100ème départ : retour sur la carrière de Sébastien Bourdais

En 2003, un jeune Français effectuait ses débuts aux Etats-Unis dans le championnat CART faute d’offres sérieuses en Formule Un. Dix ans après, ses faits d’armes le placent parmi les pilotes les plus performants comme en témoignent les statistiques : 31 victoires en 99 départs ; 44 podiums, 31 poles position et 4 titres de champion ChampCar. Un palmarès acquis à une époque où la monoplace américaine était malade durant les années de scission entre le ChampCar et l’IRL mais qui reste tout de même impressionnant ! Retour sur la première expérience américaine de Sébastien Bourdais aux Etats-Unis.

En 2003, fraîchement auréolé d’un titre de champion F3000, le natif du Mans décidait de traverser l’Atlantique pour tenter de réaliser son rêve américain : devenir un pilote victorieux en Formule Indy. Intégré au sein de l’écurie phare du moment Newman/Haas Racing qui venait de décrocher le titre de champion avec Christiano da Matta, Bourdais a rapidement démontré avoir compris le fonctionnement de sa nouvelle voiture, presque deux fois plus puissante que sa F3000. En effet lors des premiers essais d’inter-saison à Sebring, le Français a simplement réalisé le meilleur temps.

Lors de sa première course à St. Petersburg, le rookie a confirmé en signant la Pole Position au nez et à la barbe des habitués et vétérans du plateau qu’étaient les Jimmy Vasser, Paul Tracy, Patrick Carpentier ou Bruno Junqueira. Malheureusement, les choses se passèrent moins bien en course et Bourdais prît finalement la 11ème place après avoir commis une erreur.


Mais le reste de la saison allait prouver à tous qu’un futur grand de la discipline était en train de s’installer. Lors de la quatrième course de la saison disputée à Brands-Hatch, Bourdais réussit enfin à concrétiser en remportant la victoire après avoir dominé l’épreuve de la tête et des épaules (95 tours menés). Deux autres victoires suivront sur l’ovale du Lausitzring et à Cleveland et au final, Bourdais termina la saison au quatrième rang du championnat, obtenant par la même occasion le titre de “Rookie of the Year”. Des débuts tonitruants qui rappelèrent ceux d’un certain Nigel Mansell en 1993.

C’était très étrange.“, confiait l’actuel pilote Dragon Racing. “Aussitôt que je suis monté dans la voiture, je me suis senti à l’aise et rapide et durant les essais d’intersaison à Sebring, j’étais le plus rapide.

La première saison a été faite de hauts et de bas. Avec autant de réussite que lors des années qui ont suivi, nous aurions pu remporter le titre. Nous avons été en Pole cinq fois, remporté trois victoires, mais nous aurions pu être plus régulièrement sur le podium.

Une leçon qui a servi à lui et son écurie puisque de 2004 à 2007, personne n’a été en mesure de les détrôner. Quatre titres de champion sont venus récompenser une alchimie parfaite entre un pilote rapide et intelligent et une écurie dont l’expertise technique la plaçait comme la meilleure du plateau. A ce propos, Bourdais n’hésite pas à rappeler la qualité du personnel de son ex-écurie.

C’était le groupe de personnes que nous avions réussi à bâtir contre le reste de la concurrence qui nous a fait gagner. C’était une combinaison (ndlr : pilote/équipe) très forte qui a gagné beaucoup de courses. C’était génial d’en faire partie et en y repensant, vous réalisez à quel point cette période était incroyable dans ma carrière. Vous devez y réfléchir pour réaliser à quel point c’était grand.

Après un retour malheureux en Europe en Formule Un avec l’écurie Toro Rosso en 2008 et 2009, Bourdais a dû attendre 2011 avant de faire son retour aux Etats-Unis dans la petite écurie Dale Coyne Racing. Engagé seulement sur les épreuves routières, le Français a signé cinq tops-10 puis décida de rejoindre le projet ambitieux de Jay Penske (le fils de Roger) dans l’écurie Dragon Racing. Si la saison 2012 a été bonne une fois débarrassé du V6 Lotus, 2013 se montre plus difficile notamment à cause des nouveaux pneumatiques Firestone qui nécessitent de revoir de fond en comble les réglages de sa Dallara-Chevrolet. Mais à quelques heures de son centième départ, l’envie de revenir vers les sommets est belle et bien là tout comme l’envie de rapporter la première victoire et pourquoi pas le premier titre de champion à cette jeune équipe.

Il y a beaucoup de choses que j’aimerai accomplir en IndyCar et nous y parviendrons. Le projet est très ambitieux et c’est un défi incroyable que d’essayer de battre ces gars sur la piste (ndlr : les Power, Hunter-Reay, Andretti, Franchitti, Dixon…).

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