminé vingt-et-unième et vingt-deuxième du classement séparés de cinquante-huit points si l’on peut trouver une explication dans le manque de compétitivité des châssis Childress puisque l’écurie mère, la Richard Childress Racing n’a placé qu’un seul de ses pilotes dans le Chase, Kevin Harvick qui est d’ailleurs le seul pilote à avoir signé une victoire, Paul Menard et Jeff Burton n’ont guère fait mieux que leurs homologues de la Earnhardt-Ganassi Racing puisque Menard a pris la seizième place finale, soit trois positions de mieux que Burton.

La Earnhardt-Ganassi Racing a développé une plate-forme commune des moteurs avec la Richard Childress Racing. Les V8 n’ont cédé que deux fois cette année, une fois pour McMurray à Phoenix en début de saison, puis à Talladega pendant le Chase pour Montoya.

Ganassi choisit de se fournir chez Hendrick

Pour 2013 l’écurie a choisi la stabilité aux différents postes clés, mais le changement de détail viendra des V8 qui ne seront plus issus de la Earnhardt-Childress Racing, mais de la Hendrick Motorsports, dont les moteurs ont remporté six des sept derniers championnats, cinq avec Jimmie Johnson de 2006 à 2010 et un avec Tony Stewart en 2011, ce dernier courant pour sa propre écurie, la Stewart-Haas Racing, mais étant équipé de châssis et moteurs Hendrick.

La solution passe-t-elle par se changement de fournisseur moteur pour la Earnhardt-Ganassi Racing ? Peut-être, mais rien n’est sûr. Cependant, une chose est certaine, l’écurie ne pourra pas brandir le problème des moteurs comme excuse aux mauvais résultats.

Le facteur clé de la saison 2013 réside dans ma bonne compréhension des châssis 2013, puisque la nouvelle génération de voitures a fait évoluer ces châssis par rapport à sa devancière. La Richard Childress Racing sera-t-elle capable de fabriquer des bons châssis pour elle-même d’une part et ses écuries clientes d’autre part ? Réponse dès l’ouverture de la saison.

Enfin dernier point important pour l’écurie de Chip Ganassi, la faculté qu’auront ses pilotes à s’adapter au nouveau matériel. En cas de problèmes de compréhension, la saison pourrait une nouvelle être très longue pour l’écurie dont le contrat de ses deux pilotes arrive à échéance à l’issue de l’exercice 2013.

Un sauveur nommé Kyle Larson ?

Ces derniers mois vous n’avez pas pu passer à côté du phénomène Kyle Larson. Rookie et champion des K&N East Series en 2012, Larson a aussi impressionné en Truck Series avec la Turner Scott Motorsports à Phoenix où il a pris la deuxième place de l’épreuve.

Ce jeune pilote de développement dont le calendrier complet pour 2013 reste à définir est amené à gravir un-à-un les échelons qui le séparent de la Sprint Cup. Cependant, au moment de monter la dernière marche Larson pourrait bien être tenté d’aller voir ailleurs si la situation de la Earnhardt-Ganassi Racing ne s’améliore pas ce qui serait alors un énième coup dur pour cette écurie.