La piste d’Indianapolis a-t-elle encore un avenir en NASCAR ?

Jeff Gordon a eu beau se plaindre de l’aérodynamique en des termes peu élogieux “Putain d’aéro de merde !” pendant la course, il faut aussi regarder du côté de la configuration de la piste pour expliquer le faible nombre de dépassements à Indianapolis. Et cela ne date pas d’hier. En effet, depuis que la NASCAR Sprint Cup se rend sur cette piste, la physionomie de la course n’a pas évolué. Preuve que l’aérodynamique n’est pas la seule chose à incriminer.

Avant la course Brad Keselowski avait prédit que le pilote qui ressortirait des stands en tête à l’issue de l’ultime ravitaillement remporterait la course. Il ne s’est pas trompé, Ryan Newman s’est imposé avec 2,6 secondes sur Johnson après que son équipe a mieux abordé l’ultime ravitaillement que celle de son rival pour la victoire.


Officiellement il y a eu vingt changements de leader, vingt dépassements donc, mais un seul ne s’est pas produit lors d’un cycle d’arrêt sous drapeau vert. Malgré cette statistique Tony Stewart estime que c’était une belle course.

Tony Stewart : “Si vous voulez voir des dépassements, vous pouvez sortir sur la 465 et dépasser tous ceux que vous voulez. Il n’y a pas besoin d’être à deux ou trois de fronts toute la course pour que ce soit une bonne course. Courir c’est avant tout savoir bonifier mieux que vos adversaires ce que vous avez entre les mains.”

Si les spectateurs reconnaissaient volontiers à l’issue de la course que toutes les épreuves ne peuvent pas être intéressantes ; ils admettent pouvoir se rendre sur une ou deux courses, ainsi si l’épreuve n’est pas intéressante de leur point de vue ils ne reviendront pas l’année d’après ce qui fera passer le nombre de spectateurs.

Le défi de la NASCAR à Indianapolis se situe au niveau des pneumatiques. Il faut que Goodyear soit en mesure de fournir des pneumatiques qui se dégradent suffisamment pour offrir plus de dépassement, tout en étant suffisamment endurant pour tenir un relais. Ces caractéristiques sont d’ailleurs recherchées sur d’autres pistes inscrites au calendrier, mais à Indianapolis, avec le fiasco que fut l’édition 2008, difficile pour le manufacturier américain de prendre des risques.

Cette année l’affluence dans les tribunes était de 80 à 90 000 personnes, peu ou proue le même nombre que l’an dernier, alors qu’il y a sept ans le nombre de spectateurs estimés était de 280 000 !

La relative proximité, deux mois, entre l’Indy 500 et la course de NASCAR Sprint Cup peut-elle à elle seule expliquer cette chute de la fréquentation ? Cela semble compliqué de répondre par l’affirmative d’autant que le public de la monoplace n’est pas forcément celui du stock-car. Cependant, le week-end dernier certains de nos confrères américains ont commencé à évoquer la possibilité d’avoir une course nocturne en fin de saison régulière ou en début de playoffs, histoire d’éloigner encore plus la course de l’Indy 500, mais aussi de créer de la nouveauté et donc de l’intérêt. Affaire à suivre donc, d’autant que l’Indianapolis Motor Speedway étudie la faisabilité de s’équiper de lumière.

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