Michel Jourdain Jr. abattu par sa non-qualification à Indy

Le sport automobile est sans doute l’une des discipline sportives les plus difficiles et plus injustes. Malgré un travail de tous les instants, les déceptions et peines se font plus nombreuses que les moments de joie.

Les qualifications des 97èmes 500 Miles d’Indianapolis en sont le parfait exemple. Avec 34 voitures inscrites pour 33 places sur la grille de départ, un pilote allait connaître le terrible sort de l’élimination au soir du Bump Day.

Malheureusement ce pilote en plus de la déception a même connu l’humiliation. En effet, Michel Jourdain Jr. qui comme en 2012 effectuait son retour en IndyCar lors de l’Indy 500 a vécu un mois de mai horrible. Toujours engagé avec l’écurie Rahal-Letterman Lanigan Racing, le Mexicain avait démontré l’année dernière être toujours capable de défendre sa place dans le peloton de la plus grande course de monoplace au Monde. Mais cette année, dès le début des essais, les choses étaient bien différentes.


Jamais dans le coup, toujours englué dans le fond de la feuille des temps, Jourdain Jr. et son équipe se sont présentés samedi 18 et dimanche 19 mai lors des qualifications avec un esprit rempli de doutes. En effet, avec une voiture malade dont la cause n’a jamais pu être identifiée et bien qu’elle ait démontré être performante lors de la dernière course à Long Beach dans les mains de James Jakes, la Dallara-Chevrolet numéro #17 n’a jamais permis à son pilote de se sentir en confiance sur l’ovale le plus rapide de la saison. Un moment sous-vireuse, puis sur-vireuse, la monoplace donnait tous les symptômes qu’un pilote déteste : un mal profond qui non seulement l’empêche d’être rapide mais surtout qui met en danger sa propre sécurité !

Aussi, lors du Bump Day, l’équipe décida de faire appel à ses pilotes de pointe, Graham Rahal et James Jakes, pour prêter main forte à son coéquipier. L’équipe de Jourdain Jr. a d’abord adopté les réglages du Britannique en vain puisqu’il réalisait son tour le plus rapide en 214mph. Puis ceux de l’Américain mais après seulement deux tours couverts, Jourdain Jr. rentrait à son stand en décrivant les mêmes symptômes.

C’est alors Rahal lui-même qui s’installa au volant de la monoplace #17. Equipée des mêmes réglages, du même volant et de son baquet, le fils de Bobby prit lui aussi la piste… Pour finalement rentrer aux stands au bout de quelques tours seulement dont le plus rapide réalisé en 204mph ! En cause, un équilibre précaire et la peur de se faire mal au volant de cette voiture.


Ce matin, nous avons essayé le set-up de James Jakes puisqu’il était le plus rapide des trois voitures. Je suis presque parti en tête-à-queue au virage 4 et j’ai senti que cette voiture était inconduisible. Ensuite nous avons installé Graham dans la voiture, avec ses réglages et tout, le même volant. Il ne pouvait pas voir que la voiture était différente et pourtant il ne pouvait pas la piloter…“, se lamentait Jourdain Jr, dont le regard vide laissait transparaître son abattement.

Il est rentré avec une moyenne de 204 et a dit : ‘Je ne vais pas aller plus vite (ndlr : il ne voulait pas essayer d’y aller). Tu essais d’aller à fond et d’aborder le virage 4 mais c’est impossible.

Nous avons alors décidé de changer tout ce que nous pouvions changer dans le temps qu’il nous restait : le fond plat, l’aileron arrière… Nous avons essayé mais la voiture était pareil.

Dans un dernier effort, à 20 minutes de la fin du Bump Day, l’équipe décida de remplacer tous les amortisseurs. Finalement alors qu’il ne restait qu’un quart d’heure, Jourdain Jr. décida qu’il en avait assez et abandonna toute dernière tentative de qualification. Il sortit de sa voiture, retirait son casque et sa cagoule avant de s’effondrer en larmes sur l’épaule de sa compagne pendant de longues minutes…

L’image faisait mal à voir et c’est dans ces moments que l’on se rend compte de l’extrême injustice du sport automobile et d’Indianapolis. Vivre une telle expérience est humiliante pour un pilote car il sait posséder les compétences pour faire parti de la grille mais dans ces conditions, n’a tous simplement aucun moyen de s’exprimer.

Finalement, peut-être était-ce mieux ainsi tellement son mois de mai avait bien mal commencé. A trop vouloir s’entêter, il aurait pu connaître un sort bien pire car l’Indianapolis Motor Speedway doit être respecté à sa juste valeur et il est évident que l’on ne doit pas l’affronter avec une voiture malade.

La seule chose à faire était de continuer à essayer de passer à fond, continuer de faire des choses stupides pour mettre la voiture dans le mur et ne pas faire la course de toute façon. Donc il n’y avait aucune raison de continuer.

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