Tony Kanaan s’impose dans un Indy 500 de folie

L’expression est souvent voire peut-être trop utilisée mais à coup sûr, la 97ème édition des 500 Miles d’Indianapolis restera gravée dans toutes les mémoires. Et pour cause, la course n’a connu que trois neutralisations et surtout pas moins de 68 changements de leaders ! Nul besoin de préciser que le record établi l’an dernier avec 34 dépassements pour la tête a été pulvérisé.

Dans ce contexte complètement fou rappelant les courses à plaques de restrictions en NASCAR, un homme a réussi à tirer les marrons du feu en toute fin de course à trois tours du but. En effet, Tony Kanaan qui a si souvent été frappé par la malchance sur l’Indianapolis Motor Speedway a pris la tête lors du dernier restart grâce à une superbe manoeuvre de dépassement au virage 1 et ne l’a plus quitté puisque la course a immédiatement été neutralisée suite à l’accident de Dario Franchitti dans ce même virage.

Pour parvenir à boire la bouteille de lait qui attend le vainqueur sur la Victory Lane, le Brésilien a eu fort à faire en tête de la course. En effet du premier tour jusqu’au 198ème, jamais le leader n’est parvenu à creuser un écart suffisant pour protéger sa position.

En début d’épreuve, et une fois la première neutralisation passée suite à la sortie de piste de J.R. Hildebrand au virage 1 lors du troisième tour, la première position a fait l’objet d’une bataille féroce entre le Poleman Ed Carpenter, Kanaan et Marco Andretti qui s’élançait depuis la première ligne.


A ces trois hommes sont venus s’ajouter de manière régulière Ryan Hunter-Reay, Carlos Munoz, A.J. Allmendinger, Will Power, E.J. Viso et Helio Castroneves. Tous ces pilotes se sont portés en tête plusieurs fois dans la course. La première place a toujours fait l’objet d’affrontements virils mais très corrects avec quelques fois deux changements de leader dans le même tour !

Exactement sur le même rythme, ils l’étaient aussi du point de vue de la stratégie avec six arrêts aux stands effectués dans la même fenêtre sauf Allmendinger. En cause, un harnais récalcitrant qui est devenu lâche et qui a forcé le rookie de l’écurie Penske à s’arrêter au 113ème tour pour le resserrer. Néanmoins, le pilote de la Dallara-Chevrolet numéro #2 a réussi à se remettre en scelle pour la victoire ce qui n’a pas manqué d’impressionner tous les observateurs absolument conquis par sa première prestation aux 500 Miles d’Indianapolis.

Un autre rookie à Indianapolis a fait parler de lui en bien. Il s’agit de Munoz qui pour sa première course en IndyCar n’a pas choisi la plus facile. Pourtant, après avoir raté de peu la victoire en Indy Lights, le Colombien a encore été en lice pour la première place lors de l’ultime relance à trois tours du but. Alors qu’il occupait la troisième place au moment du restart, le pilote Andretti Autosport n’a pas hésité à attaquer par l’extérieur son coéquipier champion en titre pour le gain de la première place ! C’est à ce moment même que Kanaan décida de prendre l’intérieur offrant une superbe bagarre à trois de front pour la première position. Malheureusement pour le jeune pilote de 21 ans, Dario Franchitti en difficulté toute la course avec une monoplace très rétive et sujette à un gros sous-virage, partit à la faute au virage 1 provoquant une dernière neutralisation synonyme de fin de course. Néanmoins, l’essentiel est fait pour Munoz qui s’est fait un nom dans le paddock et qui pourrait certainement refaire une apparition en IndyCar cette année.

Dans le top-10, la plus belle remontée revient au Français Simon Pagenaud. Huitième à l’arrivée après s’être élancé depuis la 21ème place sur la grille, le pilote Schmidt-Peterson Motorsports a patiemment construit sa course pour se pointer dans le groupe de tête au moment idéal. Navigant autour de la 20ème position pendant les trois quarts de l’épreuve, il a réussi à se frayer un chemin dans le peloton grâce à une monoplace parfaitement réglée pour évoluer dans les turbulences aérodynamiques des voitures le précédant.


Du côté des deux autres Français, la course s’est montrée plus difficile pour Tristan Vautier qui sur une stratégie similaire à celle de son coéquipier a finalement coupé la ligne au 16ème rang après avoir longtemps évolué au delà de la 20ème position. Au final, la performance est honorable pour le champion en titre Indy Lights dont le but principal était de terminer l’épreuve afin d’emmagasiner un maximum d’expérience. En revanche, pour Sébastien Bourdais, le résultat final est moins flatteur. Victime d’un blocage de roue en rentrant dans la voie des stands au 178ème tour (faute de concentration ou incident technique ?) le pilote Dragon Racing pouvait viser à ce moment là une place parmi les 15 premiers sans cette erreur. Malheureusement pour lui, roue avant gauche arrachée sous l’impact contre le muret des stands, le quadruple champion ChgampCar a finalement pris la 29ème place.

D’autres pilotes ont également été victimes d’accidents ou de grosses frayeurs. Le premier a avoir frappé le mur est Hildebrand dont la monoplace a vu son train arrière se dérober à la sortie du virage 1 sous les turbulences aéro causées par la monoplace de James Hinchcliffe qui le suivait de très près. Par la suite, le fantasque Canadien a peut-être effectué la plus belle manoeuvre pour récupérer sa monoplace. Alors en perdition dans le virage 2, Hinchcliffe a voulu combattre un gros sous-virage en soulageant l’accélérateur. Mais arrivant à la fin du banking, le poids de la monoplace est alors passé sur l’avant provoquant un énorme travers qui a nécessité tous les talents d’équilibriste et d’anticipation du pilote Andretti Autosport pour ne pas partir à la faute.

Enfin au 194ème tour, Graham Rahal a lui aussi perdu l’arrière de sa Dallara-Honda au même endroit qu’Hinchcliffe mais avec d’autres conséquences puisque sa voiture est allée heurter le mur intérieur cassant immédiatement sa suspension avant gauche.

Au final, la course nous a offert un superbe spectacle avec d’innombrables passes d’armes, des vitesses impressionnantes (235mph à l’aspiration) et surtout une lutte pour la victoire passionnante comme en témoignent les 68 changements de leaders et les 14 leaders différents qui représentent un nouveau record dans l’histoire de l’Indy 500. Au final, le dénouement est beau puisque Kanaan courrait après cette première victoire depuis 2002 et sa première participation à la plus grande course de monoplaces au monde. A la sortie de sa voiture, Kanaan a avoué avoir un secret qui pourrait expliquer sa victoire. En effet, son grand ami Alex Zanardi était présent cette année à Indianapolis et a décidé de frotter sa médaille d’Or obtenue aux Jeux Paralympiques de Londres sur la monoplace numéro #11 de Kanaan en guise de porte-bonheur. Une décision visiblement payante qui ajoute encore un peu plus de magie à la victoire du Brésilien.

Résultats de la course :

  1. Tony Kanaan
  2. Carlos Munoz
  3. Ryan Hunter-Reay
  4. Marco Andretti
  5. Justin Wilson
  6. Helio Castroneves
  7. AJ Allmendinger
  8. Simon Pagenaud
  9. Charlie Kimball
  10. Ed Carpenter
  11. Oriol Servia
  12. Ryan Briscoe
  13. Takuma Sato
  14. Scott Dixon
  15. Ana Beatriz
  16. Tristan Vautier
  17. Simona De Silvestro
  18. EJ Viso
  19. Will Power
  20. James Jakes
  21. James Hinchcliffe
  22. Dario Franchitti
  23. Conor Daly
  24. Alex Tagliani
  25. Graham Rahal
  26. Katherine Legge
  27. Townsend Bell
  28. Josef Newgarden
  29. Sebastien Bourdais
  30. Pippa Mann
  31. Buddy Lazier
  32. Sebastian Saavedra
  33. JR Hildebrand
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