Daytona – L’accident de Kyle Larson ou le silence éloquent de la NASCAR sur la situation

Avant de commencer cet article, sachez que les propos qui y sont tenus n’engagent que leur auteur. Pour mieux comprendre, petit retour sur les évènements de samedi de l’accident à la conférence de presse tenue par le vice-président de la NASCAR Steve O’Donnell, ainsi que le président du Daytona International Speedway Joie Chitwood III, près de trois heures après les évènements.

Oui l’accident du dernier tour de l’épreuve d’ouverture des NASCAR Nationwide sur le Daytona International Speedway a fait le tour du monde pour de mauvaises raisons tant certains médias préfèrent s’intéresser au côté spectaculaire voire dramatique de la chose plutôt qu’au sport en lui-même, oui il aurait pu prendre une tournure tragique, oui la NASCAR a eu raison d’intervenir sur les sites de diffusion de vidéos amateurs pour les supprimer et devrait d’ailleurs se montrer plus sévère en toute occasion dans les droits vidéos sont vendus cher aux différents diffuseurs, mais non elle n’avait pas le droit d’imposer une telle loi du silence aux journalistes ce qui a laissé place aux rumeurs les plus déplacées grâce au pouvoir malsain des réseaux sociaux.


Pour vivre la fin de l’épreuve de Nationwide je décide de me placer en début de ligne des stands à droit de l’emplacement réservé à Danny Efland, un choix avant tout stratégique qui me permet de prendre des photos de l’arrivée tout en pouvant rallier la Victory Lane une fois le burn du vainqueur terminé afin d’assister à la célébration avec son écurie.

Finalement de burn il n’y aura pas, tandis que la célébration se résumera à sa plus simple expression avec un vainqueur, Tony Stewart, qui n’a pas la tête à fêter quoi que ce soit suite à un accident qu’il a vu dans son rétroviseur intérieur et qu’il qualifiera de “pire image du sport automobile” qu’il ait vue.

Pour ma part l’accident je le vois d’un œil par l’intermédiaire de l’objectif de mon appareil photo. Si je comprends rapidement que de très nombreuses voitures dont Brad Keselowski sont impliquées je ne m’aperçois de la gravité de la scène qu’après avoir arrêté de prendre des clichés. L’image qui saute aux yeux est un réel champ de bataille. Que Kyle Larson sorte seul de sa voiture paraît à première vue incroyable, mais prouve surtout que toutes les améliorations liées à la sécurité des voitures ne cesse de porter ses fruits.

En me rapprochant de la Victory Lane j’entends la foule hurler et vois un officiel au pied du SAFER wall qui ne sait que faire. En regardant par le biais de mon appareil photo je me rends qu’il n’y a pas un ni deux ou trois trous dans le grillage, mais bel et bien quatre orifices ce qui laisse présager de la violence du choc et de blessures voire pire du côté des spectateurs présents à cet endroit précis. Pour ce qui est de la roue et du moteur ayant traversé le grillage il faut attendre le visionnage des photos sur l’ordinateur pour s’en rendre compte.

La Victory Lane tourne à sa plus simple expression. Tony Stewart a gagné sa septième victoire à Daytona en Nationwide, mais l’intérêt est bien évidemment ailleurs. L’inquiétude est palpable que ce soit chez les journalistes, les photographes ou encore les fans présents sur la Victory Lane ou dans la fan zone.

La première chose frappante au retour en salle de presse est le silence pesant qui y règne. Personne ne parle, personne ne se sert de son ordinateur, seul le son des télévisions ralayant les images du diffuseur de l’épreuve (ESPN – ndlr.) se font entendre, mais on y apprend rien, car personne ne sait quoi que ce soit.

Près de trente minutes après l’accident les premières informations arrivent. On apprend tout d’abord que les pilotes impliqués dans l’accident ont tous été transportés au centre médical du circuit alors que Michael Annett, impliqué dans l’accident précédent souffre lui de brûlures à la poitrine ainsi qu’au sternum et doit être transféré à l’hôpital le plus proche pour de plus amples examens.

Une heure après l’accident on sait enfin qu’il y a des blessés. À partir de là les rumeurs vont bon train et la NASCAR ne fait pas grand chose pour les arrêter. Combien sont blessés ? Le nombre varie de dix à plus d’une trentaine selon les sources. Les réseaux sociaux ne cessent de grouiller d’informations contradictoires, mais on ne prête que peu d’attention à ce que peuvent dire les fans qui auront toujours tendance à amplifier la situation et annoncer des choses sans finalement être au courant.

Des photos ainsi que des vidéos montrant une roue arriver au pied d’une loge commencent alors à faire le buzz sur la toile. La NASCAR décide alors à juste titre de supprimer les vidéos sur les sites dédiés tel que youtube, puisque celles-ci n’ont rien à y faire. Si les spectateurs ont le droit de prendre des photos et des vidéos dans les tribunes ils doivent les utiliser dans un usage privé et non public.

Un seul replay est enfin diffusé sur ESPN et montre à quel point la violence des chocs de Kyle Larson notamment est inouïe. On en comprend un peu plus sur cet accident, notamment pourquoi le grillage à céder à plusieurs endroits. Plusieurs questions restent alors à ce moment-là sans réponse. Les Daytona 500 seront-ils maintenus ? Le grillage peut-il être réparé ? Quid des spectateurs devant être présent à cet endroit là demain ? Mais toujours aucune nouvelle de personnes potentiellement blessées, voire plus devant le silence de la NASCAR.

Alors que les pilotes sortent un à un du centre médical du circuit après une visite de contrôle obligatoire, une conférence de presse doit être organisée avec Joie Chitwood III et Steve O’Donnell à 19h00 afin d’en connaître un peu plus, mais attention la durée de cette conférence sera limitée à 10 minutes, questions comprises et il est signifié à l’ensemble des médias d’éviter les questions embarrassantes. À quoi bon faire une conférence de presse dans ce cas ?

Lorsque Chitwood et O’Donnell arrivent c’est le monde des Bisounours que l’on accueille. On nous assure la bonne réparation du grillage d’ici les Daytona 500 et la bonne tenue de l’épreuve d’ouverture de la saison 2013 des NASCAR Sprint Cup Series. Et les blessés dans tout cela ? Hormis dire que toutes les prières des responsables de la NASCAR et du Daytona International Speedway vont aux victimes, pas grand chose. Après deux questions on apprend enfin qu’ils sont au nombre de quatorze au centre médical du circuit alors que d’autres, Combien ? On l’ignorera jusqu’au communiqué de l’hôpital en question, sont envoyés dans un hôpital avoisinant. Pourquoi ? Ont-ils plus de séquelles que les autres ? Là encore le silence est éloquent. La conférence se termine sur tant de non-dits que le communiqué de l’hôpital nous en apprend plus. Un comble !

En salle de presse c’est la consternation et certains journalistes n’hésitent pas à le dire ouvertement en déclarant que ‘The show must go on‘ a ses limites. On sait que la course du lendemain est maintenue, que le grillage sera réparé, que les fans ne seront pas déplacés, que les pilotes impliqués dans le crash vont bien alors que les spectateurs blessés on n’en parle pas à croire que c’est un sujet tabou.

Finalement on en saura un tout petit peu plus lors de la conférence du dimanche matin qui a permis d’annoncer le succès des réparations, mais aussi que les personnes évacuées au centre médical du circuit étaient sorties et comptaient revenir. Du côté des officiels du circuit on consentait l’effort de déplacer les spectateurs dont la place étaient dans la zone de l’accident et qui le demandaient.

Bref, en se taisant le week-end dernier la NASCAR a eu tout faux et a permis aux rumeurs de s’alimenter. Qu’aurait-il fallût faire ? Parler, en tout cas donner les informations disponibles afin de rassurer les spectateurs et les supporters plutôt que de laisser agir les rumeurs qui seront toujours plus nocives qu’autre chose de par la puissance des réseaux sociaux et leur utilisation bien souvent inadéquat de la part des inscrits qui ne recherchent que le buzz pour une gloire éphémère… De plus un tel silence a été sujet à nombreuses interprétations celle qui revenait le plus étant que la NASCAR prenait pour des imbéciles ses fans, que ce soient ceux qui se déplacent dans les tribunes ou ceux qui restent devant leur télévision, alors qu’ils sont une partie non négligeable de leurs revenus.

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