L’IndyCar fait appel au Boston Consulting Group

Actuellement en pleine réflexion sur l’avenir de son championnat, le groupe Hulman & Co a décidé de s’offrir les services du Boston Consulting Group (BCG) pour avoir une idée plus précise de l’évolution des choses pour les années à venir. Cabinet international de conseil en stratégie, le très célèbre BCG aide les entreprises à faire évoluer leurs activités et fournit des recommandations et des suggestions afin d’améliorer leurs performances en fonction de leur environnement économique.

Cette découverte a été faite par Associated Press qui s’est procuré un exemplaire du rapport du BCG. La première chose qui ressort de cette étude poussée est plutôt encourageante pour la famille Hulman George. Le Boston Consulting Group conseille à Hulman & Co de conserver les rênes du championnat IndyCar Series et de l’Indianapolis Motor Speedway. Il en va de même pour l’Indy500 qui reste une course prestigieuse et reconnue dans le monde entier.

Dans un rapport de 115 pages remis à la société Hulman & Co, le Boston Consulting group propose une large palette de suggestions qui sont censées permettre d’améliorer la situation d’un championnat monoplace qui était très mal en point il y a quelques années. Rappelons toutefois qu’Hulman & Co n’a aucune obligation de suivre ces recommandations qui restent bien-sûr indicatives.

Après une saison 2012 considérée par beaucoup comme la plus belle depuis les années 1990 sur le plan sportif, de nombreux incidents d’ordre politique sont intervenus avec en point d’orgue le licenciement de l’acteur majeur de la reconstruction du championnat : Randy Bernard.

Le début de saison approchant à grand pas, des solutions pouvant être mises en place rapidement étaient attendues… Mais il n’en est rien, les recommandations apportées par le BCG ne peuvent pas être mises en place immédiatement.

Selon le Boston Consulting Group, l’IndyCar “est le meilleur championnat de course automobile aux Etats-Unis…. mais il manque cruellement de reconnaissance.” En effet, une partie du problème vient du fait qu’une grande majorité des 14 millions de fans qui suivent l’Indy500 ne regardent aucune autre course durant la saison. Ainsi l’accent doit être mis “sur l’excitation de la course automobile, le courage des pilotes animés par la seule envie de s’imposer, et sur les vitesses atteintes afin de pouvoir se distinguer du folklore divertissant de la NASCAR.”

Voici donc un aperçu des suggestions apportées par le BCG dans son rapport :

– Un calendrier IndyCar séparé en deux saisons : un championnat de 15 courses disputées sur le continent américain durant dix-neuf semaines (d’avril à août. Ndlr) et une série internationale pendant l’intersaison. L’attribution du titre serait décidée lors d’un playoff à la fin de la saison américaine dont voici le calendrier : Houston, Phoenix, Indianapolis 500, Miami, Atlanta, Boston, Chicago, Pocono, Toronto, Seattle, Sonoma et Fontana. Les trois courses du playoff seraient Texas, Long Beach et la grande finale sur le circuit routier d’Indianapolis.

Selon le Boston Consulting Group, l’ajout d’un playoff permettrait à l’IndyCar de bénéficier d’un mécanisme qui crée du suspense en fin d’année car “le calendrier actuel montre que les audiences télévisées sont au plus bas à la fin de la saison.”

– La diffusion TV de l’IndyCar doit être réalisée sur un seul réseau, de préférence ABC/ESPN, en choisissant de programmer la majorité des courses sur ABC. En effet, selon le rapport, le groupe NBC Sports Network ne peut pas diffuser correctement l’IndyCar en raison de son contrat avec la F1. Il existe une clause promotionnelle qui autorise la diffusion de tout autre championnat de sports mécaniques sur le câble uniquement et non sur le réseau classique. Malgré tout NBCSN s’est montré satisfait de son accord avec l’IndyCar et ne souhaite pas terminer sa relation avant la fin du contrat…


– L’IndyCar devrait réduire les rémunérations aux équipes appartenant au Leaders’ Circle afin de rediriger les fonds pour mettre en place un paiement hebdomadaire basé sur les performances. Le système actuel reverse 1,1 million de dollars à chaque équipe et les vainqueurs remportent ‘seulement’ 35 000 dollars par victoire. Pour le BCG, il serait plus efficace de transformer le Leader’s Circle en primes. Le vainqueur recevrait alors 240 000 dollars par victoire.

L’Indianapolis Motor Speedway doit être utilisé une fois de plus pour l’IndyCar. BCG a estimé que sur les 132 jours d’utilisation du circuit en 2012, seuls 21 ont été considérés comme des évènements majeurs générant des revenus. Ainsi en organisant une course d’IndyCar sur le tracé intérieur, l’Indianapolis Motor Speedway aurait un revenu potentiel de 4,3 millions de dollars.

– Le prix des tickets lors des 500 Miles d’Indianapolis doit être revu : selon le rapport du Boston Consulting Group il n’existe pas de réelle différence entre les prix les plus hauts et ceux qui sont les meilleurs marchés. Les places haut de gamme passeraient ainsi de 150 à 200 dollars, les places en tribune de 90 à 150 dollars et les autres places iraient de 5 à 20 dollars.


D’après un communiqué de presse, Mark Miles le directeur de la société Hulman & Co a tenu a rassurer les fans et les acteurs de la série suite à cette nouvelle :

“En fin de saison dernière Hulman & Co a engagé le Boston Consulting Group (BCG) pour l’aider à développer un plan stratégique à long-terme afin d’augmenter ses revenues provenant des sports mécaniques (…) Depuis BCG nous a fourni plusieurs documents dont l’un d’eux a fait l’objet de différents articles de presse. BCG a examiné des sujets importants comme la définition de notre marque, les propriétés intrinsèques de notre sport qui puissant attirer les fans, les conditions d’amélioration des audiences TV et la façon d’aider nos équipes et actionnaires d’un point de vue financier.”

Et Miles de conclure : “Le travail du BCG nous a permis de nous concentrer sur différents points importants qui nous permettront d’appréhender le futur convenablement. Pour l’heure notre stratégie n’a pas été définie, nous devons partager ces informations avec nos actionnaires avant de parvenir aux conclusions finales. Ce n’est que le début du processus qui nous permettra de définir notre stratégie pour le futur.”

Si ces mesures semblent radicales, celles-ci n’en sont qu’à leurs débuts… Retenons donc le positif : l’IndyCar réfléchit activement sur son avenir, espérons que les décisions qui seront prises le seront pour le bien des équipes mais également des fans. Affaire à suivre…

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